Semaine 8 : De Manzanillo à Bocas Del Toro (Panama), Cahuita et San José

Nous sommes maintenant des barroudeurs du bus. Avant de monter dans celui qui nous emmènera à Manzanillo, on prend quelques petites choses à grignoter et à boire. Tranquilles. Manzanillo nous est recommandé par notre hôte de Cahuita qui nous dit qu’il n’y a pas trop de tourisme, surtout des locaux vont là-bas, là où tout le monde s’arrête plutôt à Puerto Viejo, la ville touristique du coin. Du coup, le bus nous y emmène mais nous ne ferons que la traverser. 

 

Now we are experienced bus riders. Before getting in the one that will take us to Manzanillo, we buy a few things to eat and drink. Chill. Manzanillo has been recommended by our host in Cahuita who says there is not much tourism, mostly only locals go there, everyone else stops at Puerto Viejo, the touristy city of the area. The bus takes us there but we only go through.


Durant le trajet, nous voyons défiler à nouveau des kilomètres de plantation de bananes et passons même à travers des villages entiers aux couleurs assorties à la marque d’agro-alimentaire dominante du coin. Ils ont de jolies petites maisons, une école, des terrains de jeux, un resort même qui semble aller en bord de plage et un hôpital également.

Les travailleurs semblent pouvoir passer de la naissance à la mort dans ce coin, toutes les infrastructures payées par la grosse société. L’hôpital nous fait penser que jamais aucun scandale sanitaire n’éclatera sur les conditions de travail vu qu’il est aussi aux couleurs de la marque. Une sorte d’enfer vert où les maladies dues aux pesticides seront présentées comme la norme à des gens qui ne sortiront pas de cet univers-bulle. On dirait un film de Science-Fiction mais là, on le voit qui se déroule sous nos yeux alors que le souvenir de l’avion d’épandage aperçu la semaine dernière est encore très présent.

Frisson dans le dos. Notre projet de vie est à l’opposé de ces géants de l’industrie agro-alimentaire dont la poursuite du profit semble donner tous les droits de vie et de mort sur ces populations, qui sans être esclaves sur le papier, nous semblent l’être dans les faits.

During the way, we go again through kilometers of banana plantations, go through identitical villages which are coloured to the dominating agro-business brand of the area. They have cute houses, a school, playgrounds, even a resort that seems alongside the beach and a hostpital too. The workers seem to be able to go from craddle to dust in the same place, every infrastructure paid by the big company. The hospital is also branded with the corporate colours. A kind of green helle where diseases due to pesticides are presented as a norm to people who will never come out of this bubble. It seems like a Science-Fiction movie but here we see it passing in front of our eyes as the pesticide spreading plane seen last week is very present on our minds. Shivers. Our life project is opposite to this giants of the agro-business to which pursuit of profit seems to give them the right of life and death over these populations, who without being slaves on paper, seem to actually be it in reality.


Quittant cette vision hantée, nous débarquons sur un bout de plage agrémentés de cocotiers séparées des auberges et habitations sommaires par une route que nous empruntons. Le bus s’arrête là, après c’est la jungle, il devra faire demi-tour pour reprendre une route un peu plus loin et continuer vers la frontière avec le Panama. Manzanillo, c’est comme la petite sœur pauvre de Santa Teresa finalement. C’est cher aussi mais comme partout au Costa Rica finalement. On peut y louer des salles de bains à la journée ou plus longtemps, c’est l’indice que le tourisme local est effectivement présent. Les locaux viennent en famille avec leur pique-nique/barbecue et campent tranquilles. Nous trouvons une auberge-restaurant, tenue par un israélien enjoué qui nous explique qu’il se la coule douce ici. Son frère en visite des Etats-Unis est tout heureux d’être là et se demande bien pourquoi il continue à retourner dans la vie frénétique moderne quand il pourrait faire la fête tous les soirs avec son frère. La côte est du Costa Rica est caribéenne, les ticos d’ici sont noirs de peau et de culture très différente du centre ou de l’ouest, c’est un peu la Jamaïque ici. Ceux qu’on croise sont cools, ont le sourire facile et un parler qui est un mélange d’espagnol et d’anglais. On dîne avec un excellent repas dans l’auberge, le chef local est très fier de sa cuisine et avec raison. La chambre est sommaire mais correcte à part la douche qui est beaucoup trop humide. Il y a un petit balcon où nous pouvons ainsi nous poser tranquille avec vue sur la mer, qu’on distingue à travers les palmiers.


Leaving this haunted vision behind us, we get off at a piece of beach decorated with coconut trees, dotted with hostels and rough accomodations along the road. The bus stops, after it is the jungle, it will have to make a U-turn and take up the road again a little further to continue to the boarder with Panama. Manzanillo seems to be like the poor little sister of Santa Teresa. It is quite expensive too but as is everywhere in Costa Rica. You can rent bathrooms for the day or longer, indicating that local tourism is present. Locals come with their families and their pick-nick/bbq and camp on the beach chilling. We find a hostel which is also a restaurant owned by a friendly israeli who explains what a relaxed life he has here. His brother is visiting from the US and is also very happy to be there and wonders why he continues to go back to that crazy busy modern life when he could stay and party every night with his brother. Costa Rica's east coast is caribbean, locals here are black of skin and with a quite different culture than in the center or west, it is more like Jamaïca here. Those we meet are cool, they have an easy smile and a way to speak which is mix of spanish and english. We have a good dinner at the restaurant of the hostel, the local chef is very proud of his cooking and with good reason. The room is simple but okay except from the shower which is way to humid. There is a little balcony on which we can relax with a view of the sea across the palm trees.

Le lendemain direction Punta Mona en excursion pour la journée. Il paraît qu’on peut y aller en bateau ou à pied à travers la jungle. Nous choisissons la jungle bien entendu. En suivant de vagues indications glanées sur trip advisor et avec l’espoir de trouver un chemin de rando, on s’aventure. Au début, c’est un parc classique alors c’est assez simple et très beau, en bord de mer. Nous arrivons à un point de vue qui surplombe la mer et on distingue de magnifiques poissons qui nagent en bas dans l’eau turquoise et transparente. Après nous entrons dans la jungle. Nous remarquons rapidement que les chemins sont inusités depuis un bail, il y a d’énormes toiles d’araignée en travers de notre chemin. On finit par s’emparer d’un bâton que nous tenons devant nous afin de ne pas rentrer la tête la première dedans. Les araignées sont très grandes, pas velues mais aux pattes qui semblent acérées et rayées jaune et grise, pas envie de nous approcher. On avance et nous nous enfonçons dans la jungle petit à petit. On ne prend certainement pas les bons chemins mais nous finissons par arriver à une ferme qui semble vaguement nous rappeler un détail dans les indications que nous avions lu et nous la longeons d’un côté. De là, il n’y a qu’un chemin alors on y va et finalement lorsque nous apercevons d’autres habitations abandonnées celle-là, nous décidons de longer la côte puisque Punta Mona est en bord de mer. Peu de temps après la voilà. Nous y arrivons par la plage. C’est un cadre idyllique, on pourrait y jouer un film. Une belle plage puis s’ensuit une belle clairière où de jolis bancs et tables sont placés, environnés de plants comestibles en tout genre. Puis des habitations, de grandes maisons de bois, aux belles plateformes ouvertes. Une cuisine pleine de gens qui papotent et nous sourient à notre arrivée. Il faut attendre Lala nous dit-on, que nous avions prévenu par email un jour plus tôt. En attendant je retourne dans la clairière, une jeune fille aux longs cheveux et son bébé sont partis donner à manger à un cheval gris pommelé qui s’abrite à l’ombre, derrière il y a un énorme basilic qui se balade. En revenant, j’aperçois notre premier colibris, au début je crois à un énorme insecte dans le coin de mon œil, mais non c’est un oiseau qui butine au nectar d’une belle fleur. J’ai l’impression d’être dans un rêve de National Geographics. Aussi vu, aussi envolé, le petit oiseau de reviendra pas. Lala nous accueille et nous réalisons la visite des lieux avec elle.

The next day, we are off for day trip to Punta Mona. Apparently you can go by boat or on foot through the jungle. We chose the jungle of course. Following the vague indications we found on trip advisor and with the hope of finding a clear trail, we risk it. At first it is a pretty classical park, very simple and beautiful, next to the sea. We get to a view point above the water and can see beautiful fishes swimming in the turquoise water down there. After that we go into the jungle. We quickly realise that the trails haven't been used for a while, there are enormous spider webs across our path. We end up with a stick handed up in front of us in order not to go right in with our heads. The spiders are big, not hairy but with legs that seem quite sharp and stripped in yellow and grey, they don't feel very welcoming. We move forward into the jungle progressively. We probably don't take the right trails but we end up reaching a farm that seems to recall a detail in the indications we read so we go alongside it. From there there is only one path so we take it and reach a place with abandonned houses, we decide to follow the coast since Punta Mona is on the sealine. A short while after here we are. We arrive by the beach. It is an ideal setting, we could make a movie here. A beautiful beach then a beautiful clearing where nice benches and tables are placed, surrounded by eddible plants of all kinds. There are beautiful wooden houses with huge opened platforms. A kitchen at the ground floor full of people chatting and smiling upon our arrival. We have to wait for Lala we are told. The person we had a few email exchange with prior our arrival. While waiting, I go back to the clearing and a young woman with long hair and a baby in her arms are going to give some food to a grey dappled horse who is sheltered in the shadows of some trees. Behind those trees there is an enormous basiliscus on a stroll. When coming back to the kitchen area, I see our first colibri, at first I think about an enormous insect buzzing at the corner of my eye but in fact it is a bird foraging for the nectar of a beautiful flower. I have the feeling that I am in a National Geographics dream. As soon as I saw it, as soon it was gone, the little bord will not be seen again. Lala welcomes us and we start the tour of the property with her.



Tout est cher à Punta Mona, ce que nous avions vu sur le site, ça nous avait interpellé quand même pour un endroit qui se fait la promotion de la permaculture, ça limite pas mal l’accès d’où pour nous une visite en journée et non un passage plus long. Je ne sais pas si c’est parce que tout est cher au Costa Rica ou parce que les Nord Américains en général ont l’habitude de payer cher ce genre de choses. Il faut dire que le lieu est fondé par un ponte de la permaculture, il faut payer la marque donc on dirait, le caractère consommateur et monétisé nous dérange mais le lieu est magnifique et Lala nous explique plein de choses à mesure que nous vagabondons dans le jardin d’Eden. Tout y est comestible ou presque. Le déjeuner est excellent, préparé par des permanents du lieux. Après le déjeuner, nous allons faire un peu de snorkeling avec des masques qu’ils nous ont prêtés. C’est super beau, j’adore et je m’amuse à suivre plein de petits poissons colorés et à leur faire peur. Nous croisons une volontaire sur la plage qui est nostalgique de chez elle en Colombie et de son petit-ami mais qui a fini par s’y faire même si elle a toujours hâte de rentrer.

 

It is pretty expensive. In fact everything is expensive at Punta Mona, that is what we had seen on the website and it had left us a bit perplexed for a place that promotes permaculture because such prices limit a lot the access to the place and/or its knowledge, hence us visiting for only one day. I don't know if it is because everything is expensive in Costa Rica or if it is because North American in general are used to paying so high for such things. One thing worth mentioning is that the place has been founded by one of the famous figures of permaculture in the US, there seems to be a price to pay for the branding, the consumer and monetized aspects of the place is a bother though the location is beautiful and Lala is explaining us a lot of things along our visit as we stroll through the garden of Eden. Everything or near everything can be eaten there. Lunch is excellent, prepared by the permanent residents of the place. After lunch, we go snorkelling a bit with masks that they lent us. It's beautiful, I love it and have fun following all the little coloured fishes and scaring them too. We meet a volunteer later on the beach, she is nostagic from her home in Colombia and her boyfriend even though she did manage to get used to the place, she is still looking forward to getting home.


En parlant de rentrer, il est grand temps. Le soleil se couche tôt et il est 14h, nous prévoyons deux heures avec une marge pour rentrer. Lala nous indique le départ du chemin « officiel » que nous n’avions pas suivi et nous donne quelques indications. C’est parti. Bâton à la main car rien qu’au démarrage, on passe de justesse sous une énorme toile d’araignée.  Le chemin commence par une fourche. Super on est déjà perdu. Tom choisit un chemin, on avance et on arrive jusqu’aux réservoirs d’eau, c’est une bonne chose mais derrière on est sensé aller tout droit et il n’y a que la droite ou la gauche. On tente à gauche, on s’enfonce dans la jungle, on arrive à un grand bosquet de bambous, on continue. Tom sort la boussole, je regarde, ce n’est pas la bonne direction du tout. On insiste quand même, on passe sur un sol couvert de feuilles de banane sèches. C’est plein de fourmis qui remontent immédiatement nos chaussures et commencent à attaquer. Alerte ! On court pour arriver à un chemin barré par un morceau de bambou, clairement déposé là à main humaine. Chemin fermé. On fait demi-tour, on court et on tente un autre chemin, on ne dirait pas un chemin il y a à peine la place de marcher. On revient sur nos pas.  En retraversant les feuilles de bananes en courant et en arrivant devant le chemin fermé, je vois soudain, dans le coin de mon œil droit, se détacher des pattes, de longues pattes grises rayées de jaune. Mon cerveau se bloque et je comemnce à hurler comme une damnée. J’ai une araignée dans les cheveux, je sais exactement à quoi elle resssemble, on n’en a vu plein et c’était déjà difficile de passer à un mètre d’elles. Je hurle, je hoquète, je gigote frénétiquement, je tombe à la renverse. Je suis hystérique. Je me relève aussi sec. L’araignée n’est plus là quand Tom s’approche finalement mais je pleure et j’ai le cœur qui bat à 100 000 à l’heure. Je n’arrive pas à me calmer. Il me serre dans ses bras, on est perdu au milieu de la jungle et moi je n’ai plus toute ma tête là. Je finis par me calmer et on repart en arrière. On arrive au réservoir, on tente à droite, le chemin nous ramène à la fourche ! Tom ne s’en rend pas compte et commence à être énervé on repart sur un autre chemin de la fourche, qui nous ramène à ces réservoirs. On ne peut pas aller tout droit ! Ca nous rend dingue, le temps file et notre marge avant le coucher du soleil s’amenuise. Bientôt il faudra décider de dormir sur place ou non car la jungle dans le noir c’est pas possible. Excédés, on retourne à la ferme, on va prendre le chemin qu’on a pris à l’arrivée en sens inverse, celui-là au moins on le connaît. C’est parti et on marche vite, très vite, je serre les dents et on maintient le rythme pendant plus d’une heure, à avancer ainsi que ça monte ou descende, dans la gadoue ou dans les rochers. On reste vigilant pour les araignées et éviter les grosses flaques de gadoue spongieuses qui absorbent nos chaussures. On avance comme si notre survie en dépendant, on n’en est pas si loin, maintenant qu’on est au milieu de la jungle, il faut arriver avant le coucher du soleil et surtout pas se perdre ni se faire mal parce qu’on ne peut pas ralentir. Quand nous arrivons enfin, nous avons bien une heure encore avant le coucher du soleil. La marche rapide et intense a calmé nos esprits et mon hystérie. Ouf, quelle aventure !


Speaking about getting home, it is about time we do. The sun is setting down early and it's already 2pm, we plan about 2 hours with some margins to get home. Lala sets us on the start of the official path which we had not followed to get there and gives us a bit of indications. Let's go. With a stick in our hands as right at the begining we dunk below a gigantic spider web which nearly got us head on. The way starts with a fork. Great, we are already lost. Tom picks a way and move forward, we reach the water reservoirs, a good thing but then we are supposed to go straight and there is only right or left. We start left, go into the jungle, reach a huge bamboo grove, continue. Tom takes out his compass, I have a look, we are not going into the right direction at all. We insist anyway, go over some ground covered in dry banana leaves. It is full of ants that immediately start going up our shoes and attack. Alert! We run to get through to reach a barred trail, there is a bamboo branch clearly put there by human hands. Trail closed. We make a U-turn and run and try out another way. It seems the way isn't one actually, there is abrealy space to place our feet down. We go back on our trail. Crossing again the banana leaves running and reaching again the closed path, I suddenly see at the corner of my right eye, long yellow and greay stripped legs. My brain freezes and I start to scream like a damned soul. I have a spide in my hair and I know exactly what it looks like as we have seen so many of them and it was already pretty difficult to control my fear when I gave them a 1m berth to go around. I scream, I choke, I sob and I wriggle frenetically, I fall down on the ground. I am hysterical. I get right up. The spider isn't there anymore when finally Tom gets closer but I am crying and my heart is racing at 100 000 an hour. I can't calm myself down. He hugs me really tight. We are lost in the middle of the junggle and I am losing my mind right here. Finally I come down and we walk back. We get to the reservoir and try right this time, the path takes us back to the original fork! Tom doesn't realise it and starts to get pissed off, we start another way that brings us back to the reservoirs. Still can't go straight. It drives us mad, time is running and our margin before sunset is getting smaller by the minute. Soon we will have to decide whether to sleep at the farm or not because going through the jungle at night is not possible. Super pissed we go back to the farm, we will take the way we took when we got here in the first place, at least this one we know. There we go and we are walking fast, really fast, I gather myself and brace for it, we keep the rythm for more than an hour, walking briskly whether it goes up or down, in mud or on rocks. We stay aware for spiders and to avoid the big mud puddles that get our shoes stuck. We walk as if our survival depended on it, and it might not be so wring actually, in the middle of the jungle, we need to get back before sunset and most importantly not hurt ourselves nor get lost as we cannot slow down. When finally we get there, we have still an hour before sunset! The rapid and intense walk really calmed our spirits and my hysteria too. What an adventure!

Le lendemain nous repartons. Lors de notre visite à la Finca Coralina Vieja avec Ramon, il nous a vanté Bocas del Toro au Panama, où il travaillait avant. Il nous en fait une superbe peinture carte postale et comme le voyage touche à sa fin et que l’anniversaire de notre relation approche, on se dit qu’on va aller là-bas pour finir en beauté ce beau voyage de deux mois. Il faut repasser une frontière mais bon après celle avec le Nicaragua, c’est bon on est au taquet.

Bus donc pour commencer. Arrivée à la frontière, petit guichet douteux pour payer la taxe de sortie costa ricaine, passage au bureau officiel, puis passage d’un vieux pont au bout duquel des militaires armés nous attendent. Contrôle des papiers puis passage au bureau officiel de l’autre côté. On négocie un prix de taxi commun puis on attend que d’autres clients se joignent à nous. Arrivés à l’embarcadère pour Bocas del Toro c’est un peu la cohue mais on finit par monter dans un petit bateau au milieu de touristes et locaux tout confondu. C’est parti.


L’arrivée est magique, de jolis petits bâtiments avec des pontons sur l’eau. On débarque et on se met à errer dans la ville. Deux jeunes filles souriantes que nous croisons nous indiquent quelques auberges qu’elles ont trouvé jolies en passant devant. On y va. Le premier n’a pas de place mais c’est très beau effectivement. Le second a de la place mais la chambre nous inspire pas du tout. Tant pis, on prend. Heureusement les parties communes sont super sympas et il y a une très jolie terrasse où nous y rencontrons un espagnol d’Espagne dont les parents sont venus dans le coin il y a longtemps et qui travaille dans cette auberge et dans un bar, c’est sa soirée de repos là. Il nous offre un rhum coca et on papote. Super sympa. Il y a une cuisine commune alors on en profite pour faire à manger.  On rencontre un couple de français partis en vadrouille depuis le Mexique jusqu’en bas, au Chili, en presqu’un an. Ils sont supers sympas, on s’entend bien et on décide le lendemain d’aller faire un tour sur une plage dont je rêve depuis que Ramon en a parlé : Las estrellas. C’est parti, mini-bus pour y aller, la route est étroite, pas de place pour marcher à côté et ça roule vite. Arrivés là-bas, ils nous montrent comment ouvrir une noix de coco et on se régale grâce à eux, eau de coco et chaire de coco, rien de meilleure surtout quand t’as galéré pour l’ouvrir toi-même !

On a loué des masques et eux en ont apportés mais ici, même pas besoin pour voir les énormes étoiles de mer que l’on aperçoit à travers la transparence bleutée de l’eau. C’est juste magnifique et avec les masques il y a encore plus de choses à voir, une belle raie incluse ! C’est vraiment superbe ! La soirée se déroule conviviale, sur le toit de l’auberge, d’autant que nous avons changé de chambre, nous sommes à l’étage, vraiment mieux !

The next day we leave again. During our visit of the Finca Coralina Vieja with Ramon, he tolds us about the merits of Bocas del Toro in Panama where he was working before. He painted us a beautiful picture of it and since our trip is nearing its end and that our relationship birthday is coming up, we think about going there for a great finish of this two months trip. We do have to cross another boarder but after the one of Nicaragua, it isn't really an issue anymore for us. Bus to start with for a change. At the boarder, a small shabby looking place to pay for the exit tax then official boarder office then cross over an old bridge where at the end of it armed officers. Paper control then we go to an official office again on the other side. We negociate a collective taxi price and wait for other passengers to join us. When we get to the pier for Bocas del Toro, it is a bit of a husstle but we end up in a small boats in between tourists and locals all mixed up. The arrival upon the island is beautiful, pretty and small buildings with quays over the water. We get off and start wandering about the city. Two young and smiling girls that we come across let us know the hostels they have found pretty passing in front of them. We go there. The first doesn't have a room and it is quite pretty as they described. The second has room but it's not very inspiring. Anyhow, we take it. Luckily, the common areas are very nice and there is a beautiful terrace at the top where we meet a Spanish guy whose parents have moved here a long time ago and who works here at the hostel and in a bar, it's his night off. He offers us some rhum cola and we chat. Super friendly. There is a common kitchen so we take the chance to cook. We meet a French couple (they are everywhere!) who left France to travel from Mexico till all the way down in Chili for about a year. They are super nice and we really get along so the next day we decide together to go to a beach I have been dreaming about since Ramon told us about it - Las Estrellas. We take a mini-bus to get there, the road is quite narrow and there is no space to walk along it and people drive by fast. Once there, our new friends show us how to open a coconut and we enjoy the delicious coco water and coco fruit itself. Nothing tastes bette than what you had to have a hard time opening it by oneself! We rented masks and they brought their own, but here you don't even need them to see the gigantic starfishe lying on the sand through the transparent blue water. It's beautiful and with the masks on there are even more things to see including even a beautiful ray. It's really great! The evening is very pleasant, on the hostel roof. We even have changed rooms to be in a better one upstairs, really much better.


Le lendemain, nous partons pour une autre plage, plus éloignée, où nous Tom nous a réservé un petit plaisir de luxe pour notre anniversaire. Une belle chambre chez un couple de vieux anglais très sympas qui se sont installés là sur cette plage magnifique. Quelques autres hôtels ont poussé avec des restaurants mais dans des styles discrets et jolis qui ne dénaturent pas cette belle plage avec ses gros rouleaux de vague impressionnants. L’endroit est génial, la chambre magnifique, les hôtes gentils et adorables, la douche extra avec de l’eau chaude et des produits tous locaux à base de coco. Un régal et un repos incroyable. Le soir nous dînons dans l’un des deux restaus, le plus romantique des deux. C’est très bon et notre serveur et très sympa. Le lendemain nous partons en balade explorer le parc d’à côté. Il est plein de chemins de quad mais nous y allons à pied. Des paysages superbes dont une plage avec plein de murènes aux couleurs improbables et une lagune à l’eau incroyable claire et foncée à la fois, un bleu profond qui donne envie d’aller voir et plein de poissons qui y circulent. Nous sommes enchantés et assoiffés à la fin de la balade que nous terminons sur la plage au bar du restau d’hier et nous y dégustons en plus de bières bien fraîches, une délicieuse pizza feu de bois. C’est un régal. Le soir c’est apéro avec les hôtes, nous nous autorisons un petit cocktail réalisé par le monsieur avec talent puis barbecue au restaurant à côté. Viande très bonne et repas encore une fois super sympa. Cet anniversaire est génial du début à la fin de notre séjour. Nous retournons à Bocas et retournons dans notre auberge que nous aimons bien finalement, on y retrouve nos amis et y passons une bonne soirée. Le lendemain Tom part en plongée et moi je reste là tranquille à papoter. On se sent bien sur cette île ! Nous repartons alors que la pluie tombe par intermittence. Il faut retourner à la frontière et commencer à remonter pour aller prendre l’avion.


The next day, we leave for another beach, a bit further into the island where Tom has booked us a luxury night for our anniversary. The room is at a very friendly old British couple who set up there on this beautiful beach. Other hotels have grown with restaurants but with discrete styles that keep the beauty of nature and the beahc intact. The place is great, the room beautiful and tastefully decorated, the hosts kind and adorable. The shower with hot water and bath products all locally made and based on coconut are incredible. A good restful place. In the evening we dine at one of the two restaurants, the most romantic one. It is very good and the waiter is nice. The next day we go for a walk in the nearby park. It is full of trails for quads but we go on foot. The landscapes are magnificent and there is a beach full of moray eels with weird colours and laguna with transparent blue water that deepens with the seemingly infinite depth of the water, full of small fishes. We are delighted and extremely thirsty at the end of the walk which we end at the beach bar and have nice refreshing beers together with a delicious wood-fire oven baked pizza. Delicious. In the evening, we take a rink with our hosts and let ourselves be tempted by a small cocktail realised with talent and then it is barbecue night at the next door restaurant. Tasy meat and again a very nice meal. This couple's anniversary is great from start to end. We go back to Bocas and to our hostel which we enjoy a lot and find our friends still there. We have a nice evening. The next day, Tom leaves for diving and I spend the day at the hostel chattinf it away. We feel good on this island! We leave it when the rain starts to fall. We need to get back to the boarder and start going up north to go take our plane.

Nous décidons de ne pas trop nous embêter et de retourner à Cahuita chez notre hôte qui était si sympa. On y récupère notre chambre et y passons deux jours sympathiques avant de reprendre la route pour San José. Nous n’allons pas à Tortuga finalement, trop de transports pour y aller, trop cher pour y rester, nous en avons un peu marre de casquer à chaque fois et ce parc est réputé pour être très touristique, nous évitons.  Direction San José pour notre dernière nuit. Nous arrivons tôt dans l’intention de dormir dans un quartier pas trop moche, de bien dîner et d’être proche du bus pour l’aéroport.  Nous galérons bien avant de trouver une petite auberge tenue par des locaux sympathiques. Nous sortons dîner au restaurant asiatique chic du coin. C’est très bon. Nous dormons quelques heures et c’est parti pour l’arrêt de bus. Nous marchons un peu puis couvrons le reste de la distance en taxi. L’arrêt est désert. Il y a un gardien. Il est tico, nous discutons et il nous raconte sa vie, comme c’est dur à San José, comment les chinois et les américains ont préempté son pays et comment il nourrit sa petite famille difficilement. Sur cette note, nous montons dans un bus vide de touristes et plein de locaux qui partent bosser. Il est 4h30 du matin. A 5h nous sommes à l’aéroport et nous voilà arrivés à la fin de notre voyage.

 

We decide not to bother too much and go back to Cahuita to our nice host. We get our room back and spend there two nice days before getting on the road again to San JOse. We are not going to Tortuga in the end, too many transports to reach the place and too expensive to stay there. We are a bit over having to spend mountons of money each time and this park is famous for being very touristy. We avoid it. It will be San Jose for one last short night. We arrive early in order to find us a place to stay which isn't too ugly, find a nice place to eat and be as close as possible to the bus station for the airport. We have quite a difficult time finding a nice hostel, but we do find one, handled by locals. We go out to an asian restaurant not too far and quite chic. It's very good. We sleep a few hours and start for the bus stop. We walk and finally take a cab for the rest of the way. The bus terminal is empty. There is the night watchman. He is tico and we talk together, he tells us about his life and how hard it is in San Jose, how the Chinese and Americans have bought their country and how difficult it is to feed his little family. On this note, we go up a bus empty of tourists and full of locals off to work. It is 4:30am. At 5am we are in the airport. End of the trip.

Retrouvez plus d'informations...

 

Contact:

http://puntamona.org/

  

Fiche-Lieu:

Punta Mona

 

Articles et vidéos techniques:

Chinampas

Pourquoi cultiver des arbres - Why grow trees 

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Semaine 7 : Costa Rica - From Puriscal to Cahuita

Puriscal est une ville de province, un peu comme San Isidro del General, la première ville du Costa Rica où nous étions allés. En plus petit et en plus calme. On n’y voit pas de touristes, les gens vaquent à leurs occupations quotidiennes. En allant retirer des sous à une banque, nous croisons une famille, un maman américaine avec ses deux enfants, dont l’un est en uniforme d’écolier. Ils vivent ici.

En nous promenant, nous découvrons une église, presqu’une cathédrale vue la taille, abandonnée et encerclée d’un grillage pour en barrer l’accès. Un bâtiment si grand à l’abandon fait de l’effet, surtout en plein milieu de la petite ville. Nous mangeons dans un petit restau local, c’est pas mal et pas cher, tout en regardant les nouvelles qui passent sur une écran.

Il y a du foot, des nouvelles de la construction d’un pont qui prend du retard et qui coûte plus cher que prévu, on y voit défiler les politiciens qui essaient de justifier ce retard et racontent des bobards pour se faire ré-élire, rien de bien nouveau par rapport à la France – tous les mêmes à travers le monde finalement. Puis il y a un petit reportage sur une petite école qui met en place des pratiques écologiques et durables, avec ré-utilisation des pneus usagés pour en faire des jardinières. Nous attendons notre bus avec tout le monde, il y a la queue sur le trottoir. Nous montons et c’est parti. Le voyage dure une heure et des brouettes. 

Puriscal is a provincial city, a bit like San Isidro de General, the first city in Costa Rica we have been to. Smaller and quieter. No tourists around, people doing their daily business. When going to retrieve some cash at a bank, we see a family, american mother and her two children, one has a pupil's uniform. They live here. While strolling around, we discover an abandonned church, in view of its size nearly a cathedral even, it is circled by a net to prevent access. Such a huge abandonned building makes for quite an effect especially in the middle of such a small city. We eat in small local place, it's quit good and cheap, while watching the news on TV. There is soccer, news of bridge building that is taking more time than planned and costing a lot more too. You see then politicians one after the other justifying this delay and telling the same bullshit to get elected again, nothing new, we have the same in France - they are the same everywhere you go I guess. Then there is a small report about a primary school that is setting up ecological and sustainable practices, re-using tires to makes flower pots in the vegetable garden. We wait for our bus with everyone else, there is a long queue on the sidewalk. We get on for a one hour and something trip.


On s’enfonce toujours plus dans la campagne, l’espace rural est peuplé de fermes et de mini-villages, des hameaux plutôt, de maisons en bord de route, plus ou moins entretenues. Là où il y avait sans doute du café, il y a maintenant des vaches. C’est dans un hameau que le chauffeur nous crie le nom de l’endroit et nous descendons. Il y a une cahute avec une vieille dame sur une chaise à bascule qui nous regarde. Je m’approche et lui demande où se trouve le Rancho Mastatal. Juste là. C’est en face. On tourne au coin et le portail est là. Nous y passons trois nuits et deux journées entières, particulièrement instructives, au sein d’une communauté faite de permanents, d’apprentis et de visiteurs (une classe de jeunes américains qui partaient le lendemain de notre arrivée). Tom joue au foot avec les enfants du village et de la communauté.

Je médite sur la plateforme en bambou ouverte sur une vue magnifique sur la montagne où nous sommes logés.

Going deeper into the countryside, the rural area here is dotted with farms and small villages, hamlets rather, houses at the edges of the road, more or less well kept. Where there use to be coffee plantations there are now cows. Within one of those hamlets, the driver shouts at us the name of the place, we get off. There is a small wooden house where there is an old lady on a rocking chair looking at us. I go to her and ask her where we can find the Rancho Mastatal (more here). Right there. It is in front of her place. We go round the corner and here is the gate. We spend there three nights and two whole days, very educational, within a community made up of permanent people, apprentices and visitors (a whole class of young americans were leaving the day after we arrived). Tom plays soccer with the village children and the community. I meditate on a bamboo platform where we are staying, opened to a magnificent view on the mountain. 



Nous prenons nos repas avec la communauté et papotons avec ceux qui veulent bien discuter. Nous y retrouvons Connor que nous avions rencontré au Nicaragua et qui nous avait suggéré de venir, nous y découvrons un mexicain qui est aussi français mais qui ne parle pas français et que nous renseignons sur les différents candidats à la présidentielle et aussi un guatémaltèque qui lui parle français et y a vécu un peu. Nous prenons des douches à même la jungle et lui faisons face également aux toilettes. Tout est ouvert mais pensé de sorte à préserver l’intimité vis-à-vis des autres humains. Il y a dans ce hameau, une école primaire et un collège ainsi qu’une bibliothèque. Plus loin il y a une fabrique de chocolat (rare car le cacao est généralement transformé ailleurs). Il y a quelques maisons et des habitants. Un bar et la vieille de la cahute qui vend quelques trucs aussi. Et puis le Rancho, intégré dans cette communauté locale, tirant vers le haut l’économie rurale du coin par ses achats de nourriture et de matière première qui alimentent le plus de millier de visiteurs par an. Nous repartons au petit matin, après y avoir rencontré plein de gens qui changent le monde et veulent changer le monde. Revigorés. Nous entamons la dernière partie de notre voyage. Direction la côte Est du Costa Rica.

We take our meals with the community and talk to those open for discussion. We find Connor whom we had met in Nicaragua and told us to come here, we meet a Mexican guy who is also French but doesn't speak French and let him know about the various candidates for the upcoming presidential election and a guatemalan who speaks French and lived there for a while. We take showers and go to the toilets with open views of the jungle. Everything here is opened but thought in a way that preserve privacy from the other humans. In this hamlet, there is a primary school and a secondary one as well as a library. A little further there is a chocolate factory (rare as it is normally transformed elsewhere). There are a few houses and inhabitants. A bar and the old lady with the rocking chair sells stuff too. Then there is the Rancho integrated in this local community, bringing this rural economy up by buying food and raw material there in order to feed more than a thousand visitors per year and host at least 15 to 20 people year round. We leave very early in the morning after having met loads of people that are changing the world or want to change it. Reenergized. We start the part of the trip. Off to the est coast of Costa Rica.


Pour cela, nous retournons à Puriscal d’abord puis enchaînons avec un bus qui va à San José. Nous sommes bien décidés à ne pas y rester la nuit. Heureusement le premier bus partait à 5h du matin alors nous sommes à San José en début d’après-midi. Nous marchons à travers la ville pour y prendre le bus direction Limon, la grosse ville de l’est. Notre dernière nuit à Mastatal, il a plu, un moment très agréable d’ailleurs après la chaleur tropicale, surtout abrités par la plateforme de bambou. Là, sur le trajet, il pleut également. Des torrents se forment rapidement le long des routes, on se demande ce qu’il en est en pleine saison des pluies. Limon se profile en fin d’après-midi. C’est très moche. Nous décidons de continuer. Nous descendons du bus, nous renseignons et suivons d’autres touristes et arrivons au terminal des bus qui nous emmèneront le long de la côte. Direction Cahuita.


We go back to Puriscal first and then take a bus ack to San Jose. We are determined not to spend the night. lucky for us the first bus left at 5am so we are in San Jose at the begining of the afternoon. We walk through the city to take another bus, in direction of Limon, the huge city in the east. During our last night in Mastatal, there was rain, a very refreshing and welcom moment after the tropical heat, especially sheltered by the bamboo platform. There, on the way, it is also raining. Torrents form rapidly along the roads and we wonder what it must be like during rainy season. We get to Limon at the end of the afternoon. It is very ugly. We decide to continue. We get off the bus, get some information and follow other tourists at the bus terminal for those buses that will take us along the coast. Off to Cahuita.

En partant de Limon, nous apercevons son énorme port industriel, le paysage étant complété par notre passage à travers les zones industrielles remplies de containers, tous ou presque aux marques et couleurs des géants agro-alimentaires de la banane ou des jus de fruits. S’ensuit une longue série de champs de bananiers, tous identiques, de longues travées surmontées d’un câble métallique longent les lignes de bananiers, sans doute utilisées pour tracter un chariot pour collecter les bananes. Tom repère un avion qui passe au-dessus de ces immensités vertes et y répand ce qu’on imagine être du pesticide. Avec la concentration de plants, pas étonnant qu’il faille lutter contre des épidémies de quelques nuisibles ou maladies. Les précédentes mono-cultures intensives ont failli pour les mêmes raisons mais l’apprentissage n’a pas été fait visiblement. Au milieu de cette mer de bananiers, quelques villages ici ou là, beaucoup de maison isolées à vendre. Finalement, ça se dégage un peu et nous arrivons à Cahuita. C’est un village avec de larges allées de terre et quelques routes. C’est petit mais il y a bien une rue avec des bars et des restaus, des auberges ici ou là  et des agences pour organiser des visites de ci ou de ça.  Il y a un parc en bord de mer, gratuit, enfin sur donation. En nous baladant, nous nous renseignons sur les prix d’une chambre et découvrons que le propriétaire est français. On prend la chambre. Il y une petite piscine, une cuisine bien équipée et un barbecue dehors ! C’est très sympa. Il y a pas mal de jeunes voyageurs qui passent et nous discutons avec le propriétaire et les gens qui passent. Le lendemain, il pleut. Nous avons rencontré la veille un couple de français avec qui nous avons partagé un repas et visité la ferme Coralina Vieja. Ils ont une voiture, ils décident de repartir vers la côte ouest chasser le soleil et nous propose de venir. Nous préférons rester.

Leaving Limon, we get to see its gigantic industrial harbour. This vision is completed bu our way through the industrial zones of the city, full of containers, all or near all displaying every famous brand of the agri-food business in banana or fruit juices. After this, we see endless rows of banana trees, all identical and bordered by a trench which has a steel cable above, going along the banana trees rows, probably used to hawl a trolley of some kind to collect the bananas. Tom notices a plane which goes above these huge green areas and spreads what we imagine must be pesticides. With such a high concentration of the same plant, it isn't a surprise that you need to fight against some epidemics of diseases or pests. THe previous intensive mono-cultures failed - coffee and cacao - for the same reasons but obviously no lesson was taken from it. In the middle of this sea of banana trees, villages here and there and a lot of isolated houses for sale. Eventually, it thins a bit and we arrive in Cahuita. It is a village with large dirt alleays and some roads. It is small but there is a street with the bars and restaurants, hostels here and there and agencies to organise visits of this or that. There is a park along the seaside, free, on donation. While walking, we are asking for prices of a room and find out the own is French. We take a room. There is a small swimming pool, a well-equipped kitchen and a barbecue outside. It is very nice. There a lot young travelers around and passing through and we talk with them and the owner. The next day it rains? We met the day before a French couple with whom we shared a meal and visited the farm Coralina Vieja (more here). There have a car and decide to go back to the west coast and find the sun. They offer us to go with. We rather stay. 


Le lendemain, il fait beau. Nous partons faire le parc de Cahuita, vraiment sympa, entre jungle et plage, nous regrettons de ne pas y avoir emmené des masques de snorkeling. Après notre passage au Corvocado, nous nous comportons en véritables aventuriers et repérons de nombreux animaux dont quelques serpents aux couleurs bien trop claires pour ne pas être inquiétantes. Si bien que Tom finit par devenir Mytho-Jones, l’explorateur aventurier, qui impressionne les jeunes filles russes que nous rencontrons à plusieurs reprises sur le chemin avec à chaque fois, un animal à montrer (coincidence extraordinaire !). La seconde fois, je montre à Tom une araignée, qu’il désigne aux jeunes filles : « a sand spider ». Parce qu’on l’a trouvé sur le sable et qu’elle s’y camoufle bien mais bon nous n’en avons aucune idée ! Et une des deux de poser la question : « ah oui ! est-ce venimeux ? » On serait bien en peine de le dire. Bref, juste après on aperçoit des pizotes, sorte de gros blaireaux mignons, Tom appelle doucement les jeunes filles qui sont encore une fois impressionnées par son sens aigu de l’observation ! Je ris sous cape. Nous avançons et finissons par arriver à un tournant qui prend dans la jungle.

Le chemin est en bois et surélevé au-dessus du sol. Ca grouille et il fait chaud, c’est la golden hour. Celle des moustiques surtout. On commence à se faire dévorer.

The next day, it is sunny again. We go treking in the Cahuita park, really nice and beautiful, between jungle and beach, we do regret not to have brought snorkeling masks though. After our trek in the Corvocado, we are real adventurers and notice a lot of animals, including a few snakes with much too shiny colours to be benigne. Tom ends up becoming "Mytho-Jones", the fake adventurer explorer, impressing himself on young russian girls that we meet several times along the trail and with everytime an animal to show them (happy coincidence really). The second time, I was showing Tom a spide and he tells the girls in a very professional voice "A sand spider". Because we found it on the sand (Da!) and it is almost camouflaged. But really neither of us have any ideas what it actually is. One of the girls asks if it is venomous. No clue really. Anyhow, right after we see a couple of pizzotes, kind of cute raccoons, Tom calls the girls and one more time they are impressed bu his acute sense of observation. I have a quiet laugh. We get on and end up turning into the jungle. The path is a wooden platform just a bit above ground. That ground which seems to be full of life, it is hot, it is golden hour. More like mosquitoe hour really. We start to get bitten. 



Plus question d’observer, il s’agit d’avancer et de sortir de ce guêpier (enfin presque) vite fait bien fait. Ni une ni deux, on se retrouve hors du parc, à 5km de Cahuita, le long de la route nationale. Attendre ou ne pas attendre le bus ? Telle est la question. Nous nous mettons en marche. Pas top pour la sécurité franchement et nous sommes en file indienne à surveiller l’arrivée des gros camions pour nous ranger encore plus lors de leurs passages à toute allure. Nous avançons vite pour ne pas rester là. J’en peux plus après avoir fait le parc mais bon je serre les dents et on avance. Quand finalement arrive le tournant pour entrer dans Cahuita, je me jette sur la première bouteille d’eau que nous pouvons acheter. Nous rentrons bien heureux d’avoir fait ce parc et d’être rentrés sain et sauf. Le lendemain, départ pour Manzanillo, il y a là-bas une ferme qu’on aimerait bien voir. Punta Mona. 

Et c’est déjà la fin de la semaine.

No more time to observe, we need to get out of this place stat. We quickly end up outside the park, 5km from Cahuita along the national road. To wait for the bus or not to wait? That is the question. We start walking. Not really secure, we follow each other and look out for the huge trucks to get even more out of the way as they pass by really fast. We move fast. After the park I'm already done for but I clench my jaws and go forward. When finally arrives the turn to get in Cahuita, I throw myself on the first bottle of water we can buy. We aer quite happy to have done this park and have gotten back in one piece. The next day, we leave for Manzanillo, there is farm there we'd like to see. Punta Mona (more here). And it's already the end of the week.


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Semaine 4 : Costa Rica – De Santa Teresa à Libreria à Playa del Coco

Après un autre long voyage en bus et quelques changements, nous arrivons à Punta Arenas, port de départ pour la péninsule de Nicoya. En arrivant nous croisons une allemande qui revient tout juste du festival Envision, nous nous asseyons ensemble dans un café en attendant le bateau. Elle retourne à Santa Teresa où elle est depuis 3 semaines déjà. "Olie" de son surnom est médecin et sa vie en Allemagne semble un mélange de trop de travail et de quotidien qui l’ennuie. On dirait qu’elle aussi travaille dans un domaine qui est parfois très macho encore. Son voyage est de quelques mois et elle se pose longtemps dans certains endroits, elle se cherche plus qu’elle ne cherche à visiter et faire la touriste. J’aime bien ses idées. Je dois dire que ça me fatigue un peu aussi de bouger sans arrêt d’un endroit à l’autre. Sur le chemin pour monter dans le bateau, nous croisons Jack, il est anglais et c’est son premier voyage en backpacker seul. Il a des histoires incroyables à raconter et une candeur de néophyte du voyage qui est particulièrement rafraichissante et enthousiasmante. Tous les quatre embarquons sur le navire et c’est au son de la musique à la mode, salsa et reggaeton, que nous voguons vers la péninsule tout en papotant. Nous rigolons bien, on décide de poursuivre le voyage jusqu’à Santa Teresa, convaincus par Olie, notre nouvelle guide. 

After another long week of bus travel and a few connexions, we get to Punta Arenas, departure harbour for the Nicoya peninsula. As we arrive there, we meet a German girl coming right back from Envision. We sit down together in a coffee place while waiting for the boat. She is going back to Santa Teresa where she has been living for 3 weeks already. Olie, her nickname, is a doctor and her life in Germany is a mix of too much work and a daily life that seems to bore her. It seems that she is working in a field which is still pretty sexist. Her trip is a few months long and she stays in one place at a time for a while each time, she searches for herself rather than visit places for tourism. I like her ideas. I have to say moving from place to place all the time is pretty tiring. On the way to get onboard the ship, we meet Jack, he is British and it is his first backpacking trip. He has incredible stories to tell and genuine new eyes on traveling that are particularly enthusiastic and refreshing. All four of us embark on the boat and along the local music in fashion here, salsa and reggaeton, we sail to the peninsula, chatting away. We have a good time and decide to continue the trip together to Santa Teresa.


Arrivés là-bas nous logeons au même hostel qu’Olie et comme nous sommes introduits, le proprio nous fait un prix si nous restons 3 nuits. Une petite pause après un bon trek et pas mal de bus, on dit oui. Le lendemain nous nous retrouvons tous les 4, Jack est dans une autre auberge, pour une session de Silk Yoga. Santa Teresa c’est une grande rue en bord de plage, des auberges à la cool, quelques hôtels, des restaurants et des bars mais ce n’est pas blindé et la plage est jolie, avec des vagues valables pour plusieurs niveaux de surf. La vie semble touristique mais pas hyperactive non plus. On y mange très bien pour peu qu’on y mette le prix, on peut aussi faire la cuisine à notre hostel alors c’est parfait de pouvoir alterner entre les deux. Les auberges, hôtels, restaurants et boutiques semblent tous propriétés d’israéliens ou d’argentins. Il y a beaucoup d’argentins également qui y travaillent. Apparemment ce coin était plus ou moins désert il y a une dizaine d’années et des fans de surf sont venus s’y implanter et démarrer à partir de rien les villages qui ont proliféré à grande vitesse le long de la côte de la péninsule. L'inaccessibilité de certaines routes et le manque de bus permettent à beaucoup de trouvé des coins cachés, tranquilles et relaxants. Nous ne voyons pas beaucoup de locaux même s’il y en a et nous demandons où ils vivent. Plus dans les terres a priori. 

After another two bus rides, we stay at the same hostel as Olie, and since we are introduced, the owner gives us a good price for staying three nights. A little break in the trip is welcome. The day after all four of us gather in a different hostel for a Silk Yoga session. Santa Teresa is a big street next to a beach with cool hostels, a few hotels, restaurants and bars. It is isn't too crowded and the beach is nice with various wave types for all surfing levels. Life seems to be touristic but not hyperactive. You can eat well if you are ready to pay a good price for it but we can also cook at our hostel so it's perfect to do the one and the other. Hostels, hotels, restaurants and shops all seem to be at the hands of israelians or argentinians. There are also a lot of argentinians that work here. Apparently about ten years ago this place was more or less empty, just a good surf beach where fans have put some roots in and developped the place fromm scratch along the peninsula coast. We don't see many locals and wonder where they live. More inside the land apparently. 

Nous commençons la séance de Silk Yoga par un échauffement incluant un peu d’acro-yoga, un yoga qui se fait à deux et qui tout en étant impressionnant est hyper agréable à réaliser en couple. On enchaîne dehors sur deux longues bandes de tissus accrochées à une branche au-dessus d’un épais matelas. On paraît tous sans exception très gracieux, suspendus en l’air à faire des enchaînements qui nouent et dénouent les bandes de tissu en un joyeux ballet coloré. C’est un bon moment de joie, de rire et de découverte alors que nous contorsionnons gentiment notre corps sous l’œil attentif de notre professeure argentine.

 

Le lendemain, Tom se fait un petit plaisir et nous louons un quad. A nous la poussière des routes dans la figure ! C’est une façon sympa même si un peu bruyante de visiter le coin car la voiture n’est pas praticable sur les chemins de la péninsule en beaucoup d’endroits. Nous partons le long de la côté, direction une cascade et en passant par un petit cimetière situé sur une petite île accessible à pied à marée basse. Il fait chaud. Pour visiter la cascade par le haut, il faut payer et emprunter une série de ponts en planches et câbles d’acier au-dessus de la jungle. C’est plutôt joli. Il y a des groupes de touristes en balade. On se baigne au pied de la plus basse des cascades. Elle est superbe. L’eau est bonne et l’endroit assez paisible malgré le monde. Devant nous, trois jeunes filles passent leur temps à se prendre en selfie. Un pose comme ci ou comme ça, différents angles afin de paraître plus comme ci ou comme ça. Elles se prennent même en selfie à sauter depuis un rocher dans le bassin de la cascade. Où est passé le plaisir simple de sauter dans l’eau pour sauter dedans ? On dirait que leur téléphone est greffé à leurs mains et continuellement connecté au reste du monde rivé sur son écran. Je soupire un peu mais bon nous voilà repartis en quad à fond les ballons sur les chemins pour rentrer.

We start the Yoga Silk session by a warm-up including some acro-yoga, a two-people yoga which is both impressing and surprisingly nice to do as a couple. We follow outside with two long bands of silk tied to a tree branch above a thick gymnastic mattress. We all look without exception very gracious, suspended in the air, passing from one figure to another, knotting and unknotting the bands of textile in a happy colourful ballet. Another good time full of joy, laughs and discovery as we bend and extend our body under the watchful eye of our argentinian teacher.

The day after Tom decides on a little treat for himself. We hire a quad for the day. Ours is all the dust on the trails! It is still a nice way to get around in the area though too noisy for me since it is not possible to drive by car in loads of trails of the peninsula. We go along the coast towards a waterfall, going through a little cemetery on a little island you can reach on foot at low tide. It is warm. TO visit the waterfall from above, you have to pay an entrance fee and go down a series of uphanded bridges made of wooden plancks and steel cables above the jungle. It is quite a view. There are groups of tourists going around as well. We bathe in the lowest pool of the waterfalls. Magnificent. Water is of mild temperature there and the place is quite peaceful even with the people all around. In front of us, three young girls spend their time there taking selfies. Posing like this or that with different angles to be more like this or that. They even take a selfie of themselves jumping from a rock into the waterfall pool. Where has the simple pleasure of jumping into the water gone? It seems their phone is grafted to their hands and continuously connected to the rest of world, eyes riveted on their screens. I sigh a little but then we are gone again on a quad, running full speed on the trails to get back.


Nous y retrouvons Olie partie chercher des sous à la banque du coin et que nous ramenons. C’est parti pour un apéro sur la plage, un dîner au bar de la plage et un grand jeu de Perudo. Un jeu que Jack a ramené avec lui et qui se joue avec des dés.

Ca devient rapidement une compétition internationale où nous prenons chacun les noms de nos pays d’origine. Un américain de l’aurberge où nous sommes s’est également joint à nous pour la soirée alors c’est une rencontre au sommet entre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Japon. La finale sera féminine et nippo-allemande. Quand nous repartons, c’est bien reposés et joyeux. Santa Teresa reste un endroit très touristique mais son côté calme, pour touristes plutôt surfeurs et moins consommateurs, conserve au lieu une certaine authenticité qui est agréable par rapport au reste de la côte costaricaine. 

We find Olie at the bank and take her back with us. Tonight it is drinks on the beacj, dinner at the beach bar and a big game of Peludo. A game Jack brought back with him and that you play with dices. It rapidly becomes an international tournament where we become the representative of our countries of origin. An american fro the hostel where we are staying also joined the game and it becomes a high stake competition between Germany, France, UK, US and Japan. The final will be a feminine one between Germany and Japan. When we leave again, we are well rested and happy. Santa Teresa still is a very touristy place but it has a quiet peace to it that may be due to its tourists, rather surfers than consumers, keeping a bit of authenticity which is quite nice compared to what we had seen so far of the Costa Rica coast.

Nous reprenons le bateau dans l’autre sens puis un autre bus et nous passons par Libreria, une ville étape sur notre chemin pour atteindre Playa del Coco où nous allons voir une amie de Tom qui y habite. L’auberge à Libreria est grillagée, l’endroit n’est pas touristique, c’est à côté du terminal des bus pour partir ailleurs. On ne trouve d’ailleurs qu’un petit soda, restau/fast food local qui sert des plats locaux (riz, haricots rouges avec des trucs et une sauce bien piquante principalement) pour dîner. Dans la nuit, nous sommes réveillés par des coups de feu. Là, je réalise à quel point les derniers évènements de ces dernières années ont profondément modifié notre façon de pensée. Immédiatement, l’un comme l’autre pensons à un terroriste fou qui tire sur tout ce qui bouge. Les coups de feu se répètent en plus on entend des voitures qui roulent à vive allure. Tom veut sortir, dit qu’on va se retrouver coincés ici si un fou débarque. On attend quand même. Finalement, ça s’arrête. On ne dort pas très bien cette nuit-là mais on arrive au bout. On prend le premier bus hors de ce coin. On apprendra plus tard auprès de l’amie de Tom qu’à Libreria il y a un festival rural et que lors de celui-ci, lorsque les gens sont bien éméchés, ils tirent parfois des coups en l’air. Elle nous dira aussi que depuis quelques années toutefois, l’insécurité a beaucoup augmenté dans les grandes villes du Costa Rica et que Libreria n’est plus très sûre. La faute à l’augmentation flagrante et vertigineuse des inégalités, conséquence désastreuse d’un développement touristique réalisé à tort et à travers sans que cela ne profite vraiment au gros de la population locale. Ce problème est bien répété à l’infini dans tous les domaines et dans le monde entier. Les développements rapides et incontrôlés, dérégulés pour ainsi dire, créent des inégalités qui ne sont, elles, pas prêt de disparaître. C’est bête, on n’apprend rien en tant qu’humanité à répéter ce motif à l’infini alors qu’il serait si simple de bien commencer pour éviter ces conséquences.

After taking the boat in the other direction and a bus, we stop in Libreria, just a step on our way to reach Playa del Coco where we are going to see a friend of Tom's who lives there. The hostel at Libreria has a big steel grid to close it off, the place isn't touristy and is next to the bus terminals to go everywhere else. For dinner, we only find a little "soda" place, local restaurant, kind of a fast food, serving only local meals (rce, red beans and other stuff to go with arranged with a particularly hot sauce). During the night, we are woken up by shots being fired. There I realise how the events of last year have deeply changed our way to think. Immediately, the one like the other, we think about a mad terrorist shooting everything that moves. The shots get closer and we here cars driving by fast. Tom wants to go outside, says that if we stay here and someone comes in shooting, we will die. Still we wait. Eventually it stops. We don't sleep very well that night but we get through it. Taking the first bus outside of the city, we learn later from Tom's friedn that it was the countryside festival in Libreria and that sometimes, drunk people start shooting in the air. She will also say that since a few years now, insecurity has grown in Libreria and other big cities of Costa Rica because of the obvious and steep increase of the inequalities, a catastrophic consequence of uncontrolled tourism development without it being an improvement on the conditions for the local population. The problem is known and repeated in an infinite pattern accross the world. Rapid and uncontrolled development, unregulated, create inequalities that once there tend not to disappear. It's really dumb, as humanity, we learn nothing and repeat our mistakes over and over again when it would be so simple to start in good regulated conditions in order to avoid these dire consequences.


Bref, nous arrivons à Playa del Coco, beaucoup plus propre et organisée, et évidemment plus riche. On retrouve une ville à la Manuel Antonio, avec un peu plus de retenue toutefois, donnant à la ville l’aspect d’une station balnéaire classique d’un pays riche à cette exception près que la proportion de locaux reste faible, bien qu’ils soit plus présents là qu’à Santa Teresa. Nos sacs de voyage sur le dos, le soleil au-dessus de nos têtes, nous traversons la petite ville à la recherche d’un endroit où dormir ce soir. C’est cher. Nous finissons par revenir dans un endroit qui semble raisonnable, même si un peu au-dessus de notre budget. Tant pis, il ne semble pas y avoir d’autres choix accessibles et il y a une piscine en plus. Jolie chambre et hôtes sympas. On aurait pu tomber sur pire. Le soir nous retrouvons Clara donc, l’amie de Tom qui habite ici. Elle vient avec une amie à elle qui est installée au Costa Rica depuis plusieurs années. On passe une soirée agréable à siroter des cocktails dans un bar à touristes et à papoter. A l’auberge, nous rencontrons une femme noire-américaine qui nous propose de la mangue et nous raconte qu’elle prie tous les jours et est très croyante et trouve tout génial.

Dans la rue, nous croisons un français d’à peu près 40 ans qui vient de se faire larguer par sa copine quelques semaines plus tôt alors il n’est pas reparti et vend du café moulu sur place dans une petite carriole. La vie dans cette station semble plus équilibrée, les gens qui y travaillent sont locaux au moins même si la propriété semble rester l’apanage, à quelques exceptions près, des étrangers qui ont investi dans le coin. Notre quatrième semaine s’achève. Demain départ pour le Nicaragua. On n’est pas loin de la frontière alors nous allons en profiter pour aller y faire un tour. 

Anyhow, we get to Playa del Coco, much cleaner and better organised and obviously richer as well. It is a bit like Manuel Antonio again, but with a bit of restrain which gives a feeling to the city of a kind of classical beachside city from a rich country even when the number of locals here is still pretty low, being higher though than in Santa Teresa. Our backpacks on our backs, the sun abve our heads, we cross the city looking for a place to sleep tonight. It is according the looks of the city, pretty expensive. We still end up finding a place at a reasonable price even if a little above our budget. Heck, there is anything else anyway and it has a swimming pool. Nice room and nice hosts. We could have gone to worse. The evening, we find Clara, Tom's friend, who lives here. She cmes with a friend of hers who has been living in Costa Rica for a few years. We spend a nice evening, drinking cocktails in a tourist bar and chatting. Back at the hostel, we meet a african-american woman who offers us mango and tells us she prays a lot every day. She finds everything awesome. In the street, strolling, we meet a 40-year old French who just got dumped by his girlfriend and is selling roasted coffee beans on the street in a little cart. Life in this beachside city seems more balanced, people working there are locals even if owning a place remains still, with some exceptions, a privilege reserved to foreigners who invested in the area. Our fourth week is reaching its end. Tomorrow we leave for Nicaragua. We are not so far away from the boarder so we might as well go visit a piece of it.

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Semaine 3 – Costa Rica – De Uvita à Puerto Jimenez, au Corvocado et Drake Bay

En route pour Uvita, nous rencontrons Esteban dans le bus. Un grand déguigandé qui parle bien sept langues différentes au moins. Il m’interpellera même en japonais ! Il est dealer et il part Envision. Envision c’est LE festival du Costa Rica apparemment. D’ailleurs Ana et Valery y vont également de façon indépendante pour travailler en volontaires et profiter du festival Envision. Envision c’est ambiance Yoga, méditation, bien-être, permaculture, expression corporelle et c’est aussi gros son électro, grosse beuverie et drogues à gogo avec un ticket d’entrée à 300 US$ et 140 US$ pour les locaux. C’est très cher pour tout le monde.

A l’intérieur du festival, Esteban nous raconte, c’est un peu la décadence totale alors il se fait du bon business, même juste en ramassant ce que les gens font tomber c’est déjà un petit pactole.

On the way to Uvita, we meet Esteban in the bus. A tall thin guy who speaks well seven different languages at least. He even talks to me in Japanese at some point! He is a drug dealer and he is going to Envision. Envision is The festival of the year in Costa Rica apparently. Ana and Valery, two volunteers from Cielo Verde, are also heading there independently to work and enjoy the festival. Envision is about Yoga, meditation, well-being and body expression and it is also about big electro music, loads of drinkings and flows of drugs, the whole experience with a 300 US$ entrance ticket, 140US$ for the locals. It is very expensive for everyone? Inside the festival, Esteban tells us, it is completely decadent so he is doing good business, even if just picking up what the people high on drugs drop is already quite a significant amount of it.


 Envision on dirait un mix étrange où les gens ont un visage le jour et un autre la nuit. Du coup à Uvita c’est plein à craquer dans les hostels parce que le festival commence dans quelques jours alors ça grouille de bobos avec des T-shirts aux motifs éléphants thaïs ou mandala qui roulent en gros SUV, de jeunes à dread avec des grosses montres chères, bref tout un monde de signaux ostensiblement contradictoires. Le bien-être, la méditation, le yoga, la nature c’est à la mode alors tout le monde s’y met et ça crée une superficialité tout à fait étrange entre l’affichage et le mode de vie. Vous me comprenez ? Je n’arrive pas à mettre le doit dessus mais il y a un truc faux, un truc qui ne s’accorde pas avec mes valeurs dans leur façon d’être. Pourtant chacun s’exprime comme il veut et s’habille à sa guise non ? Parce qu’ils sont riches ils ne devraient porter que des costards ? Je ne crois pas. Pourtant quelque chose cloche. Je crois que c’est le détournement de tout ce monde du bien-être qui invite normalement à l’introspection sereine, au partage dépouillé et simple afin de murir et élever sa conscience dans une sorte de sobriété modeste et joyeuse.

Bref c’est blindé à Uvita alors on finit par suivre le conseil d’Esteban et on se retrouve dans la même auberge que lui, un endroit miteux d’apparence et tout à fait sobre pour le coup, tenu par une vieille dame assez sympathique.

Envision is a strange mix where people have one face during the day and another at night. Hence in Uvita it is full to its maximum inside the hostels as the festival will be starting in a few days, it is full of people parading with thai elephants or mandala patterned tees, driving huge SUVs and dreadlocks-wearing youngs with expensive watches. A whole world of contradictory signals. Well-being, yoga and nature are fashionable these days, so everybody is on it and it creates a kind of superficiality that is very strange stuck between wearing the signs and actually living the way of life. Do you follow? I can't put my finger on it but there is something fake, something that doesn't ring with my own values in the way they behave. Thought everyone can express how they want of course and can wear whatever they feel like right? Because they are rich, should they be wearing ties and vests? I don't think so. Still something is off. I believe it is the deviated usage of this well-being world which should normally invite introspection, serenity, a kind of stripped down and simple sharing in order to mature and elevate one's own conscience in a kind of humble and joyous sobriety. A world which I feel like these people are surfing on, touching on without deep consequences within themselves and their own behaviors which always seem to let through the arrogant and basic consumer within them.

 

In short, Uvita is full to its brink so we end up following Esteban's advice and end up in the same hostel as him, a fairly shabby looking place, very sober indeed, held by a fairly nice old lady.

 Le lendemain nous visitons l’attraction du coin, Bahia Ballena, une plage en forme de queue de baleine. On arrive à l’entrée du parc et on nous informe que c’est 6 dollars. Pour visiter une plage c’est un peu fort. A l’épicerie du coin, Tom demande s’il n’existe pas un moyen d’entrer gratis. Bien sûr, c’est par là. Après 30 minutes de marche sous le cagnard, nous arrivons sur la plage et marchons vers le banc de sable. C’est joli mais rien d’extra.

On ressort par l’entrée principale alors que le garde s’est levé pour aller aux toilettes. Pas vu, pas pris.

 

Pour repartir le lendemain aucun habitant du coin n’arrive à nous renseigner clairement sur les horaires de bus. C’est bizarre, d’habitude on trouve toujours quelqu’un qui connaît les horaires par cœur. On se pointe à l’arrêt de bus du coup et on attend. Un couple de français du sud attend aussi. Ils n’en savent pas beaucoup plus que nous mais on doit prendre le bus de toutes façons alors autant être à l’arrêt de bus. Pura Vida comme il se dit par ici.

La discussion coule facile. Un instant je me dis que si « En attendant Godot » avait était placé sur un chemin au Costa Rica, l’ensemble de la pièce aurait été beaucoup moins lugubre avec le soleil, la chaleur et la vie qui règne partout. Nous n’avons pas le même style de voyage, valises à roulettes versus sac à dos de rando.

Au final tous les bus arrivent à peu près en même temps. Eux remontent et nous c’est direction le sud est du Costa Rica.

On pense d’abord à s’arrêter à Piedras Blancas, on a vu sur internet qu’on pouvait y faire du rafting, ça a l’air sympa. Toutefois, plus nous progressons vers le sud, plus le paysage s’assèche, les cours d’eau que nous traversons sont presqu’à sec. Ici la saison sèche se ressent beaucoup plus que dans le centre on dirait. En bus, le paysage défile vite et c’est comme un bout de Far West qui s’étale sous nos yeux. Arbustes et arbres qui survivent, herbes jaunies, chevaux broutant ici ou là la végétation rêche et des habitations de tôle et de bois, parfois avec quelques murs décrépis qui survivent autour d’une épicerie couverte de pubs. Parfois, une ferreteria ou un vendeur de pierre surgissent devant nos yeux. Finalement, on s’arrêtera en plein milieu de ces paysages dans un gros hub citadin balayé par la poussière et sorti de nulle part. Rio Claro. On récupère un collectivo (taxi partagé) pour Golfito.

A côté de qu’on vient de traverser, Golfito c’est la côte d’azur. De « vraies » baraques en pierre, travaillées, pas forcément belles par la sur-utilisation de colonnes sculptées mais il y a des sous en tous cas ici. Le temps d’une bière bien fraîche et hop nous voilà sur un bateau pour Puerto Jimenez. Le premier du voyage, nous fendons les flot entourés de gros bouts de jungle qui plonge dans l’eau. Ca fait du bien de retrouver l’air de la mer après la chaleur étouffante du bus.

The day after we visit the local attraction, Bahia Ballena, a beach in the shape of a whale tail. We get to the park entrance where we are told that it is 6$. To visit a beach it is a little high for us. At the next door convenient store, Tom asks if there would be a way to get in without paying. Of course, it's that way. After a 30 minute walk under the scorching sun, we arrive on the beach and walk towards the strip of sand. It's beautiful but nothing extraordinary. We go back out by the main entrance while the guard is gone to the loo. Unseen, uncaught.


To leave the next day, no one around is able to inform us clearly about the bus times. It is quite weird, we normally always find a local who knows the times by heart. With no other choices, we go to the bus stop and start waiting. A French couple happens about, they are from South of France and start waiting too. They don't know more than us about the times but since we all need to take the bus anyway, we might as well already be at the bus stop. Pura Vida as they say around here. The conversation is easy. For a moment there I think "if "En attendant Godot" (Waiting for Godot") had been placed here in Costa Rica on a trail, the whole piece would have seen much less somber under the sun, the warmth and the life that is everywhere around us. With this couple, we have different styles of traveling, rolling suitcases for them whereas we have trecking backpackes, but they are as well looking for an enjoyable experience and good tips. In the end all the buses arrive at about the same time. They go up north and we go south-east.We think first to stop at Piedras Blancas, we saw on the internet that we could do some rafting there, seems nice. However, the more we go south, the more the landscape dries up and the water streams with them. Here the dry season is much more felt than in the center it seems. By bus, the landscape passes by fast and it is like a bit of Far West that spreads before our eyes. Bushes and trees which survive, yellow grass, horses grazing here and there the hardened plants and houses of steel roofs and wood, soemtimes with a few cracked walls which survive around a convenient store covered in advertisement. Sometimes a ferreteria or a stone seller happen about before us. Eventually we stop in the middle of the Far West in a huge city hub, full of dust whirlwinds that seemed to have grown out of nowhere. Rio Claro. We cram into a collectivo (a shared taxi) for Golfito. After the region we have just been through, the way to Golfito is the Riviera. Real stone houses, quite worked on, not necessarily beautiful with overusage of sculpted columns but it is ostentably rich around here. Afer a quick refreshing beer we are on the boat for Puerto Jimenez. The first boat of the trip, we cut through the waves, surrounded by jungle diving into the water. It feels great to find the sea air again after the choking warmth of the bus.

 Arrivés à Puerto Jimenez, nous sommes fatigués mais nous cherchons où dormir. Tom trouve un endroit mais c’est cher, j’en trouve un moins cher mais c’est pas terrible. On hésite, on s’engueule sur la philosophie du voyage et le budget qui va avec. On arrive à un compromis. On prend la chambre pas chère (20 dollars) et le lendemain (90 dollars gloups) on se fera une nuit dans la chambre chère, il faut savoir se faire plaisir de temps en temps. Puerto Jimenez est un endroit sympathique à mon avis, qui donne un peu l’impression d’être au bout du monde. Beaucoup de locaux malgré le tourisme. Il faut dire que le touriste ici vient faire des treks dans la jungle donc le type de touriste est différent quand même.

Arriving at Puerto Jimenez, we are tired but we need to look for a place to sleep. Tom finds one place but it is really expensive, I find a cheaper one but it is quite shabby. We hesitate, we fight on the travel principles and our budget. We find a compromise. We take the cheap room for the night and tomorrow we take the more expensive one. In the evening, it's pizza night next door. Puerto Jimenez is a nice place in my opinion, it gives off the impression that this is the far end of the world, of the Earth. Lots of locals even with the tourism. Tourists come here to trek the jungle so I guess it is a different kind of tourists here. 

Le lendemain, on déménage vers la jolie chambre. Air conditionné, cuisine incluse, belle salle de bain, propreté impeccable, piscine. C’est sûr que comparé à la veille, entre les araignées, les blattes et l’humidité douteuse de la chambre, il n’y a pas photo.

En plus, il y a des kayaks. On se retrouve sur un kayak bi-place à explorer l’eau alentour. Il y a de la mangrove au bord, des eaux profondes au milieu. C’est aussi beau qu’inquiétant. J’imagine les crocos qui peuplent la mangrove et les requins qui ripaillent dans les eaux sombres. Malgré lui Tom est aussi gagné par mes inquiétudes et alors que je me relaxe assez pour continuer à avancer vers l’estuaire, c’est lui qui n’est pas plus si rassuré que ça. Ca fait quand même une jolie balade et on admire une palanquée d’oiseaux du coin, notamment de beaux pélicans qui font du rase-motte sur l’eau et des petits pipers qui courent sur le sable au rythme des vagues.

On part ensuite à la recherche d’un guide pour le trek du Corvocado. C’est cher ! Près de 100€ par personne par jour ! Mais le débat est rapide cette fois, il paraît que ce parc est extraordinaire, c’est la pleine jungle, ça vaut le coup. On fera des chambres pas chères ensuite pour rattraper un poil le coup. On se balade à travers les rues alors que le soleil se couche et nous trouvons un bureau de tours qui nous plaît bien. On part là-dessus. Rendez-vous pris demain matin devant la boulangerie à 5h30 du matin.

Nous croisons un petit aéroport au retour. C’est une piste en fait. Apparemment, ce genre de pistes est courant au Costa Rica. Un pays pourtant très vert en termes d’énergie utilisée et de terres protégées mais qui est paradoxalement plein de grosses voitures et de petits avions car les routes sont mauvaises, de gens qui jettent leurs déchets partout et où le recyclage n’est pas développé. C’est un peu comme si le gouvernement avait décidé d’une politique verte et l’appliquait mais que les gens eux n’avaient pas suivi dans leur mentalité.

Nous profitons de notre nuit de confort et préparons nos affaires pour le trek. Le reste partira en voiture en contournant le parc jusqu’à Drake Bay, c’est aussi pour ça que c’est cher.

The day after we move into the nice room. Air conditionning, kitchen included, beautiful and private bathroom, cleanliness and even swimming pool. For sure compare to the evening before, between the spiders, the coakroaches and the dubious moisture of the room, the choice isn't hard. There are even kayaks that we can use for free. We end up on a two-seater kayak exploring the waters around. There is mangrove at the edges of the water and deep waters in the middle of the bay. It's as beautiful as it is kind of scary. I imagine the crocodiles living in the mangrove and the sharks feasting in the deep dark waters. Despite himself, Tom is also creeped out by my fears and as I relax enough to go into the river part, it is him who isn't so sure about going farther anymore. Still it is a nice time and we get to admire a whole lot of different local birds. Beautiful pelicanos making low passes over the water and small pipers running on the sand to the rythm of the waves. After we go back ashore, we start looking for a trek guide tomorrow for the Corvocado. It is so expensive! Near to a 100€ per person per day! But this time the debate is quick, we were told this park is extraordinary, the real deep jungle, it's worth it. We decide to take up cheaper rooms later to try and compensate the huge overspending. We walk around the streets as the sun sets down and we find a local guide office that we like. We're booked. Rendez-vous is fixed at 5:30am tomorrow in front of the bakery. We pass by a small airport on our way back. More like one landing strip in fact. Apparently, this kind of landing strips are fairly common in Costa Rica.The country is known for the very green policies they have with regards to energy and protecting land but paradoxically, the country is full of cars and little planes because the roads are crappy, people throw away they trash everywhere and recycling isn't much in usage. It seems a little as if the government had decided to get the country green but the people themselves had not followed nor change their behaviors accordingly. We enjoy our comfortable night and prep our stuff for the trek, the rest will leave by car, going around the park to Drake Bay, one of the additional costs that make it so expensive.


Pendant que deux oiseaux se disputent un poisson, nous embarquons pêle-mêle guides et touristes dans un mini bus. 2 à 3 touristes par guide. C’est parti pour 1h de route qui démarre dans une campagne relativement accueillante pour continuer au milieu de la jungle sur des chemins de terre entrecoupés de grosses flaques jusqu’à une plage. Nous nous arrêtons là, tout le monde descend.

Notre guide c’est Thomas. Drôle de coïncidence. Lui est tico (originaire de Costa Rica) à avec des origines indigènes. C’est un ancien chasseur. Il est devenu guide quand la chasse a été interdite. C’est un excellent pisteur et il nous impressionne car il repère des animaux tout petit ou lointain d’un seul coup d’œil ! Sur son dos, un sac, une machette et un parapluie, incongru en pleine jungle. Il est équipé pour tout.

La douzaine de kilomètres du premier jour passe vite, nous marchons dans la jungle en longeant la mer, avec quelques passages sur la plage. Marcher dans le sable, voilà qui est bien difficile, surtout quand on y est depuis plusieurs déjà et sous le soleil implacable. Le rythme est correct mais on ne traîne pas, il faut arriver avant la nuit et à l’heure du dîner aussi. Nous croisons un puma qui se repose, des oiseaux en quantité, des grenouilles aux couleurs fluorescentes, des papillons… Et notre guide nous montre aussi des plantes et nous explique comment fonctionne la forêt. Une plante utilisée par les tribus indigènes pour les peintures rituelles sur la peau. Hop, nous voilà tatoués pour une dizaine de jours. Tom avec une jolie trace de puma et moi, avec une croix bien chrétienne, c’est pour me protéger je crois. Il m’a bien demandé si je croyais en Dieu, ce à quoi gênée, je lui ai dis que j’étais boudhiste (n’importe quoi ! mais plus vrai que chrétienne c’est sûr) mais bon il s’était déjà lancée dans la croix alors tant pis, avec mon T-shirt tête de mort sur fond noir, ça me donnera un look un peu gothique – j’essaye de cacher les traces de cutter à mon poignet sous un tatouage bleu avec une croix au bout. Bref.

Rien à voir avec Manuel Antonio en tous cas, ici la jungle tue si on n’est pas attentif. Notre guide Thomas est vraiment sympa en plus d’être une mine de connaissance. On rigole bien. On croise sur le chemin un groupe d’anglaises et leur guide. Elles ont l’air d’en baver. Thomas le guide devient rapidement la coqueluche de ses dames.  Plus tard Tom, de Tom & Ariane cette fois, dans un accès de cheesy romantisme et ayant un peu d’avance sur nous, dessine dans le sable un grand cœur avec A+T dedans. Si si. Je rate monumentalement de voir son œuvre par ailleurs, concentrée sur la marche mais Thomas, le guide cette fois, ayant vu ma bourde, prend une photo et me montre l’œuvre de Tom. Suivez bon sang ! Toujours est-il qu’alors que nous faisons une pause, nous sommes rejoins par les anglaises qui gloussent et sourient et sont persuadées que le « T » dans le cœur est celui de Thomas le guide. Nous ne démentons rien et rions tous les trois sous cape. Elles le harcèlent pour savoir qui est le mystérieux « A » et s’il a une copine et tout le tintouin. Tom devient Patrick et moi Michèle temporairement pour les besoins de la farce quand enfin, se profile le refuge.

 

We cram into a mini-bus, all of us tourists and guides alike. 2-3 tourists per guide. Let's go for one hour on a road that starts in a relatively welcoming countryside to end up in the middle of the jungle on trails cut off by huge puddles until we get to a beach. Last stop, everyone out. Our guide's name is Thomas. Funny coincidence. He is tico (originally from Costa Rica) with indigenous origins. A former hunter, he became a guide when hunting was forbidden. He is an excellent guide and can notice small ad far-away animals effortlessly. On his back a backpack with a machete and an umbrella, the last seemingly weird in the middle of the jungle. He is equipped for everything? The twelve kilometers of our first day go by quick, we walk through the jungle, by the sea, with some walks on the beach. Walking on the beach, that's difficult after already a few hours on the legs and under the implacable sun. The rythm is fine and we are not wasting time. We need to get to the refuge before nightfall and in time for dinner too. We meet a resting puma, tons of different birds, flashy colored frogs, butteflies... Our guide also shows us plants and explains how the forest works. A plant used by the indigenous tribes for the rituals. Here we are tattoed for a couple of weeks. Tom with a nice puma print and me with a christian cross, to protect me I guess. He did ask if i believed in God. Feeling a bit awkard I said i was Buddhist (completely false but probably truer than me being a Christian for sure) because he had already started on his cross. Anyhow with my black Tee adorned with a stylish white skull, it will give a kind of gothic look - as if I am trying to hide my cutter marks with a blue tattoo ending up with a cross. Anyhow. Nothing to do with Manuel Antonio here, the jungle kills if you don't pay attention. Our guide Thomas is very nice in addition to being a well of knowledge. We lauch a lot. On the way, we meet a group of English girls and their guide. They seem to be having a hard time. Thomas the guide rapidly becomes their favourite. Later on, Tom, of Tom & Ariane this time, wtruck with a weird cheesy romantic fever case and having gone a bit ahead of us, draws on the beach a huge heart with A+T inside. Yes he did. I of course completely miss the drawing but Thomas, the guide this time, seeing that I did not, takes a picture and shows me Tom's beautiful artwork. Still following? Anyhow, when on a break, the English girls catch up with us and they are laughing and smiling, convinced that the T in the heart is the one of Thomas the guide of course. We say nothing and all three of us laugh it off later. They harrass her to know who is the mysterious A and if she is her girlfriend and all. Tom becomes Patrick and me Michelle for the duration of the joke when finally, we glance at the refuge. 


Il se situe dans une grande clairière taillée dans la jungle. C’est une jolie construction en bois, relevée au-dessus du sol et très ouverte dont le plan me fait penser à un monastère japonais dont les couloirs de bois sans murs relient les différents espaces. C’est comme un îlot perdu au milieu de la forêt vierge relié au monde par une petite piste d’atterrissage (encore une) carrément sommaire, constitué d’un espace de prairie sur terre creusée de profondes ornières créées sans nul doute par les multiples atterrissages du seul et unique pilote assez fou et capable de faire cela. Celui-ci a d’ailleurs l’air un peu barge quand nous le croisons. Nous dormons en dortoir, mangeons en réfectoire et partageons des sanitaires avec tout ce petit monde. C’est comme une colonie de vacances. Le lieu est tout ouvert, presque pas de murs à part autour de quelques petits bâtiments pour les permanents et pour la cuisine. Les dortoirs sont ouverts aux quatre vents, les lits superposés protégés de moustiquaires.

A la tombée de la nuit, ce sont les singes hurleurs qui nous accueillent faisant résonner leurs cris sur plusieurs kilomètres à la ronde. Puis la nuit tombe et chacun dans son lit peut entendre la vie grouiller dans la jungle toute proche. Il y a des hululements en tous genres du aigu au grave, parfois carrément lugubres. On se sent tout petit et fragile dans son lit, séparé de l’enfer des insectes piqueurs par un filet très fin. Petit cocoon d’humains face à la nature magnifique et hostile. 

Located in a huge clearing surrounded by the jungle.It is a beautiful wooden building, raised up above the ground and very open everywhere which makes me think about a Japanese monastery which corridors without walls link the different areas. It is like a little island in the middle of the virgin forest linked to the world by a small landing strip (one more), which is just a space of free green field with deep trenches dug by the landings of the only pilot mad enough to this. He does seem a little mad, the pilot, when we meet him. We are sleeping in a dormitory, eat in the canteen and share the bathroom with all the visitors. It feels a bit like the organised holidays when we were kids. The place is open everywhere, no walls except on the small accomodation for the permanent people here and the kitchen.. The dormitories are opened to the four winds, the bunk beds are protected with mosquito nets. When night falls, we here the howling monkeys first, their cries hearable several kilometers around. Then night falls and everyone in its bed can here the jungle life alive and swarming readlly close. You can hear animal cries going from high pitch to low, some that would fit nicely in a horror movie. You feel small and fragile in the bed, separated from the inferno of the biting insects by only a very small and thin net. Small cocoon of humans in the middle of the magnificent and hostile nature.

 Réveil à 4h30 pour une balade semi-nocturne et rencontre avec une famille de tapirs. Ils sont tous près, c’est fascinant. On se balade dans les environs pendant la journée à l’affut d’autres animaux et on suit Tom le chasseur à travers la jungle. La veille nous avons rencontré un couple de français au dîner. Elle est devenue prof et lui est toujours dans l’audiovisuel. Les enfants sont grands et ils voyagent pendant leur vacance. Nous discutons de voyages et un peu de la vie. Nous nous retrouvons au détour de la journée sur certains chemins, leur guide est très sympa aussi. Le soir nous nous retrouvons tous, papotons des animaux rencontrés et continuons à échanger sur nos vies et nos projets.  J’en garde une impression de chaleur et de bienveillance. Au milieu de la jungle, dans ce « monastère-refuge », on pourrait refaire le monde entre inconnus et tous tomber d’accord je crois car l’humain paraît ici incongru et ça donne envie de se rassembler.

Nous croisons aussi un anglais, super bien équipé, qui se balade avec un guide. Il arrive de Drake Bay, sa femme est restée avec leurs jumeaux de quelques mois là bas. Ils alternent pour les sorties et en font certaines avec les bébés. Impressionnant.

Le dernier jour, nous parcourons la jungle au pas de course dans l’espoir de dégoter un crocodile. Tom et Tom finissent avec de l’eau jusqu’aux genoux dans une rivière. Tom le guide l’assure que c’est bon, pas de danger. Enfin, nous retournons sur la plage où nous attendons pour embarquer dans les petits bateaux qui nous emmèneront à Drake Bay. Le trek est fini. Bon c’était surtout un trek d’une journée, pas mal de marche en rond le lendemain et une petite matinée au final. On aurait pu se contenter de deux jours en rétrospective mais on en a pris plein les yeux et le sentiment d’être au milieu de dizaines de kilomètres de forêts est indescriptible. Arrivés à la plage, Tom le guide et moi on fait une course de bernard l’hermite que j’ai le tic d’appeler Thierry l’hermite. Et alors que le champion de Tom l’emporte haut la main, notre ami anglais vient nous voir pour nous dire de venir un peu plus loin. Une maman alligator et ses petits s’offrent un petit bain de soleil au bord d’une petite marre. Derniers animaux vus avant d’embarquer dans de petits embarcations qui nous emmènent à tout allure vers Drake Bay.

Là, par précaution et vu la taille de l’endroit, nous avons réservé une tente sur plateforme dans une auberge. Après une dernière bière et un premier bon ceviche avec Tom le guide, nous partons pour notre tente. Drake Bay, c’est une rue poussiéreuse, quelques auberges, quelques restaus et des organisateurs d’activité d’aventure. Sur la plage, se balade un cheval tout blanc comme sorti des flots comme une apparition. Tout le monde rigole. Après une journée de repos, nous repartons en bateau pour d’autres rivages !

4:30am. Time to wake up and go for a walk in the middle of night and jungle. We meet tapirs, a whole family. They are so close, it's fascinating. We walk around for the day, looking for animals and following Tom the hunter through the jungle. The day before we meet a French couple at dinner. She became a teacher and he is still working in the TV industry. Their kids are grown ups and they are traveling by themselves during their holidays. We talk about traveling and life in general. We find them again around a trail and talk about the animals we meet and continue discussing our lives and projects. I remember the conversation being warm and kind. In the middle of the jungle, in the wooden monastery, we coudl remake the world together and agree on it with total strangers I believe because being human here is out of place and that makes us feel like we need to stay together, to unite.

We also meet a super-well-equipped Englishman who is walking around the jungle with a guide. He comes from Drake Bay, his wife stayed with their few-months old twins over there. They have to take turns for the activities they do and do others with the babies with it's possible. Impressive.

The last day, we walk briskly through the jungle hoping to see a crocodile. Tom and Tom end up with water up to their knees in a river. Tom the guide tells the other Tom not to worry and that there is no danger. In the end we go back to the beach where we wait to embark in small boats that will take us to Drake Bay.

The trek is over. In the end, it was really a one-day trek and then one and a half day of walking around the area. Retropspectively, we could have done the whole thing in two days only but we did see a lot of things and the feeling of being in the middle of gens of kilometers of forest is undescribable. At the beach, Tom the guide and I race Bernard L'hermite. 


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Semaine 2 - Costa Rica - Chirripo

6h du matin. Nous nous réveillons doucement, un peu en retard, décalés du weekend et de la rencontre avec les nouveaux volontaires qui ne sont pas encore dans le rythme. Pas de pâture ce matin, les chèvres ont investi leurs nouveaux quartiers alors nous n’avons plus besoin de les nourrir. Il y a bien deux chèvres qui se sont échappées pour retourner sur la ferme. Elles savent très bien où est le grain. 

6am. We slowly wake up, a little late, what with the weekend and meeting the new volonteers who are not yet in the working rythm. No pasture thilosed fies morning, the goat have taken their summer quarters inside the now closed field so they don't require feeding anymore. Still two goats have escaped from the field and wame back to the farm where the grain is. They are very well aware about its location.


Le projet de cette semaine c’est de creuser un canal pour dévier l’eau qui se déverse du haut de la colline depuis les prés des voisins.

C’est important pour la certification bio car l’eau du voisin, pas bio par défaut, ne doit pas contaminer les prés de la ferme où seront les cultures. Nous partons sur le flan de la colline, 3 filles, Tom et Jorge. A la ferme, il y a un couple américain qui est arrivé, des étudiants en agriculture qui ont l’air de bien maîtriser leur sujet. Ils ont convaincu Allan de tenter un nouveau projet, celui de faire du biochar. Je vous laisse aller voir la vidéo (ici) pour découvrir ce que c’est ! En tout cas, c’est plus tranquille que de creuser un canal en pente ça je peux déjà vous l’assurer. Tom crée le canal à la bâche en montant, nous les filles on déblaie et on creuse et Jorge consolide et termine.

Nous avançons doucement le long de la pente. Les filles restées à la ferme refont le grillage du poulailler. Le grillage est là plutôt pour empêcher les prédateurs d’arriver aux poules qu’elles de sortir car elles se faufilent partout. On dirait que Nurieth a pris les choses en main pour occuper tout ce petit monde.

The project for this week is to dig a canal to deviate the water that pours down from the top of the mound, coming from the neighbouring fields. It is important for the organic certification because the rain water is draining through the neighbour's field which isn't necessarily doing organic farming. This water could contaminate the fields of the farm. We leave for the mound, 3 girls, Tom and Jorge. At the farm, there is an American couple who arrived, students in the field of agriculture who seem to master the topic very well. They convinced Allan to attempt a new project, making biochar. You can have a look at the video here to discover what it is! In any case, it is definitely less physical work than that of digging a canal on a slope, i can tell you that.

 

Tom creates the canal with a pickaxe going up, us girls we take away the dirt and dig and Jorge consolidate and finishes the contouring the way he wants it. We move up slowly, along the slope. The girls remaining at the farm are repairing the grid of the chicken's park. The net is there to prevent predators to get to the chickens rather than prevent them from coming out as they are sneaking through everywhere. It looks as if Nurieth has taken the lead and occupied everyone.


Un après-midi, Nurieth nous embarque tous en voiture  (sauf Valery qui reste à la ferme pour s’occuper des enfants et parce que la voiture est pleine). Direction les champs de frigoles (haricots rouges). On en mange tous les jours, aux trois repas, alors c’est n’est pas sans une petite excitation que nous allons enfin découvrir comment ils se cultivent.

Vous imaginez un champs ? Bon. Vous voyez des haricots comment ça pousse ? Ca grimpe et c’est fin. En France on les met sur tuteur par ex. En gros, dans l’imagination c’est un grand espace plat avec des rangées de haricots qu’on cueille ensuite. Bon bah maintenant oubliez tout ça et visualiser des « petites » collines (quand on les a montées et descendues des dizaines de fois, le mot « petit » perd de son sens) envahies de broussaille, en pente bien verticale (qu’on dévale facile sur les fesses si on perd l’équilibre). Vous y êtes ? Ca c’est le champs de frigoles, il y a 3 collines que nous découvrons les unes après les autres.

Deux semaines plus tôt, les autres volontaires sont venus arracher les plants et les ont laissé sur place. Maintenant qu’ils sont séchés par le soleil, à nous d’aller les récupérer et de les déposer en bas de la colline afin ensuite de les passer au battage (à la main et au bambou). En route mauvaise troupe !

On finit par s’organiser en chaîne pour limiter nos déplacements, ceux d’en haut collectent et puis on se passe les bottes de main en main jusqu’en bas. Nurieth nous voyant l’interdit, il faut ramener chacun notre botte en bas pour éviter de perdre des haricots. Ceux-ci se détachent facilement de la plante séchée dont les écosses sont parfois déjà ouvertes. Nous maugréons. Ca ne change pas grand-chose aux pertes. Au final, voyant notre récidive, elle monte et commence à faire les bouquets qu’elle nous donne à descendre. Ils sont tellement énormes à transporter qu’on en perd autant mais bon.

Les bottes sont ensuite regroupées autour d’une bâche et Jorge avec deux bâtons de bambou bien solides bat celles-ci pour faire tomber les haricots. Il déploie une force impressionnante et surtout une grande endurance. Monter et redescendre en glissant, lourdement chargé de bottes de frigoles sous le soleil écrasant et enveloppé par l’humidité de la jungle est épuisant. A la fin des 3 collines, on n’en peut plus et le sourire a même parfois disparu. Du coup, Nurieth décide de terminer un peu plus tôt. Le battage sera terminé demain. Les grains déjà récupérés sont collectés dans des grands sacs.

Tom, Jorge et Nivesse y retourneront pour terminer le travail. Nivesse est une volontaire italienne qui malgré son âge plus avancé que les autres est d’une énergie folle. A tel point qu’une volontaire américaine d’à peine vingt ans me le fera remarquer d’un ton admiratif dans la voix qu’alors que toutes deux étions au bout de nos forces déjà, Nivesse gambadait en haut de la colline incessamment penchée, ramassant le frigole et le descendant vers la bâche. Tom s’essaiera au battage et finira par exploser ses bâtons de battage d’acharnement.

La récolte : 350-400 kg de frigoles. 


One afternoon, Nurieth takes us all in the car (except Valery who stays at the farm to take care of the children and because the car is full). Out to the frigoles fields (red beans). We eat them avery day, at all three meals, so it is not without a bit of excitment that we are finally going to discover how they are grown. Imagine a field. Right. See beans how they normally grow? They climb and it's thin. In France, we prop them up on a stick or a net. Roughly, in my imagination, it is a big flat space with rows of beans that we can then harvest by picking them. Picture it? Well now forget it all and visualize rather small hills (when you have been up and down them tens of times I assure you the word "small" loses its meaning) completly covered with low bushes and undergrowth, with a steep slope (that you slide down on your bottom if you lose your balance). Got it? Well, that's the frigoles field. And there are three hills to harvest. We discover them on after the other. Two weeks before, the previous volunteers came there and pulled off the red beans plants and left them on the spot. Now they are dried up by the sun and it is our task to pick them up and bring them down the hill so that they can be threshed (with hand and bambou). Let's go. We end up organising a chain to limit our movements, those up the hill collect the dried plants and then we pass each other the bunch down the hill. Nurieth notices and forbids us to do this, each person has to pick up and bring down its own bunch of dried plants so that we don't lose them. The beans themselves are easily falling from the dried up plant, the pods sometimes already open. We grumble. It doesn't change much with regards to the beans falling down. NUrieth, seeing our reluctance to adopt her instructions, goes up and starts bunching the plants together and handing them to us. They are so big that we lose as many going down with them anyway. The bunches are then put together on a big tarp.Jorge uses two strong bambous sticks and threshes the plants to let the beans out. The strength and endurance he shows off during the threshing is impressive. Going up and down, sliding, heavily loaded with frigoles bunches under the crushing sun and engulfed by the jungle moistness is exhausting. At the end of the three hills, we are done with and our smiles even as well sometimes. As such Nurieth decides to pack off early. The threshing will be finished tomorrow. The already collected beans are placed in big sacks. Tom, Jorge and Nivesse will go back to finish the work. Nivesse is an italian volunteer who even with her age being more advanced than the others has a truly amazing well of energy. It is to a point that an american girl of only twenty years old tops tells it to me with an admirative tone, as we were both already exhausted and as Nivesse was still up to the hill working like crazy, bending to pick the frigoles and bringing it down.Tom will thresh along with Jorge and end up breaking the threshing sticks. The harvest: 350-400 kg of frigoles.

Cette semaine pour nous c’est la Saint-Valentin alors Tom annonce en grande pompe à Nurieth que le lendemain soir nous ne dînerons pas à la ferme, sourire entendu à l’appui. Ca fait bien rire Nurieth.

Nous allons au restaurant gourmet du coin (40min de marche) car il y en a un, le Descanso de San Girardo de Rivas. Le restaurant a un petit potager devant bien entretenu et luxuriant. Basilic, piment et belles salades se côtoient très joliment. La petite surface est presque la même que celle du potager de Cielo Verde et est plus productive. Le jeune qui tient le restaurant fait une cuisine raffinée et originale avec des produits du coin, de son potager et quelques touches exotiques.

C’est un régal. Tom commence avec la salade Chirippo, un carpaccio de betteraves crues aux jolies motifs de rouge pourpre éclaté de blancheur alterné avec de fines tranches de mangue, saupoudré de menthe et saucé au jus d’orange. Suprême. J’ai pris un velouté de concombre. Il est à l’ail, au yaourt frais et à l’huile d’olive (la touche exotique ici !), un classique de fraîcheur bienvenu après la chaleur de la journée. En détail exquis on y trouve de petites rondelles fines de radis bien craquantes qui donnent au plat une tonalité sophistiquée en plus d’une jolie touche de couleur rose pétante au milieu du velours blanchâtre.

Nous discutons du site internet du projet de voyage et déterminons pour la première fois la forme concrète de celui-ci sur mon petit carnet en coin de table. Le logo de l’asso naîtra aussi ce là entre deux verres de vin accompagnés de délicieux mets. C’est une chouette soirée. Nous dégustons le présent en papotant d’un joli futur qui nous enthousiasme. C’est un bon moment et un excellent souvenir.

This week, there is Valentine's day. Tom announces proudly to Nurieth that the day after we will not have dinner at the farm, winking eye and all. That is sure to get a good laugh from Nurieth. We go to the gourmet restaurant of the valley at a 40-minute walk, the Descanso of San Girardo de Rivas. The restaurant has small vegetable garden in front, lush and well-kept. Basil, chili and beautiful salads go together nicely. The small area is nearly the same as the vegetable garden of Cielo Verde and is more productive. THe young who holds this restaurant makes a good refined cuisine, quite creative and with local products, some from his vegetable garden and some additional exotic touches. It is delicious. Tom starts with the Chirripo salad, a raw beetroot carpaccio with nice purple red patterns on white, these are interlaced with thin mango slices and powdered with mint and arranged with an orange juice based sauce. Amazing. I take a cucumber velouté. It has garlic, fresh yoghurt and some olive oil (an exotic touch here!), a fresh classic very welcome after the warmth of the day. As an exquisite detail, I find in it small slices of crispy radish which give to the meal a sophiticated look with a nice flashy pink touch in the middle of the creamy white velouté. We speak about our world travel project and its website, define for the first time its concrete shape on my little notebook on the corner of the table. The logo for the association will also be borne that evening in between two glasses of red wine along with further delicious meals. It is a great evening. We delect in the present while speaking about a beautiful future that we are very enthusiastic about. It is good moment and an excellent memory.

Dans la semaine, un après-midi libre, nous nous joignons à d’autres volontaires pour aller à la rivière du coin. La région ne manque pas d’eau, il y a de très beaux cours d’eau partout dont le Chirippo. A 5 minutes de la ferme, en contrebas, il y a un pont et des gros rochers qui permettent l’accès à l’eau. Les jeunes du coin y sont, les filles sur un rocher papottent et lancent des œillades aux jeunes garçons qui parlent fort et se jettent à l’eau. L’un d’eux en courant sur un rocher se tord la cheville, vu l’angle sa cheville va bien gonfler et c’est sûrement une entorse. Il claudique un peu puis finalement s’assoit, calmé. Sa cheville gonfle. De notre côté, nous entrons dans l’eau froide et rafraichissante, elle est transparente, superbe. Le courant est bien présent mais pas trop fort pour nager contre. Je me régale mais la nuit tombe vite alors nous devons rentrer.

Un autre de ces après-midis, nous nous retrouvons embarqués dans des discussions de politique mondiale avec les américains et les canadiens présents. C’est super intéressant. Personne n’a voté pour Trump ici et avec un optimisme tout américain, certains se disent que cette énorme bourde a au moins le mérite de faire descendre les gens dans la rue et de les mobiliser. Que si ça avait été Clinton, personne ne se serait indigné autant contre le système que nous voulons, tous ici présents, changer. Quand nous abordons les élections françaises, le seul candidat connu est Marine Lepen. C’est notre Trump, notre épouvantail. Nous nous faisons un devoir de présenter notre Bernie Sanders et ses idées progressistes bien sûr. C’est une autre bonne après-midi qui se déroule à la ferme alors que le soleil décline.


During the week and a free afternoon, we join other volunteers to go to the nearby river. The region does not lack in water, there are beautiful rivers everywhere including the Chirippo. 5 minutes down from the farm, there is a bridge and some huge rocks that allow access to the water. There are youngs from the

nearby areas lounging around. The girls on one rock chat aboutand throw half discrete glances to the boys on the other rock who are talking loudly and throwing themselves into the water. One of them running on a rock springs his ankle and seeing the angle of it, I am betting his ankle will surely swell and hurt for a while. He limps a little and sits down, calmed down for the day. His ankle already swells. On our side, we enter the fresh and refreshing water. It is transparent, amazing. The current is very present but not too strong to swim against. I enjoy it very much but already night is falling and it is time to go home.

 

Another of the afternoons, we fall into political discussions with the americans and canadians who are there. Super interesting. No one here voted for Trump and with a very American optimism, some even say that this enormous mistake has at least the merit to get people down and out in the streets. If it would have been Clinton, no one would have been so outraged against the system that we, all here present, want to change. When we tackle the upcoming French presidential elections, the only known candidate is Marine Lepen. It is our Trump, our scarecrow. We make it our own duty to present our Bernie Sanders and his rebellious ideas of course. It is another good afternoon at the farm.

L’ambiance entre les volontaires est bonne mais celle avec Nurieth semble parfois se dégrader ou passer à travers quelques nuages.

Il faut dire que si l’organisation cette semaine est meilleure que la précédente, il y a plus de monde et elle laisse toujours à désirer, et puis la communication, en plus de la barrière de la langue (américains et canadiens ici ne maîtrisent pas ou peu l’espagnol), est difficile.

On voudrait un plan clair sur ce que Nurieth cherche à accomplir sur la ferme, pour l’aider à démarrer les multiples projets nécessaires pour y arriver. Il y a une idée, celle d’être une ferme autonome et bio mais pas de chemin concret. Du coup, les volontaires découvrent chaque jour des instructions parfois contradictoires et y sont assignés sans explication ou sans que cela s’inscrive dans un tout compréhensible de développement de la ferme. C’est frustrant pour certains voir difficile à supporter pour d’autres car les ordres ne sont pas très bien reçus parmi les volontaires qui semblent, en général, être plutôt des esprits libres, parfois créatifs aussi, en recherche d’eux-même ou de sens, avec une grande soif d’apprendre.

Pas un profil très prompt à obéir à un ordre sans explication mais pas de manque de volonté de travailler non plus.

The atmosphere between the volunteers is good but with Nurieth it sometimes tends to degrade or go through some clouds it seems. It has to be said that the organisation of the second week is better than the first but there is more people to organise and it is still not perfect of course. Moreover the communication , on top of the language barreer (the Americans and Canadians here do master or very little the Spanish language) can be difficult. We would welcome a clear plan on what Nurieth seeks to accomplish with the farm and help her start some of the numerous projects needed to get to it. There isn't one available and so volunteers instead discover daily what their instructions are and sometimes they are contradictory and assigned without explanations, without it being part of a bigger plan for the development of the farm. It is quite frustrating for some and even difficult to bear for others as orders are not very well received by volunteers who, in general, tend to be rather free spirits, sometimes as well creative ones, looking for some meaning or themselves, with a big thirst for learning. Hence, not a very good profile for handling orders without explanations but not missing the will to work either.


Nous refaisons les bacs du potager en pierre. Ceux-ci sont en bois alors il faut les remplacer tout le temps car ils pourrissent avec l’humidité qui règne ici, même en saison sèche. Tom , Nurieth et moi faisons le liant à base de ciment, d’argile récupéré au fond de la ferme et filtré et d’eau. Un clash éclate entre Valery, volontaire québécoise, et Nurieth. Valery refuse l’ordre de nettoyer l’espace des chiens. Ce n’est pas tant l’ordre qui la chiffonne mais c’est balader d’une activité à l’autre sans jamais rien terminé au grès des ordres de Nurieth. Nurieth ne comprend pas ça mais a surtout l’impression que Valery la prend de haut et ne veut pas « s’abaisser » à cette tâche. Ca ne lui plaît pas du tout. Valery récupère ses affaires et s’en va. L’ambiance tombe de plusieurs degrés malgré la chaleur de la journée ensoleillée. Clairement le facteur humain a la capacité à mettre à mal toute une entreprise. Il faut y faire attention et d’autant plus lorsque l’on réunit des personnes d’horizons et de cultures différentes car la communication est d’autant plus compliquée et essentielle.

La veille, Jorge est parti. C’est pour ça qu’aujourd’hui nous travaillons tous sur la ferme sur les bacs du potager car Nurieth ne peut pas gérer deux équipes séparées et semble avoir besoin d’exercer un contrôle rapproché sur les uns et les autres.  Le canal sur la colline est mis en hibernation. Jorge a emmené ses chiens et ses maigres possessions, il est parti avec sa compagne rejoindre sa maison à quelques dizaines de kilomètres de là. On ne sait pas s’il reviendra bosser avec sa sœur. Le manque de moyen ou plutôt l’allocation de ceux existant ainsi que le manque de volonté affiché de faire avancer la ferme semblaient lui peser après deux années de bons et loyaux services, sans avoir de prise sur les décisions. Le facteur humain encore une fois.

Nous préparons nos affaires également. Plutôt que de faire un aller-retour coûteux pour le weekend et rester seulement lundi pour terminer nos deux semaines , nous partons aujourd’hui après le travail. Nurieth nous amène au bus. Nous l’aimons bien Nurieth, elle a son franc parler et sûrement ses raisons pour tout ça. Peut-être la ferme n’est pas sa priorité, ses filles, sa vie de famille, qui sait quoi d’autre pourrait l’être. Nous aurions pu rester trois semaines avec plaisir mais avec le départ de Jorge, nous voyons mal comment la gestion des volontaires va s’organiser alors nous préférons commencer à découvrir le pays plutôt.

We are redoing the vegetable garden trays in stone. The current ones are in wood and they need to be replaced all the time because they tend to rot with the ambiant moisture here, even during the dry season. Tom, Nurieth and I are making the stone dinder with cement, clay taken from the back of the farm and filtered and water. Conflict arises between Valery, a volunteer from Quebec and Nurieth. Valery refuses the order to clean the dog shelter area. It is not so much the activity that she dislikes but rather being taken away from one to another without being able to finish any of them, along Nurieth's stream of orders. Nurieth does not understand this and is under the impression that Valery is looking at her with contempt and does not want to abase herself to this task. She does not take it well at all. Shortly after, Valery packs up her stuff and leaves. Temperature falls a few degrees even with the ambiant heat of the sunny day. Clearly the human factor has the power to bring down a whole entreprise. It needs to be paid attention to and even more so when you gather people of very different horizons and cultures because communication is then even more complicated and even more essential.

 

The night before Jorge left the farm. That is why today everyone works at the farm on the vegetable garden trays because Nurieth cannot heandle to separate teams and seems to need to handle us with close control. The canal on the hill goes into hibernation as it is. Jorge has taken with him his dogs and his meager possessions, he left with his companion to go back to a house he has a few tens of kilometres away. We don't know when he will come back with his sister. The lack of means or rather the assignment the existing ones as well as the lack of will to move forward with the farm seemed to weigh on him after two years of his leal services and no grip on the decisions. Human factor, there it is again.

 

We prep our stuff as well. Rather than make a costly back and forth for the weekend and stay only Monday to finish our two weeks, we leave today after work. Nurieth brings us to the bus. We like her, she has a very direct way of speaking and probably her own reasons for how everything is at the farm. Perhaps the farm isn't the priority but her girls and her family life are, who know what it could be. We could have stayed three weeks and enjoy it but with the departure of Jorge, we don't really see how the volunteers will be managed and so we prefer starting to discover the country.

 

We retain very good lessons in human management and have taken great pleasure of living at the farm, discovering the daily life, help with different ongoing projects and enjoy the magnificent nature. It is a good first experience. We leave with several ideas for interesting technical videos, everything is done by hand here.


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Semaine 1 - Costa Rica - De Paris à Chirripo

Après une escale curry wurst à Francfort, nous sortons prendre l’air dans la nuit chaude et étouffante des Caraïbes, République Dominicaine. Ca y est, il fait chaud.

Déjà s’éloignent de nous les froideurs hivernales françaises.

Quelques heures plus tard et une ecale plus loin,  nous débarquons à San José.

After an unavoidable curry wurt in Francfurt where we had a stopover, we breath in the hot stiffling air of the Carribbeans for another stopover. Exit the cold European winter and welcome to the tropical spring! A few hours later, we land in San Jose, Costa Rica's capital city.

Nous regardons à peine les bâtiments à la recherche de notre station de bus mais de toutes façons ce n’est pas une ville qui charmerait quiconque par son architecture. Alors que nous errons dans la ville selon de vagues directions, nous croisons une femme costaricaine, cheveux ramassés en queue de cheval, stricte et visage fermé. Un peu plus loin, alors que nous nous attardons à prendre une photo d’une locomotive à vapeur posée dans le jardin d’un bâtiment, elle s’approche de moi. Sans un sourire, elle me demande néanmoins où nous allons. Je lui répond et elle m’indique la direction et me décris l’endroit. Je la remercie et elle reprend son trajet. Pas souriante mais d’une gentillesse un peu rude peut-être. Serait-ce l’hospitalité à la costaricaine ?

We walk through the city, barely looking around us to a not really beautiful city. At some point, we pass by a Costarican lady. She is not smiling, wearing strict serious clothes and walking straight ahead unflinching. A moment later, as we are stopped in front of a gate taking pictures of a steam locomotive, she, in turn, stops and turns to me. "Are you lost? Where are you going?" I explain we are looking for the bus station. She helps us out with direction, says goodbye and leaves. She wasn't a smiling face but she was helpful and kind. Is this Costarican hospitality?


Quelques heures plus tard, nous voilà débarqués à San Isidro Del General dans le centre du pays.

L’air m’y paraît plus léger ici, serait-ce la province ou le visage plus détendu des gens ou parce que nous traversons un parc urbain où les gens sont posés à l’ombre à l’abri de la chaleur écrasante ? Je ne sais pas mais on s’y sent bien.

Un homme nous aborde pour savoir ce que nous cherchons.

Quelques heures ici et déjà on nous aborde pour nous aider.  « Il n’y a pas beaucoup de touristes ici » nous informe-t-il avec un sourire. Grâce à lui, nous savons où est la banque, un endroit où manger et la station de bus pour notre prochain bus. Nous sommes en route pour la ferme de Allan & Nurieth, la finca Cielo Verde à l’entrée du parc du Chirripo.

Pollo frito. Bus. Los Angeles. Ici on retrouve toutes les principales villes des US et de l’Argentine, l’empreinte est visible sur les cartes.

Nous descendons ainsi qu’un couple de ticos. Nous sommes au bord de la route, presqu’un chemin déjà. En face, il y a une petite tienda qui vend de l’eau, des sodas et des chips. Bref, l’essentiel à la campagne donc. Il se trouve que l’homme du couple c’est Jorge, le frère de Nurieth, et la femme Luzmarie, sa compagne. Et la jeune fille qui attend devant la tienda avec son backpack, c’est Esther, 18 ans, qui se balade en Amérique Centrale toute seule et volontaire également à la même ferme. Nurieth vient nous chercher et sa plus grande fille nous rejoint également, tout juste revenue de l’école. Nous nous entassons pèle mêle dans la voiture de Nurieth et nous partons sur les chemins de terre et de caillasse qui jalonnent la vallée et relient fermes et villages. 

A few hours later we arrive in San Isidro del General, at the heart of the country. The air here is lighter. People seem more friendly and relaxed. Is this because it is not anymore the capital city? I don't know but it feels good. Soon a man asks us where we are bound to and helps us out finding the bus station, a place to it and a bank to withdraw cash. We are all set. He informs us with a smile of his surprise to see us here as there are not many turists around here apparently. We are on our way to Cielo Verde, Nurieth and Allan's farm near the Chirripo park.

 

After some fried chicken and a bus ride, we get down in Los Angeles. Loads of towns around here have either american or argentinian cities' names due to the settlments of people from these countries. Along with us came down a couple of ticos (locals) and we find as well another young girl waiting in front of the small convenient store. The couple happens to be Jorge, Nurieth's brother, and Luzmarie his partner. The young girl, Esther, an american girl who is also going for volunteering at Nurieth's place. No one stops in the middle of nowhere for no reason it seems and Nurieth's place seems the only one around here. Soon after a younger girl arrives, Nurieth's daughter coming back from her school. Another moment and Nurieth appears in her car and we all pile up in there. The road to get to the farm has become a dirt track, we go over a river on a small bridge and observe the landscape. So green here!


A notre arrivée nous sommes accueillis par les chiens de la ferme - Pandito, Georgina, Toma, Willy, Fortuna - puis par les volontaires déjà présents qui en fin de journée sont tous réunis autour de la table à manger. Un peu plus tard, il fait noir, la nuit est déjà tombée à 5h du soir. Nous nous écroulons vers 20h30 dans notre lit.

Pas de décalage horaire pour nous. Les prochains jours, nous nous réveillons à 6h du matin et nous coucherons vers 20h30 maximum et nous sommes d'habitude ce qu'on appelle des couche tards.

 

Nous travaillons tous les deux dans les prés voisins de la ferme avec Jorge. Le premier jour alors que d’autres volontaires hommes étaient encore là pour leur dernier jour, j’essaie de me joindre à l’équipe qui sort de la ferme et dont Thomas fait partie parce que sur la ferme elle-même, on dirait qu’il n’y a pas grand-chose à faire à part arroser le potager, tâche qu’Ana a réalisé un peu plus tôt. Jorge et Nurieth me disent non tous les deux. Ce n’est pas pour les femmes. Pour ceux qui me connaissent un peu vous savez déjà que cette réflexion me fait bouillir. Thomas et moi voulons une ferme-auberge un jour. Son domaine sera l’auberge et moi ce sera la ferme. J’avais présenté le projet comme ça à un aubergiste qui m’a déjà dit « Tiens c’est marrant, d’habitude c’est l’inverse ». Les travaux de la ferme c’est pour les hommes dans l’imaginaire commun on dirait. Encore un domaine à conquérir pour la femme donc. Je passe la matinée un balai à la main à nettoyer l’allée de la ferme et ramasser ce qui traîne pendant que d’autres filles rangent et que les femmes préparent à manger. Je ne suis pas de bonne humeur.

 

Entre temps un de nos amis danois revient le visage en sang. Un caillou lui est tombé dessus d’en haut. Sa casquette l’a sauvé d’une plaie plus profonde. Au final ce n’est rien mais ca saignait bien, Jorge est revenu voir comment il allait et a pris des photos avec son portable.

 

Le lendemain, Tom m’aide et on insiste pour que je vienne. Je ne veux pas passer les 2 prochaines semaines cloîtrée à la ferme. Les autres volontaires masculins sont partis alors il ne reste que Tom et Jorge donc il m’accepte et nous partons.

Un rythme régulier s’installe alors que nous prenons nos marques et tentons de comprendre le fonctionnement de la "finca".

Les nuits sont bercées du son perçant des cochons accompagnés des aboiements des chiens entrecoupés du chant du coq à partir de 2h du matin. Réveil à 6h. Nous prenons un café puis Jorge, Tom et moi partons au "pasto"(paturage) chercher le ptit déj des chèvres, machette à la main et énormes bottes de pâturage au retour portées sur le dos, enfin la tête et les épaules pour moi vu la taille. Ensuite nous partons dans les prés où nous travaillons à construire un enclos pour les chèvres. Le terrain est en pente aigüe. Le soleil tape et les mosquitos de café s’en donnent à cœur joie. Je me fais dévorer les mains qui seront gonflées comme des moufles pendant presqu’un mois.

 

We are welcomed by a heap of dogs at the gate - Pandito, Georgina, Toma, Willy, Fortuna - then by the already present volunteers who are hanging around the dinner table at this time of the day. A few moments later, the night is already falling, it is 5pm. We have dinner soon after and are joined afterwards by two additional volunteers who are just coming back from a long day trek through up and down the Chirripo. 44km in one day, they got up at 4:30am and came back at 8pm. They seem slightly winded. At 8:30pm, Thomas and I crawl into our bed and fall asleep instantly.

 

No jetlag for us. The next days we will wake up at 6am maximum and sleep at 8:30-9pm at the latest.

 

We both work with Jorge in the neighbouring fields. On the first day however, seeing that there isn't much to do at the farm after Ana finished watering the small vegetable garden, I try to join the outgoing team of Jorge to go work in the fields. I am told by him and Nurieth that this is not work for women. If you know me, you know this is not the thing to say to me. I am internally furious. Once I had explained to an innkeeper Thomas and I's life project. We would like to establish one day a farm-inn, Thomas handling mainly the inn business and me the farm area. "Funny" had replied the man "it is normally the other way around." Farming is still nowawadays a pretty macho field of activity. Another one for women to conquer clearly. Anyhow, I spend my morning brooming the alleys of the farm and cleaning around, trying to occupy myself with what little there is to do, sharing these activities with other girls here while Nurieth and Luzmarie prep the food. I am in a mood.

 

Within this time, one of the crazy danish trekkers comes back to the farm, face full of dripping blood. Turns out a very small rock fell from pretty high and hit his cap. The cap helped protect his skull really and after cleaning the blood, it is only a scratch. Lucky him. Jorge came back and took some pictures as it was so impressive to see.

 

The next day Tom helps me to insist to our hosts that I join in on working in the fields. I do not wish to spend the next two weeks a broom in hand, I need to learn more stuff that has to do with farming. The other male volunteers left this morning, Tom is the only one left and all of us remaining are girls. Jorge could use another set of hands even if they are not male hands. We go out.

After this a kind of regular rythm settles in at the finca. Nights are animated by the thrilling sound of the pigs and the barkings of the dogs and punctuated by the roosters starting their concerto around 2am. We get used to it. Short before 6am we get up, grab a coffee and Tom and I leave with Jorge to go and cut some pasto (pasture) for the goats. With a machette, we make up huge bales of pasture and bring them back on our backs. Afterwards we walk back to the fields and continue working on the large pen, future home for the goats. The land is on a steep slope. The sun is hitting us hard and the mosquitos de café (sunflies) are having the time of their lives. I get my hands (the only uncovered part) bitten to a point that they swell to become not unlike those winter gloves one wears to go skiing and they will remain so for near to a month.



 

Nous faisons des huecos (trous) dans lesquels nous insérons des postres (troncs d’arbre) et ensuite nous y tassons de la terre avec l’arrancador (un nom un peu ronflant pour un bon bâton bien solide au bout rond). Au bout de quelques jours, nous avons fait le tour et nous installons le barbelé puis le grillage. Durant ce dur labeur qui se termine au pic du soleil, Jorge nous apprend ce qu’il sait des techniques que nous employons, il nous raconte ce qu’il aurait fait ici dans ces prés s’ils avaient été les siens et non ceux de sa soeur.

Il a l’idée naturelle d’une forêt d’arbres fruitiers. On est en plein dans l’agroforesterie. Lui n’y voit que du bon sens et de l’expérience bien sûr. Il a la tête sur les épaules et nous raconte ses divers jobs passés à prendre soin des bêtes ou des terres des autres.

Il aimerait bien avoir sa terre un jour c’est sûr mais pour ça il faut trouver de l’argent et des investisseurs.

Quand nous ne parlons pas des techniques ou du travail, Jorge nous apprend des expressions locales et des indispensables comme le crottin de cheval "tiercol" ou la bouse de vache "buñega". Tom se met à raper avec ces deux mots sur un petit air de reggaeton. Je vous l’avais dit non ? On est régulièrement à flanc de colline sous le pic du soleil…

Nous renvoyons l’ascenseur à Jorge et lui apprenons « horse shit » et « cow shit » et pour l’embrouiller gentiment on lui apprend « cheese » aussi qui avec son accent en anglais ressemble beaucoup à « shit » finalement. Nous continuons ainsi à apprendre les uns des autres. Tom et Jorge s’entendent à merveille, de cette relation bien masculine et complétement machos que peuvent développer rapidement deux hommes unis par le dur labeur partagé. Moi aussi, je porte, je creuse, je tasse et tout ça mais je reste une fille quoique les jours passant Jorge en vient aussi à m’inclure. Je sens qu’il ne voit plus comme une anomalie ma présence à ses côtés lorsqu’il lance « no es nada para un gallena fina » ou un truc comme ça, qui veut dire qu’on est fort mais surtout l’expression est passée au féminin juste pour moi. 

We make huecos (holes) in which we insert postres (posts) and then we pack the earth around it with an arrancador (a grand name for a wooden stick with a round end). After a few days, we have gone around the area and we put up the barbed wires and the grid. While we work, Jorge teaches us about what he knows on the techniques that we are using and tells us what he would do with those fields he they were his own. He sees a fruit forest. That is agroforestry in the way he speaks about it. To him it is just common sense of course. He is a solid guy and tells us about his past experiences taking of other people's land or flocks. He would love to have his own land but for this you need money and find investors. When the conversation isn't about the techniques or the work, Jorge teaches us essential vocabulary such as horse shit (stiercol) or cow shit (buñega). Tom starts a little rap music with these two words on a reggaton vibe. Did I mention we are working right there under the sun during long hours? We in turn let him know how this is said in English and because of his very thick accent, teach him "cheese" as well which sounds in his mouth the same as "shit" which could lead to pretty confusing dialogs down the road. We continue learning from each other and having fun. Tom and Jorge get along very well, with this kind of easy-going masculine way of bounding that is created when two men share hard labour together. I also dig, carry and pack the earth and all of it but I am still a woman. Notwithstanding, as the days go by, Jorge seems to accept me more and more. I see my presence next to him has become the norm when he says "No es nada para una gallena fina" or something similar which means something like "it's nothing for a strong person" but mostly the expression is in the feminine form.

Les après-midi sont libres. Nous nous baladons au village du coin, à une vingtaine de minutes de marche à travers de magnifiques cascades. Nous nous posons dans le bar, dégustons un "batido" (smoothie) et surfons sur le net pour préparer la suite de nos voyages respectifs. Workaway tourne à plein régime sur nos appareils mais il n’est pas si simple d’obtenir des réponses positives finalement.

Fort de notre nouvelle connaissance des environs, nous décidons un jour de revenir en faisant un détour par le parc du Chirripo. 

Afternoons are free. We leave for an expedition to the closest village. On our first try, along with Esther, we get lost but end up getting  good mental map of the surroundings. It's all dirt tracks and fields with isolated farms along the way, sometimes through jungle patches too and across rivers. At the village, we settle in a bar and while enjoying a batido (smoothy) we surf the internet in search for our next volunteering. We decided to try out Workaway as a website, more user-friendly but we don't get many responses.

 

Another afternoon, we feel confident enough to try out a new way to get back to the farm after our internet run. It is a longer one but will be a change and goes through the Chirripo park which let's us hope for nice views. 

Globalement la trajectoire se tient et Tom se base sur les dires d’un chico rencontré sur la route à qui on a demandé si on pouvait faire le tour « par l’autre côté ». Ana et Elissa nous accompagnent dans l’aventure, elles sont là depuis plus longtemps que nous, une ou deux semaines au moins. Ana est allemande, la peau bronzée par le soleil et une allure cool et zen. Elissa est américaine, en reconversion dans l’agriculture et comme nous a soif d’apprendre, son mari la rejoindra plus tard, ils vont à un mariage au Costa Rica. Elle a fait un tour par le Panama dans une autre ferme où elle a beaucoup appris. Alors que nous nous baladons le long du détour, nous échangeons nos impressions de la ferme. Nous sommes tous d’accord que ça pourrait être mieux organisé. Les volontaires « filles » à la ferme n’ont pas de projets et que peu de choses à faire comme du rangement ou du ménage.

L’apprentissage n’est pas au top et pourtant il semble que la ferme recèle d’opportunités car il y a tant à faire et à améliorer que c’est visible même pour des nouveaux comme nous au bout de quelques jours. Nous, avec Jorge, on travaille dur et parfois Tom aimerait bien alterner avec des activités un peu moins physiques ou simplement autre chose pour apprendre du nouveau. Finalement on trouve un chemin, c’est l’entrée du parc. C’est écrit qu’il faut des tickets. Bon mais nous on ne veut pas faire l’ascension du mont, juste passer et ressortir de l’autre côté de la vallée. On y va. 

Tom got it from a chico we met on the road that it is possible to go around this way and back to the farm. Ana and Elissa come with us. They are here longer than us by a week or two. Ana is a relaxed and sun-tanned German girl and Elissa is american also transitioning to agriculture and looking to learn about it, she is spending her time on the farm until her husband joins her to attend their friend's wedding in Costa Rica a few days later. She just arrives from a farm in Panama where she had the chance to learn a lot. While we walk, we discuss our experience of the farm. We all agree things could be better organised. The "girl" volunteers don't have much to do on the farm except some clearning . There isn't a lot of learning opportunities on the farm even though, even for newbies like us after a few days, it is evident the farm has a great potential and there are plenty of little projects that could be lead to make it a very nice permaculture and organic farm. Tom and I work with Jorge so we learn some things but it is always and only the most physical work, there are enough volunteers to organise some rotations to avoid that we all do the same things all the time, but there isn't much organised, that is the point. And so we talk about these last few days and other things. While the conversation rolls on, we walk and walk under the sun, our water runs thin. We reach the entry of the Chirripo park. It is not free but we are not going through and up we just want to walk across the lower part to reach the other side of the valley where our farm is located. We go in.


Une vingtaine de minutes plus tard à s’enfoncer dans la forêt et à grimper on se demande si on ne devrait pas faire demi-tour quand finalement au détour d’un virage nous trouvons un chemin qui part dans la bonne direction et chose encore plus rare, il y a un panneau qui nous confirme que notre ferme est bien par là. Ca nous redonne de l’énergie. On commençait à se dire qu’on allait devoir se taper le retour dans le noir et nous n’avons plus d’eau et pas de lampe de poche.  Après un sentier descendant caillouteux et plein de feuilles mortes qu’Ana négocie en sandales sans problème et sans se casse la cheville ( !), nous remontons doucement et émergeons de la jungle sur la crête d’une colline. La vue est à couper le souffle. C’est la golden hour, le soleil émet déjà sa douce lumière dorée qui annonce la fin de la journée, nous dominons la vallée toute verte sur laquelle s’étale bosquets, pâturages et prés où paissent quelques vaches. Ici ou là on voit des habitations nichées dans la nature. L’humidité de la forêt épaisse n’est plus là et c’est un grand air vivifiant et une légère brise qui nous accompagnent alors que nous cheminons sur un chemin bordé de jolis arbres dont certains en fleurs et d’autres lourds de fruits. Il y a un petit air de Pyrénées, en fait c’est l’effet de la campagne montagneuse qui fait ça. Nous sourions tous bêtement, heureux de se trouver dans cette nature si belle et accueillante. Les inquiétudes d’il y a une vingtaine de minutes oubliées. Arrivés à la ferme, nous dînons tous ensemble. C’était une bonne journée.

Twenty minutes later we are still going up and deeper into the jungle. We start to wonder and worry that we are not going in the right direction. The sun comes down really fast here and we don't have any torch lights with us so it could become tricky in the middle of the mountain. Lucky for us, after a last turn, we reach a crossing. The way to the left is up and deeper into the park, the right one is down and towards Los Angeles, even indicated on a sign ( a rare thing around here!). Happy, we go down the path which is full of rocks and dead leaves. Tricky for Ana who is wearing sandals I think but she makes it thought unharmed and pretty easily actually. The path goes softly up and suddenly we end up on the crest of a hill, on a little path that winds its way in between the pastures on each side with a magnificent view on the whole valley. The air is vibrant and suddently we feel the wind blowing softly on our skins. Coming out of the forest, the sun is back and shining but not at full strength as we are reaching the end of the afternoon. It is the golden hour and the landscape has a romantic soft feeling with its nice curves and its light green under the rays of molten gold. Here and there we see houses nested in the middle of the lushious green and some cows peacefully grazing around. We all have a smile on our faces, the earlier worries forgotten in the midst of the benevolent nature. Feels for me a little like the Pyrenees back in France, a moutaneous yet very green landscape full of life and peace. After a while we reach the farm and have a nice dinner altogether. Another good day ends.

Après une autre matinée de dure labeur, nous rentrons un peu plus tôt pour faire nos affaires et nous doucher. Gentilment Nurieth nous propose de nous déposer à l’arrêt de bus, nous économisant ainsi 20-30min de marche avec nos petits sacs sous le cagnard. Nous commençons à peine à la connaître. Nurieth est une femme forte à mon sens et entière.

Nous sommes chez elle et nous faisons les choses à sa façon. Cela ne plaît pas à tout le monde et nous-mêmes ne comprenons pas toujours sa façon de s’organiser et gérer ce petit monde qu’est la finca et sa population. Avec de la curiosité et quelques questions, Nurieth n’hésite pas à expliquer et même enseigner et elle me dirige notamment vers ses cours. Je crois qu’elle est bien typiquement costaricaine, vous savez, comme je vous ai raconté plus tôt, un mélange de chaleur et de rires et de mine renfrognée impérieuse, voir presqu’intimidante parfois. Nous sommes chez elle pour bosser et apprendre ce qu’on peut alors on s’adapte.

Quelques heures plus tard, nous sommes sur la route pour Manuel Antonio. En théorie ce n’est vraiment pas loin de San Isidro del General mais notre bus s’arrête à toutes les plages on dirait. Ce serait une visite sympa si ce n’était l’envie de pisser qui me tenaille depuis des heures et que les vibration du bus sur les chemins caillouteux aux abords des dites plages ne rendaient pas la chose tout à fait intenable. Nous avons le temps de remarquer diverses ambiances et surtout un changement de décors drastique.

Sur les côtes, le tourisme est roi et a envahi les lieux.

Les pancartes sont en anglais, les bars légions, les boutiques multiples et les hostels se succèdent aux hôtels. Il se dégage un sentiment général de vacances relaxes et sans soucis et également sans questions posées. On voit peu d’habitations finalement ou de commerces « normaux ». Nous arrivons à Quepos. Une petite ville où se mélangent le tourisme et la vie quotidienne. Nous débarquons et embarquons dans le bus local et là nous découvrons une succession ininterrompue de resorts, d’hôtels et gros restaurants à l’américaine. Nous nous arrêtons au milieu de cette longue pente vers la plage pour trouver notre auberge. Après avoir déposé nos sacs il fait déjà nuit, elle tombe tôt ici, nous partons en quête d’un dîner. Après un apéro très rigolo sur la plage, nous entrons dans le premier restau venu en face de nous, façon saloon. C’est une expérience tout à fait étrange. Nous sommes transportés aux Etats-Unis, celui des films ou des séries d’il y a une dizaine d’années. Un saloon, un groupe live de rock bien américain, de gros américains tout blanc partout et des serveurs complètements bilingues qui ne font même pas semblants de commencer en espagnol et t’expliquent d’un air blasé le happy hour de la maison. La nourriture est franchement décevante mais nous rentrons le ventre plein d’autres choses que du riz et des frigoles (haricots rouges) qui ont constitué l’essentiel de notre alimentation matin, midi et soir à la ferme.

Another another morning of hard work, we go back to the farm, prep our stuff and take showers. We are off for the weekend to Manuel Antonio, a pacific ocean side town with a famous park. Kindly, Nurieth offers to drop us by car to the bus station. We are just starting to get to know her. To me Nurieth is a strong woman with a strong character. We are living at her place and therefore have to function by her rules. It isn't to the taste of everyone and even us sometimes have difficulties understanding her way to manage this whole little world. However with curiosity and a few questions, Nurieth does not hesitate to explain and teach, she even directs me to some course material of hers for me to learn. She might be this typical costarican way I had noticed when we arrived the first day in the country, a mix of warmth, huge laughs and sullen faces, sometimes commanding or even intimidating. Anyhow, we are here to work and learn what we can so we adapt.

A few hours later we are on our way to Manuel Antonio. Theoretically it is not so far from San Isidro Del General but our bus is stopping at every beach on the way it seems. Notwithstanding a terrible need to pee and the dirt roads making the bus vibrate in an unbearable way, it would have been a nice visit. We still get the chance to notice various atmosphere and a drastic change compared to the inland towns. Here on the coast, tourism is th king and has invaded everywhere. There are signs in English everywhere, bars are followed by hotels and hostels and malls. We don't see much of "normal" houses or shops. The general feeling is a relaxed holiday area with no worries and no questions asked. We arrive in Quepos. A bigger town which seems a good mix between tourism and daily local life. This is the entrance of a crazy place though. Riding the local bus towards our hostel, we discover an uninterrupted series of huge hotels and huge restaurants going all the way down to the beach and into a town called Manuel Antonion exclusively constituted by other huge american restaurants, hotels and bars. It is a very strange experience. After a nice drink on the beach at night, we end up in a saloon full of northern americans, with a live country music band and menus in English. The waiters, locals, don't even bother to speak to us in Spanish and explain us how the happy hour works after taking our order. The food is utterly disappointing but we end up the bellies full of everything but red beans and rice for a change.


 

 Le lendemain nous décidons d’aller au parc Manuel Antonio. Nous sommes ravis, nous nous sommes levés tôt malgré le coucher un peu (22h max !) tardif de la veille. Le rythme de la ferme nous suit. C’est parti. Arrivés au guichet des tickets, nous n’avons pas assez d’espèces. C’est tellement cher ! Et malgré le signe « visa », on ne peut pas payer en carte. Nous repartons en arrière. Tom pas content et moi désemparée. Le soleil monte déjà et il commence à faire chaud. Finalement, Tom pique un sprint et grimpe la côte pentue jusqu’à la borne de retrait. Seconde tentative et cette fois c’est la bonne. Impossible de rater l’entrée du parc, les touristes y convergent comme les affluents d’un fleuve et s’engouffrent seuls ou accompagnés de guides à l’intérieur. Pas de guide pour nous, on a déjà assez raqué comme ça. Tom a son objectif zoom et moi de petites jumelles que j’ai ramenées de France, miennes depuis ma toute première colonie de vacances. Allez on entre et on se retrouve sur une large route caillouteuse bordée d’arbres et envahie d’essaims de touristes aggripés à un guide, s’agglutinant autour de leurs longue-vue. Nous passons à proximité, écoutons et pointons nos appareils dans la même direction. Un chemin vers la gauche, le panneau indique cascade, on y va. Le chemin est plus étroit, cimenté carrément. Nous cheminons à travers des groupes éparses et plus petits de touristes sans guide. Il n’y a probablement rien à voir par ici. La cascade est à sec mais nous rencontrons un couple de français, nous sympathisons et ferons une bonne partie de la visite ensemble. Au retour un guide montre quelque chose, on s’arrête, on vise, c’est un paresseux. La visite continue et on verra d’autres paresseux, des singes de plusieurs types, des oiseaux, des iguanes, des mapachos et des pizzotes (sortes de blaireaux). Il y a pas mal d’animaux mais le plus présent de tous est bien le touriste qui grouille sur les petits chemins de pierre bien bordés du parc, qui s’étale sur les superbes plages qui s’étendent de chaque côté d’une petite presqu’île. C’est un peu disneyland avec ses animaux vedettes et ses chemins artificiels, ses touristes émerveillés et un sens aigu du business qui imprègne tout l’endroit.

 

Nous quittons Manuel Antonio, un peu reposés mais pas franchement émerveillés par ce petit bout d’Etats-Unis. A San Isidro dans les hauteurs, on respire déjà mieux, il fait plus frais et l’ambiance est relaxante.

Le retour à la ferme se fera à pied et dans le noir, n’ayant pas réussi à joindre Nurieth mais après ces 40 minutes de marche, nous avons le plaisir de découvrir de nombreux volontaires devant un bon repas. Nous sommes de retour au pays du frijoles et du riz. Je reste surprise de la créativité des arrangements pour les repas qui permettent de manger principalement ces deux ingrédients sans « trop » se lasser. Ils sont sautés, cuits dans l’eau, en soupe, mélangés ou non, accompagnés de salade ou d’œufs ou de viande ou de poisson ou de pâtes. On finit malgré tout par s’en lasser bien sûr avec le temps mais celui-ci est incroyablement long grâce à la créativité des cuisinières, Nurieth et Luzmarie principalement.

 

 

C’est parti pour une autre semaine à la ferme !


On the next day, we decide to go visit the park. We are up really early even after our "late" night - 10pm - last night. Happily we queue to the ticket counter for the park. It's 16$ to get in! We thought we had enough cash with us but it isn't the case with such an expensive fee and notwithstanding the visa sign, we cannot pay by credit card. A bit dismayed, we wonder what to do next. Tom is not happy. Finally he breaks into a run and runs all the way up the hill to the cash machine while I wait and as the sun is getting warmer and warmer by the minute. And in we go. The entrance of the park is easily recognizable, there is an endless stream of tourists and their guides going to it. It looks like multiple affluents ending up in the main river flow leading to the gate. No guide for us, we paid enough. Tom has his zoom lense and I have small binoculars that date back from my first nature holiday when i was much younger. After the gate, we follow a road where we already see the guides and their hives stopping here and there, buzzing around the spotting scope. We approach carefully and listen, point our own devices in the same direction and spot the attraction. On the left, a less crowded path leads towards a waterfall, or so the sign says. No guides there, the waterfall turns out to be dried out for the season. However we meet a nice French couple and we'll walk with them for the rest of the visit. On the way back to the main road, we spot a guide who spotted something. In turn, we spot the sloth on its branch, slothing around. Along the visit, we will see other sloths, various birds, pizzotes and mapachos which are types of racoons and even a deer (the less exotic of the animals by far). There are a number of animals here but the most frequent of all is the tourist swarming on the little paved trails, spreading itself on beach towels on the beautiful beaches framing the park on each side of a little peninsula. This park and its surrounding town seem a little like Disneyland with its star animals, its artificial paths and an acute and very pregnant business acumen

 

We leave Manuel Antonio the next day, a little bit rested but not really taken by this little piece of USA. In San Isidro Del General, we breathe a little easier, the air is fresher than on the seaside and the less touristy atmosphere is more relaxing. The last segment of the return will be a 40 minute walk in the dark as we could'nt reach Nurieth by phone but we will be back on time for dinner and have the pleasure to meet the newly arrived volunteers for the following week. We are back in the frigoles and rice land. I remain pretty impressed by the way these two elements are served and arranged to preserve from a taste-boredom attack. They are served cooked in water or fried, separated or mixed, with egg or chicken or fish, with vegetables or not, in a soup or with pasta even. You do end up bored at some point but it takes a much longer time to reach it thanks to the creativity of Nurieth and Luzmarie the main cooks of the farm.

 

Here we go for another week at the farm!

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