Rancho Mastatal - Puriscal - Costa Rica - Fr

EN BREF


Le Rancho Mastatal est situé à l’entrée du parc national du Mastatal, non loin de la ville provincial Puriscal au Costa Rica, au milieu de la jungle. C’est un immense domaine de 300 acres soit 120 hectares dont seuls 15 acres soit 6 ha sont utilisés soit pour la construction d’habitats et de lieux de vie soit pour la production de nourriture. Le reste du terrain est protégé pour la faune et flore sauvage et fait ainsi parti d’un programme national pour l’environnement.

Il s’agit d’une ferme sœur de la finca Bona Fide au Nicaragua et de nombreux échanges de personnel notamment ont lieu.

Fondée par un couple Robin et Tim en 2000, il s’agit d’une ferme expérimentale et pédagogique en permaculture et agroforesterie qui reçoit près de 1000 personnes chaque année. Elle n’est donc pas autonome mais s’efforce de se fournir localement permettant ainsi aux locaux de vivre également du trafic touristique. On y trouve un véritable petit village en éco-construction, une gouvernance sociocratique de la communauté composée de permanents et volontaires apprentis.


LA VISITE

Nous restons trois jours et deux nuits sur la ferme. Le prix un peu cher est raisonnable au Costa Rica surtout qu’il inclut les repas du matin, midi et soir que nous prenons avec toute la communauté et les visiteurs. 


LE LIEU



Nous sommes hébergés dans une superbe structure en bambous formée d’une plateforme ouverte sur la jungle et d’un rez-de-chaussée contenant une cuisine sommaire, une terrasse et une autre chambre.

Il s’agit d’une éco-construction appartenant à un de leurs amis mais que le rancho exploite pour eux. On y accède par un chemin tracé au milieu de la jungle. La douche et les toilettes sèches sont ouvertes sur la jungle et également montées sur une plateforme, on passe d’une structure à l’autre par un petit pont de bois couvert.

De ce chemin nous marchons cinq minutes à travers le hameau qui contient une ou deux habitations, une école primaire et un lycée ainsi qu’un bar et une bibliothèque. Un bus arrive de Puriscal une fois par jour dans l’après-midi et en direction de Puriscal à 5h du matin.  Les routes alentours mènent à d’autres habitations ou fermes largement espacées.

La ferme se compose d’un gros morceau de 235 acres d’un côté de la route et de 65 acres de l’autre. Sur le premier on trouve le domaine naturel et préservé au sein duquel le Rancho a aménagé un petit chemin de randonnée menant à une cascade naturelle. On y trouve également le bâtiment principal de la ferme, réalisé principalement en éco-construction au sein duquel on trouve un bureau, une chambre, une salle de bain moderne et une cuisine ouverte sur l’arrière du bâtiment qui est couvert et comporte une très longue table où se prennent les repas. A côté, un autre bâtiment également en éco-construction contient l’atelier de transformation de la nourriture et une magnifique alcove onde composée de bancs et agrémentée de coussins où les permanents et volontaires peuvent se réunir.

Devant le bâtiment principal, on trouve quelques carrés de potager dont certains sont dédiés aux apprentis qui y font pousser ce qu’ils veulent. Le reste est complètement rempli de plantes comestibles, le but étant de remarquer celles qui se portent le mieux sous ce climat et sur cette terre afin ensuite d’en généraliser l’utilisation. Derrière, après la zone de repas, on retrouve à nouveau des plantes comestibles ainsi qu’un chemin qui mène à de superbes toilettes sèches en éco-construction également et qui sont raccordées à un biodigester qui fournit du méthane à basse pression pour la cuisine. Celui-ci est complété juste à côté par un second biodigester à base de bouses de vaches car la production humaine est insuffisante.

Plus haut le long de la route ainsi que plus bas par rapport à la ferme, on trouve, accessible par des entrées séparées, d’autres éco-construction qui sont les petites maisons habitées par les fondateurs et certains permanents. Ceux-ci ont chacun autour de chez eux du terrain dans lequel on trouve d’innombrables plantes comestibles également. Lors de notre passage, une nouvelle maison y était en cours de construction.

De l’autre côté de la route, se trouve la forêt fruitière ainsi que la nursery des plantes, un poulailler, un atelier pour la construction de fournitures d’intérieur (chaises, tables, lits,…etc.) ainsi que pour certains travaux de charpenteries. La forêt est organisée de façon à maximiser le nombre d’arbres pour l’espace tout en prenant en compte le terrain (certaines parties sont en forte pentes), régulièrement on trouve des arbres non fruitiers utilisés comme fixateurs d’azote afin d’aider les fruitiers à pousser. Dans cette forêt le but est de déterminer les espèces qui demandent le moins d’amendement du sol pour produire afin de promouvoir des espèces qui donnent avec le moins de travail possible. Il y a peu ou pas du tout d’arrosage dans ce grand verger. Disséminés dans la forêt fruitière, on trouve le long d’un chemin plus ou moins circulaire et à la manière d’un mini-village, un certain nombre d’éco-constructions qui constituent les dortoirs pour les apprentis et pour les visiteurs, notamment les classes d’étudiants. Il y a également une belle construction en bois qui est une salle de classe et de yoga. Lors de notre passage, deux maisons en éco-construction étaient en cours de construction. Certaines des maisons sont d’impressionnantes et originales structures de bambous ou sont équipées de jolis murs en cob décorés de mosaïques colorées. Régulièrement, une salle de bain ouverte avec douche et toilettes sèches complètent le petit village.




LA GESTION DE L'EAU ET DE L'ENERGIE

L’eau est fournie par la montage et le parc national du coin. Les eaux grises sont rejetées au pied des arbres fruitiers car le savon utilisé est produit sur la ferme et est donc complètement naturel. L’ensemble des toilettes sont des toilettes sèches. Des toilettes qui produisent du compost pour les arbres fruitiers. Une des toilettes est connecté à un biodigester, qui produit du méthane à basse pression pour la cuisine. Celui-ci est complétée par un biodigester à base de bouses de vache qui alimente la cuisine via les mêmes tuyaux.

Une partie de la cuisine fonctionne avec un rocket stove afin de diminuer la fumée respirée par le cuisinier et qui utilise efficacement le bois. Celui-ci est employé pour les préparations qui seront ensuite stockées. 


LES DECHETS


La plupart des déchets sont végétaux et donc mis au compost ou aux poules. Les excréments humains sont utilisés via les toilettes à compost ou le biodigester. Le problème des déchets non organiques se posent ici spécialement car le Rancho est très isolé. Bien sûr un maximum est réutilisé car les préparations maison sont nombreuses. Il semblerait que la communauté présente sur le site ne produise que peu de déchets toutefois car il n’y a pas alentour de commerces qui vendraient des choses productrices de déchets. Il s’agit toutefois après le passage des jeunes américains d’une classe de se débarrasser de leurs déchets de produits transformés apportés et consommés sur place. Une consigne d’accueil est la demande à tous les visiteurs de collecter et emporter leurs déchets avec eux.




LE FONCTIONNEMENT DE LA FERME


La ferme a été fondée par Robin et Tim. Rapidement, la communauté s’est agrandie de permanents. Il y en a sept. Ils ont tous une maison en auto-construction ou elle est en cours de construction. Ils avaient commencé par inviter des volontaires pour des périodes variées, voir même des séjours courts, toutefois la gestion s’est avérée compliquée, notamment en comptant en plus les périodes d’accueil des élèves. Du coup, ils ont décidé de prendre sept apprentis qui restent entre six mois et un an afin d’apprendre à leur côté, réaliser leur cours certifiant en permaculture et fournir ainsi une main d’œuvre qualifiée pour la ferme. Ceux-ci sont logés dans une éco-construction dortoir et de petites maisons seront également construites afin d’agrandir l’espace pour les apprentis. Chaque apprenti suit donc le programme de formation et entreprend également un projet personnel (par exemple tester de nouvelles fermentations, s’occuper d’un carré de potager avec des plantes de son choix, surveiller la vanille…etc.) Il y a également du staff local pour réaliser notamment les repas du midi et aider au repas du soir. Lorsqu’il y a des classes d’enfants collégiens ou lycéens présents, il y peut y avoir plus de quarante personnes sur le site. En plus ils accueillent également, comme nous, des visiteurs occasionnels.

Les apprentis et permanents se retrouvent chaque matin dans le bâtiment principal après le petit déjeuner pour organiser les activités de la journée. Les quotidiennes sont déterminées par tour d’un mois ou moins selon l’activité. Puis la journée est partagée entre pédagogie et missions ponctuelles nécessaires au Rancho. Une fois par semaine, tout le monde se réunit dans la salle de « réunion » du Rancho, un espace rond, tout en courbes, ouvert mais couvert et agrémenté de coussins. Il s’agit là de réaliser un cercle de confiance où la bienveillance est particulièrement mise en valeur et c’est le moment pour chacun de parler de ce qu’il ressent, de la façon dont il a vécu la semaine et des éventuels conflits ou déceptions. Chaque soir, avant de dîner, et avec l’ensemble des personnes présentes sur le domaine et partageant le repas, tout le monde se donne la main et au hasard de ceux qui veulent, une personne s’empare de la parole et dit ce dont elle est reconnaissante pour cette journée, le cercle se termine par l’apprenti responsable qui décline le menu du soir puis une formule générale de gratitude prononcée tous en même temps.

L’organisation des relations humaines et le facteur humain sont selon Tim le domaine le plus difficile à gérer et qui peut aller jusqu’à l’échec total d’un lieu si mal organisé. Ainsi les permanents sont arrivés au fur et à mesure et selon des relations non clairement définies. Au début tout allait bien mais progressivement des tensions peuvent se créer lorsque la relation entre les individus n’est pas clairement définie. C’est pourquoi Tim travaillait à mettre en place non seulement une gouvernance mais également une sorte de description de poste des permanents de la communauté, car il s’agit non seulement de définir des périmètres de responsabilité mais également bien sûr les droits et reconnaissances en retour de ces responsabilités de façon un peu plus formalisée afin d’éviter les incompréhensions et éventuelles tensions. De même le programme des apprentis est bien défini ainsi que les règles d’accueil des classes et des visiteurs. Dans l’ensemble la gouvernance appliquée est une sociocratie et se déroule selon le mode du consentement, bien plus efficace que le consensus. Ainsi, le consentement veut dire qu’à moins d’être totalement opposé à la décision pour des raisons très fortes, la décision portée au sein de la communauté est prise en l’état. Il s’agit pour chacun de savoir si l’on peut vivre avec cette décision et non pas d’être d’accord ou non avec celle-ci.


L'ECO-CONSTRUCTION



Le Rancho Mastatal est impressionnant notamment par ses éco-constructions qui composent un véritable village à travers le domaine. Non seulement elles sont nombreuses mais sans cesse améliorées de la première à la plus récente et très souvent magnifiquement décorées. Voir la vidéo éco-construction ici.

Il y a deux constructions remarquables entièrement en bambous dont une réalisée par un architecte de passage dont la base est de 1m² alors que les étages supérieurs ont une surface largement plus grandes. D’autres constructions combinent plateformes en bambous et murs en cob, un mélange de fine paille, de chaux et d’argile/terre. Les constructions sont toutes terminées par un enduit de chaux lisse qui donnent aux murs un aspect lisse et doux. Des couleurs sont introduites à ce moment ainsi que des décorations avec des petites pierres ou mosaïques insérées dans les murs. Chaque construction a une petite touche artistique, voir une grande, et présente son caractère spécifique.

Les salles de bains sont toutes ouvertes et couvertes. Certains toilettes et douches ont la face ouvertes tournées vers la jungle de sorte que l’on prend sa douche ou fait ses besoins face à un superbe panorama de jungle. Elles sont toutes disposées en hauteur sur une plateforme notamment pour placer les cuves à compost en dessous suffisamment basses. Elles sont joliment travaillées toutes en courbe et parfois agrémentées de mosaïques. L’une d’elle a même été travaillée en tadelakt, ce qui produit une surface extrêmement douce et lisse, tout en restant chaude au toucher.




LE PRODUCTION DE LA FERME


Avec plus de 1000 visiteurs toute l’année, le but de la ferme n’est pas l’autonomie alimentaire, en tous cas pas au niveau du domaine lui-même mais plutôt par intégration au sein de l’écosystème local car tout ce qui n’est pas récolté sur la ferme provient du village et des fermes productives environnantes. Tim pense beaucoup à l’intégration du Rancho au sein de la communauté locale et promeut une autonomie à ce niveau. Ainsi la ferme réalise notamment toutes ces expériences d’arbres fruitiers et plantes pour ensuite réaliser des formations de locaux et tenter de distribuer la connaissance acquise afin d’augmenter la résilience et l’indépendance de la communauté face au reste du pays et du monde.

Toutefois, on trouve sur le domaine beaucoup de plantes comestibles qui atterrissent dans les assiettes en salade ou en plat et en sauces et boissons (du kefir ou des smoothies…ETc.) préparées sur place. Du katuk par exemple, une plante aux petites feuilles à goût de noisettes. Du Açaï, une plante récoltée pour en faire une boisson. Du yucca, de la moutarde, des petits poivrons piquants.  Des arbres fruitiers, il y a plus de 40 espèces différentes : mandarines, bananes, ananas, mangosteen, rambutan, peach palm, mangues, citrons, oranges mais aussi de la vanille, des heliconias pour les colibris, du poivre sur des arbres fixateurs d’azote.

La ferme produit également son propre savon afin de s’assurer que les eaux grises ne sont pas polluées par des produits chimiques et en met à disposition de tous les invités à cet effet ;

Il y également une trentaine de poules, pour les œufs, et des ruches pour le miel. Il y a eu des chèvres comme une expérience, toutefois, le soin à apporter est trop important par rapport à la production de lait et de fromages. De plus, aussi proches d’un verger immense, celles-ci sont bien dangereuses.


Contact:

http://ranchomastatal.com/


Vidéos techniques réalisées sur le lieu:


Fermentation et Kéfir



Introduction à l'écoconstruction



Plâtres en écoconstruction



Recette Piments à la Méxicaine



Biodigesteur



Portraits:

Timo

Amber


Blog de voyage - Travel Blog:

Semaine 7: Costa Rica - De Puriscal à Cahuita

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