Alôsnys - Bourgogne - France - Fr

EN BREF


Il est difficile de résumer brièvement l’essence de ce lieu si particulier en constante évolution. C’est une ferme pédagogique qui lors de notre passage cultivait entre 4500 et 5000 plants sur un peu plus d’un demi-hectare. Cet éco-centre propose un superbe potager en mandala dans lequel pousse pêle-mêle des légumes, des fruits, des fleurs comestibles et des plantes médicinales ainsi que quelques buttes et serres de culture et un verger.  Quelques animaux sont présents pour aider au jardin et participer à l’aspect pédagogique. C’est un jardin ouvert à ses adhérents pour la cueillette que l’on règle ensuite avec un tarif préférentiel, on peut y acheter quelques produits transformés sur place, on peut également y réaliser des stages de formation et les projets de développement de nouvelles activités autour de l’autonomie et de la nourriture saine sont nombreux.

Aurore et Bruno en sont les fondateurs et les premiers habitants. Bruno est agriculteur et Aurore a exercé de nombreuses activités autour des jardins, de la permaculture et de l’animation pédagogique avant de se consacrer à la création d’Alosnys. C’est avec Aurore principalement mais également avec Bruno que nous réalisons une semaine de formation afin de découvrir les principes fondamentaux de la permaculture.

« Ce qu’il y a de bien avec la permaculture, c’est qu’on peut faire d’une pierre, trois coups. »


LE LIEU


L’objectif du lieu, nous explique Aurore, est tout à la fois productif et esthétique. On découvre donc à l’entrée du jardin, une petite cabane des saveurs dont le toit est végétalisé et qui est équipée d’une petite buvette et d’une grande table en bois. Ce sera l’espace pour les cours théoriques ainsi que celui des dégustations de sirops du jardin.


Devant cette cabane, un petit espace de pelouse fleurie mène au point de vente à la ferme, ouvert. Celui-ci a donc une caisse pour faire les comptes et également sous son toit de tôle, qui chauffe avec le soleil, des bacs dans lesquels sèchent diverses plantes. L’endroit bien aéré est idéal pour cette activité de conservation. Attenante à la cabane se trouve une cave, fermée d’une porte en bois, creusée dans la terre et végétalisée à l’extérieur d’une épaisse couche de plantes, fleurs et kiwi côté soleil et bambous au nord. Cette cave est bien plus froide que la température estivale et permet la conservation au froid, en sable ou non, des légumes qui sont adaptés à ce mode de conservation (potiron, patates, pommes par exemple).


Derrière cette cave, nous trouvons plusieurs serres alors qu’en face de la cabane s’ouvre le potage en mandala. Derrière la cabane, se situe un petit pré pour les poules et les oies puis au-delà le corps de ferme. Commençons par les quelques serres situées en haut de ce terrain en pente douce. Il y a une cabane abritée dans laquelle de des établis assez haut permettent de travailler debout afin de réaliser des plaques de semis. Non loin, on trouve la serre à plants dans laquelle ces plaques sont déposés sur des établis similaires tout au long ainsi qu’au milieu afin de permettre une surveillance régulière, sur le chemin vers le potager, ainsi que l’arrosage. A côté on trouvera une ou deux serres dédiées à un mélange de plants de tomates, poivrons, piments, basilic et compagnons dans des lits surélevés et entourés de bois pour faciliter les déplacements au sein de la serre et la culture sans trop se pencher car il est possible de s’assoir sur le rebord des bacs ainsi formés.


Descendons vers le potager en mandala, au passage on y trouve un gros tas de compost prêt à être utilisé sur lequel court quelques courgettes qui se plaisent dans ce riche terrain.

Le mandala est tout à la fois un concept philosophique et une figure énergétique vibratoire. Concrètement, c’est une sorte de labyrinthe en cercles concentriques, dont le centre ici est occupé par une mare. Il est impressionnant de constater le bien-être qui nous envahie lorsque nous parcourons ses petites allées, creusées le long de ces buttes en rond, hautes de près de 60cm à leur sommet. Ces buttes offrent des expositions variées vis-à-vis de la lumière et l’ensemble produit une effet esthétique saisissant vu du ciel (à retrouver sur leur site ici). De plus, il offre un terrain de jeu incroyable pour des enfants qui adorent se perdre dans ce labyrinthe fertile.  On y retrouve beaucoup de plantes médicinales, des aromates et des fleurs comestibles ainsi que des légumes en tout genre et de toute hauteur. Ceux-ci sont agencés par association favorable le plus possible. Les buttes sont régulièrement amendées de compost et paillées afin de préserver la qualité et quantité de terre fertile. La terre des allées est également remontées sur les buttes chaque année afin de limiter l’affaissement. Les tailles éventuelles ou les feuilles et branches tombées naturellement sont laissées sur place afin de redonner à la terre des éléments nutritifs. La couche de paille y est assez épaisse.

Après ce mandala, on trouve d’autres petits espaces de culture avec des buttes en ligne de différentes sortes. Mais juste avant, on découvre une nouvelle mare, celle des canards. Ils sont 16 à notre passage. Quand nous y sommes ceux-ci sont confinés dans leur espace propre car le potager est en train de donner, mais ceux-ci sont parfois lâchés selon la période dans le potager afin d’en dévorer les limaces.

Un espace entre le mandala et les autres buttes et serres en bas du terrain est entretenu avec deux moutons d’Ouessant qui s’affairent à tondre le gazon et limiter la prolifération d’autres herbes. Autour du mandala, il y a des allées enherbées qui sont donc sous la responsabilité de ces deux petits moutons.

Les autres buttes sont soit surélevées et entourées de planches de bois afin de faciliter l’accès à des enfants par exemple, soit plus proches du sol comme des lits. Les serres d’en bas sont également principalement dédiées à la tomate lors de notre passage avec leurs plantes compagnes.

Derrière cet espace il y a une grande prairie fleurie avec des ruches au fond. En remontant sur l’un des côtés on suit une allée, séparée de la route par une épaisse haie d’arbustes aux fruits comestibles et abritant nombre d’oiseaux. La propriété est semée d’abris à insectes, simples comme un pot de fleur en terre retourné et rempli de paille au grand hôtel à insectes afin de favoriser la biodiversité et la présence de pollinisateurs.  En remontant de l’autre côté, on longe une prairie qui au fond est séparée d’une haie et d’arbres des autres terrains. Un chemin est dessiné au milieu, entre l’espace potager et la prairie pour favoriser le passage et dans le futur mener en haut de la propriété vers les nouveaux espaces acquis récemment.

En remontant donc, on arrive au corps de ferme qui s’agrémente d’une grange où sont hébergés les woofeurs en tente ou en caravane et d’un atelier. Dans cet atelier, on y retrouve tout ce qu’il faut pour bricoler et également, un autre espace de stockage frais et fermé et des bidons de lacto-fermentation.

Derrière le corps de ferme, on trouve le verger conservatoire, dans lequel déambule parfois quelques oies hébergées de ce côté afin d’amender et nettoyer le sol. A gauche de verger, bien clôturé, un petit pré avec deux petites chèvres très joueuses qui font la joie des enfants et des adultes.



Il y a des projets en cours dans des bâtiments achetés de l’autre côté de la route afin de développer une cuisine pédagogique et des hébergements. Il y a également un projet de développement d’une serre en aquaponie avec bergerie et poulaille attenant.


Dans son ensemble, le lieu est dessiné de façon réfléchie afin de favoriser l’autonomie en eau, énergie et nourriture tout en prenant en compte les contraintes du milieu et limiter un maximum les efforts inutiles.



LA GESTION DE L'EAU ET DE L'ÉNERGIE


Concernant l’eau, il y a une source en haut du terrain qui permet d’avoir de l’eau et une relative autonomie. Il y a un projet de récupération d’eau de pluie ruisselant des toits et également un projet de mise en place de bassins de phyto-épuration. Concernant l’énergie, le raccord est fait au réseau. Toutefois, Alosnys a bien un objectif d’autonomie à terme. Il y une éolienne installée sur le toit mais la présence du toit perturbe les flots aériens et son orientation ne semble pas très adaptée, il y a donc le projet d’améliorer son placement et/ou son orientation.


LES DECHETS


Il y a des toilettes sèches derrière le point de vente pour les visiteurs ainsi que dans la grange pour les woofeurs. Celles-ci sont à la sciure de bois.

Il y a beaucoup de réutilisation et de récup sur la ferme et celle-ci étant autonome en légumes et partiellement en fruits, il n’y pas de déchets liés à cette partie de l’alimentation.


Les autres déchets sont triés et remis au réseau de ramassage des poubelles.


LE FONCTIONNEMENT DE LA FERME



La ferme est tenue par Aurore et Bernard ainsi que Adrien lors de notre passage. Leur objectif à terme étant de développer une communauté aux multiples compétences afin de faire d’Alosnys un éco-centre dynamique, plein de savoir-faire liés aux principes fondamentaux de la permaculture : prendre soin de la terre, prendre soin des hommes et distribuer équitablement les ressources.

Lors de notre passage ; il y a donc un a deux permanents en hiver complété en été de 5 à 6 volontaires.

Les repas au quotidien sont végétariens pour privilégier l’autonomie alimentaire, notamment car les animaux présents sur le site sont dédiés à la pédagogie avec les enfants et non à fournir de la nourriture. Toutefois, ils ne sont pas végétariens strictes. Les légumes sont cueillis dans la demi-heure précédent leur consommation afin d’en préserver toute l’énergie vitale.

Le jardin est ouvert quotidiennement de 10h à 18h à la cueillette et à la visite soit libre ou guidée moyennant un ticket d’entrée pour ceux qui ne sont pas adhérents à l’association. Des plants sont vendus également lorsque c’est la saison.

Alosnys organise régulièrement des formations, des ateliers et des fêtes, proposent des activités périscolaires pour les enfants dans le jardin et participe également à des conférences et festivals à l’extérieur dans la région.

La rénovation des bâtiments qui seront dédiés à la cuisine pédagogique et l’hébergement se fait en partenariat avec une école de construction. Aurore nous explique l’importance de s’insérer dans le tissu local et dans les réseaux divers et variés afin de survivre et créer des liens de solidarité et d’entraide avec son environnement. Elle nous met tous en garde de ne pas confondre « autonomie » avec « autarcie ».


LA PRODUCTION DE LA FERME



Le jardin-potager d’un demi hectare est très productif, beaucoup sont des légumes de variétés anciennes ou originales. On y trouve entre autres :

Fraisier, Cassis, Pommes, PdT, Chrysanthème, Arroche, Laitue, oignon rocambole (pousse sur le dessus), hysope (mellifère et médicinale), Epazote (flatulences), choux, mâches, carottes, tomates de multiples variétés, basilic, potiron, Helichryse (herbe à curry, hématome), lavande, blettes rouges, groseilliers maquereaux, petits pois à cosse violette, menthes de plusieurs variétés, courges de plusieurs espèces et variétés, haricots, pastèque à confiture, radis, framboise, bourrache, fruits et fleurs comestibles…

La liste est loin d’être exhaustive et ne donne pas une idée de la générosité du jardin en quantité et qualité puisqu’on y trouve entre 4500 et 5000 plants au moins sans compter les vivaces et les semis directs et la productivité de chacun de ces plants.

La tomate est la plus demandée. Les variétés anciennes sont très appréciées. Toutefois, sa culture, très demandeuse et contraignante, devrait presqu’être retirée dans un endroit en permaculture qui cherche à diminuer les efforts inutiles.

Les ruches produisent également 120 kg de miel.

Il y a un projet de faire venir 6 chèvres pour faire du lait et du fromage.


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Contact: https://www.alosnys.com/ Vidéos réalisées sur le lieu:










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