Ferme des Quatre-Temps - Québec - Canada

C’est une ferme très spéciale car c’est une ferme école dont l’objectif est de former des futurs maraîchers et de faire la démonstration du modèle de l’agriculture bio-intensive qu’enseigne Jean-Martin Fortier, auteur du livre « Le Jardinier Maraîcher » expliquant ce modèle.

 

La méthode d’agriculture bio-intensive telle que pratiquée à la ferme des Quatre-Temps a été inventée et systématisée par Jean-Martin suite à la mise en place réussie de sa propre ferme Les Jardins de La Grelinette et son expérimentation pendant plus de quinze années. Bien sûr celle-ci est s’inspire de sources diverses et variées provenant de son expérience personnelle mais également, pour n’en citer que deux, d’autres maraîchers tels que les jardiniers maraîchers parisiens du XIXe siècle ainsi que Eliot Coleman, un maraîcher américain qui a repris ces méthodes du XIXe siècle et les a adaptées et développées dans notre époque contemporaine.

 

Nota : La ferme des Quatre-Temps est une marque qui regroupe deux sites, la Ferme des Quatre-Temps à Hemmingford où nous avons aidé pendant un mois et la ferme de Port-au-Persil, plus petite mais avec le même objectif.

 

Avec ses deux fermes, la production de la Ferme des Quatre-Temps est très complète. Nous avons pu goûté les excellents produits animaux et végétaux de la ferme mais nous ne présenterons ici que la production de légumes car nous n’avons pas expérimenté les autres aspects. Il faut tout de même noter qu’à Hemmingford, il y a donc un élevage de vaches à viande, de cochons ainsi que des poulaillers mobiles pour les œufs, on y trouve également des ruches ainsi qu’une cuisine professionnelle pour la transformation de produits.

It is a very special farm as it is a farm-school which aim is to train future veggie growers and to make the demonstration of the market gardening model that Jean-Martin Fortier, author of the book « the market gardener » teaches.

 

The market gardening method as practiced at the Ferme des Quatre-Temps was invented and systematized by Jean-Martin after he successfully set his own farm Les Jardins de la Grelinette and experimenting it for more than 15 years. Of course, it is inspired by various sources that come from personal experience but also, and to name only two, other market gardeners such as the Parisian market gardener of the XIXth century as well as Eliot Coleman, an american market garderner who took this XIXth century methods and adapted and developed them in our contemporary time..

 

Nota : The Ferme des Quatre-Temps is a brand that contains two locations, the Ferme des Quatre-Temps at Hemmingford where we helped for a month and the farm at Port-au-Persil, smaller but with the same objective.

 

With these two farms, the Ferme des Quatre-Temps production is very complete. We were able to eat excellent animal and vegetable products of the farm but we will only present here the veggie production as we did not really experiment the other aspects. Still, it can be noted that at Hemmingford, there is also some cattle raising for meat, some pigs as well as mobile chicken houses for eggs, there are also hives and a professional kitchen for the product transformation.


La production maraîchère

 

Il y a environ 3,23 hectares (8 acres) de culture maraîchère.

Toutes les planches font 30m de long environ (100 pieds) et sont organisées en blocs puis en deux principaux jardins, sud et nord. Il y a également des serres qui sont chauffées en hiver et au début du printemps pour maintenir la température hors gel, situées dans le bloc sud principalement ainsi que plusieurs tunnels « froids » (non chauffés). Certaines planches sont également couvertes avec des serres-fraises, tunnels froids installés rapidement, assez haut encore pour entrer dedans (hoop house).

Un dernier bloc complète ces 8 acres, c’est le jardin d’hiver, de presqu’un hectare environ. Celui-ci est dédié aux cultures de conservations / cultures plus longues ou qui prennent plus d’espaces / qui peuvent être cultivées plus tard dans la saison (sachant que l’hiver au Québec arrive rapidement et s’installe durablement jusqu’au printemps avec beaucoup de neige). 

 

There is about 8 acres of market gardening.

 

Every bed is 100 feet long and are organised in blocks which compose the main two gardens, south and north. There are also greenhouses that are heated in winter and at the beginning of spring to maintain a temperature above freezing level, mainly located in the south block as well as several « cold » tunnels (unheated). Some beds are also covered with hoop houses, cold tunnels that can be set up quickly, still high enough to walk through.

The last block of land completes the 8 acres, it is the winter garden of nearly one hectare. This one is dedicated to conservation cultures (vegetables that keep in storage for a long time) / longer crop^s that take up more space / crops that can be grown later in the season (knowing that winter in Québec arrives really quick and sets up durably until spring with a lot of snow).


La méthode de culture

 

Celle-ci est décrite en détail dans le livre « Le Jardinier Maraîcher » de JM Fortier. Nous ne décrivons que ce qui nous a parut particulier ou marquant (ou ce que nous en avons retenu finalement).

 

L’uniformisation des planches, qui sont permanentes, est un des aspects majeurs de cette méthode et permet d’utiliser la planche comme une mesure de production mais également de temps de travail et de créer un planning quotidien mais également annuel de façon beaucoup plus aisées.

 

Les rotations sont organisées en blocs de légumes regroupés pour leur temps d’arrivée à maturité ainsi que leur besoin en fertilisation. Bien sûr les familles botaniques sont également un critère mais au vue de la diversité des légumes, de la proximité des blocs ainsi que de leur rotation rapide, celui-ci n’est pas un critère « fixé dans la pierre » si des priorisations doivent être faites.

La salle de traitement post-récolte est un endroit super bien organisé et équipé qui permet de ne pas perdre de temps avec le lavage et la préparation pour le transport vers le marché tout en permettant d’obtenir un bon résultat et en travaillant protégé des intempéries, que ce soit le soleil ou le mauvais temps. Elle est équipée de grandes tables grillagées, de profonds et larges lavabos, est entièrement lavable à grande eau, et possède également un grand « bubbler » pour laver les feuilles. La salle est vraiment grande mais permet d’imaginer une version plus petite sur une ferme à petite échelle.

La préparation des planches se fait à l’aide d’un BCS, un motoculteur adapté de façon à pousser ou trainer des outils agricoles ainsi qu’avec la grelinette. Avec un peu de pratique, utiliser la grelinette devient un exercice physique mais confortable qui permet carrément de se maintenir en forme ! La fertilisation est adaptée à la culture qui va suivre et suit une recette composée de granulés de fumier de poules, de farine de sang de volaille et de roches écrasées.

La stratégie de désherbage outre des outils à mains classiques tels que des houes ou moins classiques tels que des étrilles manuelles ou des houes sur roues pour les allées, utilise beaucoup de grandes bâches noires afin de couvrir les planches inutilisées et/ou en préparation.

Un planning de culture permet de suivre l’état des planches actuel ainsi que de vérifier la planification et le retro-planning des semis réel et prévu.

La pépinière attenante à la salle de lavage et au stockage des légumes est également impressionnante, le grand espace est super optimisé de façon à pouvoir déposer un maximum de plateaux de semis sur des tables roulantes. La ventilation est aussi très présente. Attenant à cet espace, il y a également des tables disposés dans un espace semi-extérieur afin d’ endurcir les plants avant leur transplantation. Dans la pépinière des tables escamotables sont utilisés pour réaliser les semis manuels ou à l’aide d’un semoir « à vide » qui permet d’accélérer les semis. De grands bacs sur roue sous ces tables permettent de contenir le terreau déjà mixé selon les besoins et permet de récupérer les excédents de terreau lors de la préparation des plateaux qui peut ainsi se faire très efficacement. 

 

It is described in details in the Market Gardener book of JM Fortier. We here only described what seemed specific to us or that we noticed in particular (what stayed with us in the end I guess)

 

The standardization of the beds that are permanent is one of the major aspects of this method and enables the use of the bed as a production measure but also a work time measure and to create a daily planning as well as an annual one with much more ease.

 

The rotations are organized in blocks of veggies grouped for their time to maturity as well as their fertilization needs. Of course, botanical families are also a criteria but with the diversity of the vegetables, the proximity of the blocks as well as their quick rotation, this last criteria isn’t the priority one when choices need to be made.

 

The post harvest processing room is a very well organized place and equipped in order not to lose time with cleaning and preparation for transport to the farmer’s market while getting a good result and working protected from the bad weather or the sun. It is equipped with big tables covered in metal netting, deep and big sinks and is entirely washable with hoses. It also has a big bubbler to wash the leafy greens. The whole room is pretty big but allows to imagine a much smaller version on a smaller scaled farm.

 

The preparation of the beds is done with a BCS, a small motorized tiller adapted to push or pull cultivation tools and with a broad fork. With a little practice, using the broad fork becomes a physical but comfortable exercise that allows to keep in good shape ! The fertilization is adapted to the next crop and follows a recipe made from chicken manure granules, poultry blood flour and crushed rock.

 

The weeding strategy besides the classical manual tools such as a variety of hoes and other less classical such as manual harrows or hoes on wheels for the alleys, uses a lot of huge black tarps in order to cover the unused beds and/or beds in preparation.

 

A planning for the crops allows to follow the current status of each bed and hereby verify the real and planned planning and retro-planning of the seeding.

 

The nursery which is attached to the post-harvest processing room is equally impressive, the big space is very optimized in order to receive a maximum number of seeded trays on rolling tables. The ventilation is also very present. Next to this space there are also tables arranged in a semi-exterior space in order to strengthen the seedlings before they are transplanted. In the nursery, foldable tables are used to make the seeding manually or with the help of a vacuum seeder that helps to accelerate seeding. Big rolling containers under these tables help to contain the mixed seedling soil, mixed to the needs, and to gather the excess during preparation of the seed trays which can be done very efficiently.


La gestion d’équipe et l’organisation

 

L’ensemble de la méthode est beaucoup une question de bon sens et de rigueur afin de systématiser les tâches à réaliser et d’optimiser l’espace dans lequel elles se réalisent. C’est notre opinion toutefois que sans la super gestion d’équipe et l’organisation de la distribution des tâches qui sont mises en place à la ferme, cette méthode ne serait pas aussi efficace.

L’équipe est constituée d’environ une dizaine + d’employés-apprentis. Il y a les première-année et les deuxième-année, en fonction de leur niveau d’expérience ainsi que leur situation sur leur parcours d’apprentissage, ils reçoivent à l’automne ou au début de la saison suivante, leurs responsabilités principales. Une personne pour les récoltes, une personne pour les restaurants, une pour la préparation des marchés, une pour le désherbage, une pour la pépinière, une pour les semis directs, une pour les transplants, une pour la maintenance des outils,…etc. Ces responsabilités permettent à chacun sous sa perspective de définir les tâches à accomplir selon les objectifs à atteindre ainsi qu’un calendrier de culture établi collectivement à l’automne pour la saison suivante. Cette distribution est nécessaire car l’équipe et la ferme sont grandes. Sur une petite ferme toutefois, la distinction de ces différents domaines nous paraient également intéressantes afin de ne pas oublier des tâches à réaliser et ainsi observer la liste des choses à faire sous plusieurs perspectives qui se complètent.

Le calendrier de culture établi à partir des objectifs de vente est donc réalisé collectivement à l’automne. Nous avons pu observer le résultat mais pas le procédé car nous étions présents durant l’été. Il s’agit d’un exercice « classique » en maraîchage qui est aussi enseigné dans les cursus de maraîchage en France. A partir des objectifs de vente, sont déterminés les légumes à produire et leur quantité via le rendement. Les blocs de culture sont ensuite déterminés selon les priorités de rotation et les dates d’arrivées à maturité. A partir de la connaissance de leur période de croissance, sont ainsi déterminés les dates de semis et même parfois les dates d’intervention pour préparer les planches afin de s’assurer que les intervalles entre deux cultures laissent le temps à une bonne préparation (exemple prévoir plus de temps avant des carottes pour des faux semis). La clé réside ensuite dans le suivi entre le prévu et le réel afin de continuellement collecter des données permettant d’améliorer le planning d’années en années et de savoir à tout moment, la situation réelle face à la situation prévue.

Dans la pratique quotidienne, une réunion hebdomadaire du lundi est organisé au milieu de la journée entre les différents responsables afin d’établir la liste des tâches de la semaine. Nous n’avons pas assisté à cette réunion mais le résultat était bien visible sur le tableau des tâches de la semaine, séparé en domaine de responsabilité ainsi que mentionné ci-dessus. Chaque jour, il y a chaque matin une réunion qui dure entre 10min et 15min afin de distribuer les tâches de la journée et organiser l’équipe. Chaque responsable de « domaine » présente ce qu’il y a à faire et demande un nombre de personnes et attribue ensuite les tâches. JM Fortier est présent mais n’intervient que pour donner des conseils, rectifier le tir si certaines priorités ont besoin d’être mises plus en avant et en général pour guider quand c’est nécessaire. Son style de management de l’équipe permet aux membres de l’équipe de se sentir responsables et engagés mais aussi soutenus lorsqu’il s’agit de prendre des décisions critiques. C’était très agréable et impressionnant comme expérience. Ayant eu l’expérience d’un programme spécial en management dans la grosse entreprise industrielle dans laquelle je bossais avant, sensé être le top de ce qui se fait en management et ayant ensuite vécu le management dans cette même entreprise (radicalement différent de la théorie enseignée), je me dis que ces managers auraient beaucoup à apprendre à regarder comment cette ferme tourne car voir en réalité ce qu’est une bonne gestion d’équipe est très rare.

 

The whole method is a lot about common sense and discipline in order to systematize the tasks to be done and to optimize the space in which they are taking place. Our opinion is that this would not be so efficient if it weren’t for the amazing team management and organization of the tasks attribution that are set-up at the farm.

 

The team is made up of about ten + employed apprentices. There are first-years and second-years, and depending on their experience level as well as their situation on their learning curve, they receive in autumn or the beginning if the next season, their main responsibilities. One person for the harvests, one for the nursery, one for the direct sowing, one for the transplants, one for the tool maintenance,...etc. These responsibilities allow each responsible to use their own perspective and establish the list of tasks to be accomplished according the objectives to be reached as well as with a crop planning that is collectively established in autumn for the next season. This distribution is necessary because the team and the farm are bug. However, even on a little farm, the distinction of these various domains seems interesting to us in order not to forget important tasks to be done and hence observing the list of things to do through several perspectives that complete each other.

 

The crop planning established from the sales objectives is created collectively in autumn. We have been able to observe its results but not this process as we were there during summertime. It is a « classical » exercise in vegetable growing that is also taught in the market gardening courses in France. From the sales objectives, the vegetables to be grown and their quantities are defined based on yield. Then the block of culture are defined according the rotation priorities and the times to maturity. From knowing the growth period, are defined the sowing dates and even sometimes the dates for intervening in the preparation of the beds in order to ensure that there is enough time between two crops to prepare properly (such as organizing a false sowing for carrots ahead of the crop itself). The key resides then in following the real versus the planned in order to continually collect data that enables the improvement of the planning year after year and to know at any time during the season, the real situation versus the planned one.

 

For daily practice, there is a weekly meeting on Monday that is organized in the middle of the day between the main responsibles in order to establish the list for the tasks of the week. We haven’t been to one of those but the result was visible on the big white board with all the weekly tasks, separated in responsibility domains as mentioned above. Everyday there is each morning a meeting that is about 10min to 15min in order to distribute the tasks of the day and organize the team. Each responsible presents what there is to do and requests a number of people and then attributes the tasks. JM Fortier is there but only intervenes to provide advice, to correct some things if more pressing priorities need to be identified and in general to provide guidance as necessary. His management style of the team enables the other team members to feel responsible and committed but as well supported when there are critical decisions to make. It is very nice and impressive as an experience. Having had the experience of a special management program in the huge industrial corporation i worked at, and having experienced the managers in this same enterprise (very different than what was being taught), i am thinking that these managers would learn so much watching how this farm is ran because it is quite rare to see a good team management in reality.

 

Once a week, at a fixed and unremovable time, whatever the emergencies, there is a one hour session to address an exercise called « rose, thorn and bud » where each, using specific communication rules in order to frame and secure one’s way of speaking, speaks for the past week about one situation or topic that went well, another that didn’t or that puts the person into a bad emotion and a last that allows to look at the future and how to improve things. Each point ends with an action to continue or change the situation. It is a privileged and quiet moment that enables each members of the team to communicate between each other, to let be known how they feel and eventually to solve conflicts within the team or at least to express them.


La commercialisation

 

Les produits maraîchers de la ferme sont en vente le weekend sur le grand marché central de Montréal, à 45min de la ferme. Il y a également un autre petit marché le jeudi et des livraisons pour près d’une vingtaine de restaurants sur Montréal. Quelques paniers sont aussi préparés pour les partenaires de la ferme. Le chiffre d’affaire d’un marché du weekend est au-dessus des 10 000 dollars. La mise en vente se fait quasiment jusqu’à la fin de l’année et reprend très rapidement en début d’année (contrairement à la ferme de Port-au-Persil plus au nord du Québec qui s’arrête rapidement au milieu de l’automne et ne reprend qu’en avril), il est donc vital d’allonger la saison grâce aux cultures sous serre et aux cultures de conservation.

 

En termes financiers, l’installation de cette ferme-école a été financée par un millionnaire qui souhaite soutenir le développement de l’agriculture biologique au Québec. Toutefois, l’objectif à présent est bien d’en faire une ferme rentable donc il y a une réelle attention à la qualité et aux rendements ainsi qu’à l’efficacité des dépenses sur la ferme. Il est parfois nécessaire de se rappeler que cette ferme forme des maraîchers pour travailler sur des fermes plus petites que celle-ci tout en appliquant les méthodes de cette ferme donc les investissements nécessaires pour démarrer sont à ramener à cette petite échelle et non à comparer avec ceux qui ont été nécessaires pour la ferme-école .

Depuis que cette ferme a vu le jour, déjà plus de 9 petites fermes maraîchères ont été créées par les élèves de l’école avec d’autant plus de maraîchers que certaines ont été créées en association. Une réussite visible de l’apprentissage pratiqué à la ferme . 

 

The market garden produces of the farm are sold during the weekend on the central market of Montreal, 45min from the farm. There is also another small market on thursday and deliveries to about 20 restaurants of Montreal. There are also veggie boxes prepared for the farm partners. The revenue of a weekend market is above 10 000 dollars. The sales are happening until nearly the end of the year and start again quickly at the beginning of the year (contrary to Port-au-Persil farm which is located more north of Québec which stops quickly in the middle of autumn and can only start again in April), it is thus vital to lengthen the season thanks to greenhouse crops and conservation crops.

 

Financially, the set-up of this farm-school has been financed by a millionaire who wishes to develop organic agriculture in Québec. However, the objective is to get a profitable farm so there is a real attention to quality and yield as well as the efficiency of the expenses of the farm. It is sometimes necessary to remember that this farm trains market gardeners to work on smaller scale farms while applying the method they learned there so the investments to start are to be brought back to that small scale and not to be compared with those for the farm-school.

 

Since this farm started, more than 9 little farms have been created by the apprentices of the school with that many more market gardeners as some were created in association. A visible success of the apprenticeship practiced at the farm.


Plus d'informations / More information

Site web Ferme des Quatre Temps

Site web The Market Gardener - online course by JM Fortier

 

Instagram: @FermeQuatreTemps

Facebook: @FermeQuatreTemps

Facebook: @themarketgardener.org

 

Vidéos réalisées sur le lieu:

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