Pakaraka - Coromandel - New Zealand

Nous découvrons la ferme de Pakaraka sur internet, on dirait que c'est un endroit assez réputé pour apprendre la permaculture. Quand nous contactons Yotam, il accepte de nous rencontre tout de suite et nous attendons avec impatience cette visite. Étonnamment, quand nous visitons d'autres fermes en market garden, nous réalisons qu'il fait aussi parti de ce groupe et comprenons rapidement qu'il intègre à la fois l'approche permaculturelle et le market garden.

Nous pédalons jusqu'à la ferme un matin et entrons sur un chemin de terre qui continue au-dessus d'un vieux pont de bois et nous montons la colline. Yotam nous accueille chaleureusement et nous présente à ses deux petites filles trop mignonnes. Pakaraka est une ferme dans une ferme en réalité. Yotam et sa famille partagent la terre avec les deux fermiers d'origine, Jeanette et Harry. Ils sont arrivés il y a 6 ans et sont dans leur cnquième saison quand nous y passons. Avec Jeanette et Harry, ils prennent soin des oliviers qui produisent à peu près 600kg d'olives pour l'huile et la conservation, de la forêt de chataîgniers qui peut même être une source de farine et de vaches et moutons dans les pâturages.

Sur la ferme elle-même, il y a une forêt comestible et un jardin maraîcher. L'endroit est conçu selon les principes de zoning de la permaculture, la maison, la station de lavage et packing ainsi que la chambre froide sont au centre avec les jardins autour d'un côté de la maison. La maison et tous les systèmes sont hors-réseau, des panneaux solaires fournissent l'électricité nécessaire et l'eau de pluie est récupérée , il y a aussi un biodigester basé sur les déchets de légumes pour produire du gaz de cuisine.

Ce qui est assez incroyable ici c'est que le design exploite chaque caractéristique du paysage. Il y a une surface plane au sommeet de la colline, c'est là que se situe à la fois la maison et la partie principale du jardin maraîcher. Quelques autres planches de culture sont situées sur les contours au début de la pente qui a été terrassée en quelques planches plates pour les légumes les plus loin du centre et qui sont principalement ceux qui restent le plus longtemps en place dans le sol. Les légumes arrivant le plus rapidement à maturité sont placés sur la surface plane. Il peut y avoir jusqu'à 8 légumes différents sur une seule planche de culture en une saison ! Une rotation longue est d'environ 4 à 8 mois pour les plus longues et une courte est de moins de 2-3 mois.

Le reste des pentes de la colline est occupé par la forêt comestible et par un enclos qui entoure le jardin maraîcher et où sont les canards et poules qui sont les gardiens protecteurs des plants, en mangeant toutes les limaces. Il y a environ 200 plantes pérennes plantées là et qui occupent différents étages de cette forêt. L'abondance sur une si petite surface, 1000m², est incroyable même avec seulement une petite serre qui est utilisée à la fois pour les tomates, dont les variétés différentes sont toutes greffées sur un pied d'une variété résistante aux maladies, et pour la nursery. Des tunnels en plastique (tunnels nantais) sont utilisés sur les planches pour prolonger la saison. Yotam met l'accent sur le fait d'acheter du bon matériel car il n'est pas spécialement fan du plastique mais s'il faut en acheter pour ses tunnels et ses bâches, il veut être sûr qu'il durera pour des dizaines d'années. Les bâches sont utilisées pour couvrir le sol pendant 2-3 months avant que le lit soit préparé et planté. Le désherbage ici prend environ 2-3h par mois et la seule politique de désherbage est de retirer l'herbe avant qu'elle ne monte en graine. Ceci est assisté du fait de la plantation en forte densité qui procure un paillage vivant et du bois concassé est utilisé dans les chemins et sur les planches en rotation longue. Yotam fait sont propre compost mais amène de l'extérieur les matériaux dont il a besoin pour celui-ci, algues et copeaux de bois, car il a besoin de beaucoup de compost – envrion 60m3 pour 1000m² de jardin.

Le maraîchage et la forêt comestible sont les revenus principaux de la ferme, les légumes et les fruits sont vendus sur des marchés de weekend pendant 6 mois de l'année et à une dizaine de restaurants et magasins. Son objectif un jour est de pouvoir cultiver et vendre suffisamment pendant 6 mois de l'année afin de pouvoir se consacrer à la ferme le reste de l'année. L'excès de production est donné à un refuge pour femmes. Yotam défend des prix corrects pour la nourriture bio en Nouvelle-Zélande. C'est important de conserver les prix à un niveau qui soit juste pour le producteur et pour permettre à la vraie de nourriture de retrouver son importance à la fois en tant que source de nutrition mais aussi de santé. Le budget des foyers concernant la nourriture est passé de 50% à une époque à 10-20% max, ce qui est beaucoup trop faible pour de la vraie bonne nourriture et pour un revenu décent pour les fermiers.

Yotam a une passion pour la vie durable et l'environnement depuis qu'il a 19 ans, de même pour sa femme. Tous les deux ont voyagé à travers le monde pour voir et apprendre à ce sujet. Ils sont accumulés ensemble beaucoup de savoir et le partagent à présent à travers différents ateliers et également en prenant 3 apprentis par an sur le site.

L'importance de ce partage et d'encourager les gens à avoir leur propre potager et/ou à vivre une vie meilleure pour leur santé et la planète, à prendre leur responsabilité aussi à propos de leur propre impact sur la planète, a poussé Yotam à organiser son système entier pour l'apprentissage. Du coup tout est arrangé avec des outils de communication comme de grands tableaux par exemple ainsi que des process standards au jardin afin que les choses tournent bien.

Avec une bonne organisation, Yotam dit que vous pouvez faire pousser tous vos besoins en légumes avec 6h de travail au jardin par semaine, 6h d'effort oui mais c'est possible. Comme sa maison est utilisée pour les ateliers et les cours des apprentis et qu'il y vit également avec toute sa famille, le projet suivant est de construire une maison juste à côté afin que l'actuelle puisse devenir un lieu dédié à l'apprentissage et la maison un lieu de vie privée. Pour ce projet, Yotam a choisi de favoriser également l'autonomie et la solidarité en communauté car il a pris un emprunt auprès de la « living economy savings » (l'épargne de l'économie vivante) qui fonctionne comme une banque « hors réseau » entre membres de cette épargne.

 

Nous sommes carrément impressionnés par son endroit, son énergie et ses convictions ainsi que ce design complet qui semble comprendre non seulement la ferme mais s'étendre bien au-delà dans sa propre vie ainsi que dans celles dont il croise le chemin.

We discover the Pakaraka farm on the internet, it seems a well-known place for learning about permaculture. When we contact Yotam, he accepts to meet us right away, we are really looking forward to visiting. Surprisingly, when we visit other farms of the market gardening connection, we realize he is part of this group as well and understand quicly that he is integrating both permaculture and market gardenning approaches.

We cycle there one morning and enter a dirt road which continues over an old wooden bridge and up on the hill we go. Yotam welcomes us warmly and introduces us to his two very cute little daughters. Pakaraka is farm within a farm actually. Yotam and his family are sharing the land with the two original farmers there, Jeanette and Harry. They arrived six years ago and are into their 5th vegetable season when we get there. With Jeanette and Harry they take care of the olive trees, which produce about 600kg of olives for both oil and pickles, a chestnut forest which can even be a source for flour and cows and sheeps in the pastures.

On the Pakaraka farm itself are a food forest and a market garden. The whole place is designed according permaculture zoning principle, the house, wash & pack station as well as cold storage are central to the gardens which are surrounding one side of the house. The house and all the systems here are off-grid, solar pannels provide the electricity and rainwater is collected, there is also a biodigester based on veggie waste for kitchen gas.

What is pretty amazing there is that the design exploits every trait of the landscape. There is a single flat area on top of the hill which is where both the house and the main area for the market garden are located. A few extra beds are located on the contours at the beginning of the slope which has been worked into a few flat terraces for the furthest veggies which are mostly those who stay the longest in place as the fast rotating ones are cultivated on the flat area. There can be about to 8 different crops in a single beds in one season ! A long rotation are plants which stay in the ground for 4 to 8 months (the longest) and the short ones are less than 2-3 months.

The rest of the hill slopes is occupied by a food forest and an enclosed area which goes around the veggie garden where the ducks and chicken are the guardian protectors of the plants taking out all the slugs. There are about 200 perenials plants planted to occupy different layers in this food forest. The abundance on such a small area, 1000sqm, is incredible even when we notice there is only a small green house used both for the tomatoes which are of diverse varieties and grafted on the stock of highly disease-resistant tomatoes and as a nursery. Plastic tunnels are used over the bed to prolong the season. Yotam emphasizes the need to buy high quality material since he isn't especially fond of plastic, he buys long-lasting plastic tunnels and weed mats to make sure they will last for decades. The weed mats are used to cover the soil during 2-3 months before the bed is prepared and planted. The weeding takes about 2 to 3h per month and the only weeding policy is to take it out before it goes to seed. This is helped by planted with high density which essentially acts as a living mulch and woodchips are used in pathways and for the long term crops. Yotam makes his own compost but he brings in the material he needs, seaweed and woodchips, as he needs a lot of compost (about 60m3 for his 1000 sqm garden).

The market garden and the food forest are the main revenu for the farm, the veggies and fruits are sold on weekend markets during 6 months of the year and to about 10 restaurants and shops. His aim one day is to be able to grow enough during 6 months of the year that the next 6 months can be spent taking care of the land and not selling. The excess of the production is donated to a woman shelter. Yotam advocates for good prices in organic food in New Zealand. It is important to keep the prices what they need to be as they represent a fair price for the producer and allows real food to become more important, as a source of both nutrition and health. The budget for a household regarding food went from 50% down to 10-20% max which is way too low for proper good food and correct income for the farmers.

Yotam has had a passion for sustainable living and environment since he was 19 years old as well as his wife. Both of them traveled around the world to see and learn about it. They accumulated both a lot of knowledge and are now sharing this knowledge through a lot of different workshops as well as by taking on 3 apprentices per year on-site.

The importance of sharing and encouraging people to grow their own and/or live a healthier and more sustainable life, to take responsibility as well for their own effect on the planet, has made Yotam organized the whole system for learning so everything is arranged so that communication tools such as boards for example as well as processes around the garden are properly set-up and things can run smoothly.

With the righ organisation, Yotam says you can grow all your vegetables in a 6h week, it is work but it is possible. As his house is currently used for the workshops, the apprentice courses and living there with all his family, the next project is to build a house right next to this one so the old one can become a full-on learning center and the house a private living area. For this project, Yotam also favours self-sufficiency and community-based solidarity as he got a loan from a living economy savings pool which is basically like an off-grid bank system between members of the living economy community.

 

We are truly impressed with his place, his energy and his convictions as well as the whole design which seems to include not only the farm but to extend far beyond and above into their own lives and those of the ones that cross their paths.  


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