Semaine 1 - Costa Rica - De Paris à Chirripo

Après une escale curry wurst à Francfort, nous sortons prendre l’air dans la nuit chaude et étouffante des Caraïbes, République Dominicaine. Ca y est, il fait chaud.

Déjà s’éloignent de nous les froideurs hivernales françaises.

Quelques heures plus tard et une ecale plus loin,  nous débarquons à San José.

After an unavoidable curry wurt in Francfurt where we had a stopover, we breath in the hot stiffling air of the Carribbeans for another stopover. Exit the cold European winter and welcome to the tropical spring! A few hours later, we land in San Jose, Costa Rica's capital city.

Nous regardons à peine les bâtiments à la recherche de notre station de bus mais de toutes façons ce n’est pas une ville qui charmerait quiconque par son architecture. Alors que nous errons dans la ville selon de vagues directions, nous croisons une femme costaricaine, cheveux ramassés en queue de cheval, stricte et visage fermé. Un peu plus loin, alors que nous nous attardons à prendre une photo d’une locomotive à vapeur posée dans le jardin d’un bâtiment, elle s’approche de moi. Sans un sourire, elle me demande néanmoins où nous allons. Je lui répond et elle m’indique la direction et me décris l’endroit. Je la remercie et elle reprend son trajet. Pas souriante mais d’une gentillesse un peu rude peut-être. Serait-ce l’hospitalité à la costaricaine ?

We walk through the city, barely looking around us to a not really beautiful city. At some point, we pass by a Costarican lady. She is not smiling, wearing strict serious clothes and walking straight ahead unflinching. A moment later, as we are stopped in front of a gate taking pictures of a steam locomotive, she, in turn, stops and turns to me. "Are you lost? Where are you going?" I explain we are looking for the bus station. She helps us out with direction, says goodbye and leaves. She wasn't a smiling face but she was helpful and kind. Is this Costarican hospitality?


Quelques heures plus tard, nous voilà débarqués à San Isidro Del General dans le centre du pays.

L’air m’y paraît plus léger ici, serait-ce la province ou le visage plus détendu des gens ou parce que nous traversons un parc urbain où les gens sont posés à l’ombre à l’abri de la chaleur écrasante ? Je ne sais pas mais on s’y sent bien.

Un homme nous aborde pour savoir ce que nous cherchons.

Quelques heures ici et déjà on nous aborde pour nous aider.  « Il n’y a pas beaucoup de touristes ici » nous informe-t-il avec un sourire. Grâce à lui, nous savons où est la banque, un endroit où manger et la station de bus pour notre prochain bus. Nous sommes en route pour la ferme de Allan & Nurieth, la finca Cielo Verde à l’entrée du parc du Chirripo.

Pollo frito. Bus. Los Angeles. Ici on retrouve toutes les principales villes des US et de l’Argentine, l’empreinte est visible sur les cartes.

Nous descendons ainsi qu’un couple de ticos. Nous sommes au bord de la route, presqu’un chemin déjà. En face, il y a une petite tienda qui vend de l’eau, des sodas et des chips. Bref, l’essentiel à la campagne donc. Il se trouve que l’homme du couple c’est Jorge, le frère de Nurieth, et la femme Luzmarie, sa compagne. Et la jeune fille qui attend devant la tienda avec son backpack, c’est Esther, 18 ans, qui se balade en Amérique Centrale toute seule et volontaire également à la même ferme. Nurieth vient nous chercher et sa plus grande fille nous rejoint également, tout juste revenue de l’école. Nous nous entassons pèle mêle dans la voiture de Nurieth et nous partons sur les chemins de terre et de caillasse qui jalonnent la vallée et relient fermes et villages. 

A few hours later we arrive in San Isidro del General, at the heart of the country. The air here is lighter. People seem more friendly and relaxed. Is this because it is not anymore the capital city? I don't know but it feels good. Soon a man asks us where we are bound to and helps us out finding the bus station, a place to it and a bank to withdraw cash. We are all set. He informs us with a smile of his surprise to see us here as there are not many turists around here apparently. We are on our way to Cielo Verde, Nurieth and Allan's farm near the Chirripo park.

 

After some fried chicken and a bus ride, we get down in Los Angeles. Loads of towns around here have either american or argentinian cities' names due to the settlments of people from these countries. Along with us came down a couple of ticos (locals) and we find as well another young girl waiting in front of the small convenient store. The couple happens to be Jorge, Nurieth's brother, and Luzmarie his partner. The young girl, Esther, an american girl who is also going for volunteering at Nurieth's place. No one stops in the middle of nowhere for no reason it seems and Nurieth's place seems the only one around here. Soon after a younger girl arrives, Nurieth's daughter coming back from her school. Another moment and Nurieth appears in her car and we all pile up in there. The road to get to the farm has become a dirt track, we go over a river on a small bridge and observe the landscape. So green here!


A notre arrivée nous sommes accueillis par les chiens de la ferme - Pandito, Georgina, Toma, Willy, Fortuna - puis par les volontaires déjà présents qui en fin de journée sont tous réunis autour de la table à manger. Un peu plus tard, il fait noir, la nuit est déjà tombée à 5h du soir. Nous nous écroulons vers 20h30 dans notre lit.

Pas de décalage horaire pour nous. Les prochains jours, nous nous réveillons à 6h du matin et nous coucherons vers 20h30 maximum et nous sommes d'habitude ce qu'on appelle des couche tards.

 

Nous travaillons tous les deux dans les prés voisins de la ferme avec Jorge. Le premier jour alors que d’autres volontaires hommes étaient encore là pour leur dernier jour, j’essaie de me joindre à l’équipe qui sort de la ferme et dont Thomas fait partie parce que sur la ferme elle-même, on dirait qu’il n’y a pas grand-chose à faire à part arroser le potager, tâche qu’Ana a réalisé un peu plus tôt. Jorge et Nurieth me disent non tous les deux. Ce n’est pas pour les femmes. Pour ceux qui me connaissent un peu vous savez déjà que cette réflexion me fait bouillir. Thomas et moi voulons une ferme-auberge un jour. Son domaine sera l’auberge et moi ce sera la ferme. J’avais présenté le projet comme ça à un aubergiste qui m’a déjà dit « Tiens c’est marrant, d’habitude c’est l’inverse ». Les travaux de la ferme c’est pour les hommes dans l’imaginaire commun on dirait. Encore un domaine à conquérir pour la femme donc. Je passe la matinée un balai à la main à nettoyer l’allée de la ferme et ramasser ce qui traîne pendant que d’autres filles rangent et que les femmes préparent à manger. Je ne suis pas de bonne humeur.

 

Entre temps un de nos amis danois revient le visage en sang. Un caillou lui est tombé dessus d’en haut. Sa casquette l’a sauvé d’une plaie plus profonde. Au final ce n’est rien mais ca saignait bien, Jorge est revenu voir comment il allait et a pris des photos avec son portable.

 

Le lendemain, Tom m’aide et on insiste pour que je vienne. Je ne veux pas passer les 2 prochaines semaines cloîtrée à la ferme. Les autres volontaires masculins sont partis alors il ne reste que Tom et Jorge donc il m’accepte et nous partons.

Un rythme régulier s’installe alors que nous prenons nos marques et tentons de comprendre le fonctionnement de la "finca".

Les nuits sont bercées du son perçant des cochons accompagnés des aboiements des chiens entrecoupés du chant du coq à partir de 2h du matin. Réveil à 6h. Nous prenons un café puis Jorge, Tom et moi partons au "pasto"(paturage) chercher le ptit déj des chèvres, machette à la main et énormes bottes de pâturage au retour portées sur le dos, enfin la tête et les épaules pour moi vu la taille. Ensuite nous partons dans les prés où nous travaillons à construire un enclos pour les chèvres. Le terrain est en pente aigüe. Le soleil tape et les mosquitos de café s’en donnent à cœur joie. Je me fais dévorer les mains qui seront gonflées comme des moufles pendant presqu’un mois.

 

We are welcomed by a heap of dogs at the gate - Pandito, Georgina, Toma, Willy, Fortuna - then by the already present volunteers who are hanging around the dinner table at this time of the day. A few moments later, the night is already falling, it is 5pm. We have dinner soon after and are joined afterwards by two additional volunteers who are just coming back from a long day trek through up and down the Chirripo. 44km in one day, they got up at 4:30am and came back at 8pm. They seem slightly winded. At 8:30pm, Thomas and I crawl into our bed and fall asleep instantly.

 

No jetlag for us. The next days we will wake up at 6am maximum and sleep at 8:30-9pm at the latest.

 

We both work with Jorge in the neighbouring fields. On the first day however, seeing that there isn't much to do at the farm after Ana finished watering the small vegetable garden, I try to join the outgoing team of Jorge to go work in the fields. I am told by him and Nurieth that this is not work for women. If you know me, you know this is not the thing to say to me. I am internally furious. Once I had explained to an innkeeper Thomas and I's life project. We would like to establish one day a farm-inn, Thomas handling mainly the inn business and me the farm area. "Funny" had replied the man "it is normally the other way around." Farming is still nowawadays a pretty macho field of activity. Another one for women to conquer clearly. Anyhow, I spend my morning brooming the alleys of the farm and cleaning around, trying to occupy myself with what little there is to do, sharing these activities with other girls here while Nurieth and Luzmarie prep the food. I am in a mood.

 

Within this time, one of the crazy danish trekkers comes back to the farm, face full of dripping blood. Turns out a very small rock fell from pretty high and hit his cap. The cap helped protect his skull really and after cleaning the blood, it is only a scratch. Lucky him. Jorge came back and took some pictures as it was so impressive to see.

 

The next day Tom helps me to insist to our hosts that I join in on working in the fields. I do not wish to spend the next two weeks a broom in hand, I need to learn more stuff that has to do with farming. The other male volunteers left this morning, Tom is the only one left and all of us remaining are girls. Jorge could use another set of hands even if they are not male hands. We go out.

After this a kind of regular rythm settles in at the finca. Nights are animated by the thrilling sound of the pigs and the barkings of the dogs and punctuated by the roosters starting their concerto around 2am. We get used to it. Short before 6am we get up, grab a coffee and Tom and I leave with Jorge to go and cut some pasto (pasture) for the goats. With a machette, we make up huge bales of pasture and bring them back on our backs. Afterwards we walk back to the fields and continue working on the large pen, future home for the goats. The land is on a steep slope. The sun is hitting us hard and the mosquitos de café (sunflies) are having the time of their lives. I get my hands (the only uncovered part) bitten to a point that they swell to become not unlike those winter gloves one wears to go skiing and they will remain so for near to a month.



 

Nous faisons des huecos (trous) dans lesquels nous insérons des postres (troncs d’arbre) et ensuite nous y tassons de la terre avec l’arrancador (un nom un peu ronflant pour un bon bâton bien solide au bout rond). Au bout de quelques jours, nous avons fait le tour et nous installons le barbelé puis le grillage. Durant ce dur labeur qui se termine au pic du soleil, Jorge nous apprend ce qu’il sait des techniques que nous employons, il nous raconte ce qu’il aurait fait ici dans ces prés s’ils avaient été les siens et non ceux de sa soeur.

Il a l’idée naturelle d’une forêt d’arbres fruitiers. On est en plein dans l’agroforesterie. Lui n’y voit que du bon sens et de l’expérience bien sûr. Il a la tête sur les épaules et nous raconte ses divers jobs passés à prendre soin des bêtes ou des terres des autres.

Il aimerait bien avoir sa terre un jour c’est sûr mais pour ça il faut trouver de l’argent et des investisseurs.

Quand nous ne parlons pas des techniques ou du travail, Jorge nous apprend des expressions locales et des indispensables comme le crottin de cheval "tiercol" ou la bouse de vache "buñega". Tom se met à raper avec ces deux mots sur un petit air de reggaeton. Je vous l’avais dit non ? On est régulièrement à flanc de colline sous le pic du soleil…

Nous renvoyons l’ascenseur à Jorge et lui apprenons « horse shit » et « cow shit » et pour l’embrouiller gentiment on lui apprend « cheese » aussi qui avec son accent en anglais ressemble beaucoup à « shit » finalement. Nous continuons ainsi à apprendre les uns des autres. Tom et Jorge s’entendent à merveille, de cette relation bien masculine et complétement machos que peuvent développer rapidement deux hommes unis par le dur labeur partagé. Moi aussi, je porte, je creuse, je tasse et tout ça mais je reste une fille quoique les jours passant Jorge en vient aussi à m’inclure. Je sens qu’il ne voit plus comme une anomalie ma présence à ses côtés lorsqu’il lance « no es nada para un gallena fina » ou un truc comme ça, qui veut dire qu’on est fort mais surtout l’expression est passée au féminin juste pour moi. 

We make huecos (holes) in which we insert postres (posts) and then we pack the earth around it with an arrancador (a grand name for a wooden stick with a round end). After a few days, we have gone around the area and we put up the barbed wires and the grid. While we work, Jorge teaches us about what he knows on the techniques that we are using and tells us what he would do with those fields he they were his own. He sees a fruit forest. That is agroforestry in the way he speaks about it. To him it is just common sense of course. He is a solid guy and tells us about his past experiences taking of other people's land or flocks. He would love to have his own land but for this you need money and find investors. When the conversation isn't about the techniques or the work, Jorge teaches us essential vocabulary such as horse shit (stiercol) or cow shit (buñega). Tom starts a little rap music with these two words on a reggaton vibe. Did I mention we are working right there under the sun during long hours? We in turn let him know how this is said in English and because of his very thick accent, teach him "cheese" as well which sounds in his mouth the same as "shit" which could lead to pretty confusing dialogs down the road. We continue learning from each other and having fun. Tom and Jorge get along very well, with this kind of easy-going masculine way of bounding that is created when two men share hard labour together. I also dig, carry and pack the earth and all of it but I am still a woman. Notwithstanding, as the days go by, Jorge seems to accept me more and more. I see my presence next to him has become the norm when he says "No es nada para una gallena fina" or something similar which means something like "it's nothing for a strong person" but mostly the expression is in the feminine form.

Les après-midi sont libres. Nous nous baladons au village du coin, à une vingtaine de minutes de marche à travers de magnifiques cascades. Nous nous posons dans le bar, dégustons un "batido" (smoothie) et surfons sur le net pour préparer la suite de nos voyages respectifs. Workaway tourne à plein régime sur nos appareils mais il n’est pas si simple d’obtenir des réponses positives finalement.

Fort de notre nouvelle connaissance des environs, nous décidons un jour de revenir en faisant un détour par le parc du Chirripo. 

Afternoons are free. We leave for an expedition to the closest village. On our first try, along with Esther, we get lost but end up getting  good mental map of the surroundings. It's all dirt tracks and fields with isolated farms along the way, sometimes through jungle patches too and across rivers. At the village, we settle in a bar and while enjoying a batido (smoothy) we surf the internet in search for our next volunteering. We decided to try out Workaway as a website, more user-friendly but we don't get many responses.

 

Another afternoon, we feel confident enough to try out a new way to get back to the farm after our internet run. It is a longer one but will be a change and goes through the Chirripo park which let's us hope for nice views. 

Globalement la trajectoire se tient et Tom se base sur les dires d’un chico rencontré sur la route à qui on a demandé si on pouvait faire le tour « par l’autre côté ». Ana et Elissa nous accompagnent dans l’aventure, elles sont là depuis plus longtemps que nous, une ou deux semaines au moins. Ana est allemande, la peau bronzée par le soleil et une allure cool et zen. Elissa est américaine, en reconversion dans l’agriculture et comme nous a soif d’apprendre, son mari la rejoindra plus tard, ils vont à un mariage au Costa Rica. Elle a fait un tour par le Panama dans une autre ferme où elle a beaucoup appris. Alors que nous nous baladons le long du détour, nous échangeons nos impressions de la ferme. Nous sommes tous d’accord que ça pourrait être mieux organisé. Les volontaires « filles » à la ferme n’ont pas de projets et que peu de choses à faire comme du rangement ou du ménage.

L’apprentissage n’est pas au top et pourtant il semble que la ferme recèle d’opportunités car il y a tant à faire et à améliorer que c’est visible même pour des nouveaux comme nous au bout de quelques jours. Nous, avec Jorge, on travaille dur et parfois Tom aimerait bien alterner avec des activités un peu moins physiques ou simplement autre chose pour apprendre du nouveau. Finalement on trouve un chemin, c’est l’entrée du parc. C’est écrit qu’il faut des tickets. Bon mais nous on ne veut pas faire l’ascension du mont, juste passer et ressortir de l’autre côté de la vallée. On y va. 

Tom got it from a chico we met on the road that it is possible to go around this way and back to the farm. Ana and Elissa come with us. They are here longer than us by a week or two. Ana is a relaxed and sun-tanned German girl and Elissa is american also transitioning to agriculture and looking to learn about it, she is spending her time on the farm until her husband joins her to attend their friend's wedding in Costa Rica a few days later. She just arrives from a farm in Panama where she had the chance to learn a lot. While we walk, we discuss our experience of the farm. We all agree things could be better organised. The "girl" volunteers don't have much to do on the farm except some clearning . There isn't a lot of learning opportunities on the farm even though, even for newbies like us after a few days, it is evident the farm has a great potential and there are plenty of little projects that could be lead to make it a very nice permaculture and organic farm. Tom and I work with Jorge so we learn some things but it is always and only the most physical work, there are enough volunteers to organise some rotations to avoid that we all do the same things all the time, but there isn't much organised, that is the point. And so we talk about these last few days and other things. While the conversation rolls on, we walk and walk under the sun, our water runs thin. We reach the entry of the Chirripo park. It is not free but we are not going through and up we just want to walk across the lower part to reach the other side of the valley where our farm is located. We go in.


Une vingtaine de minutes plus tard à s’enfoncer dans la forêt et à grimper on se demande si on ne devrait pas faire demi-tour quand finalement au détour d’un virage nous trouvons un chemin qui part dans la bonne direction et chose encore plus rare, il y a un panneau qui nous confirme que notre ferme est bien par là. Ca nous redonne de l’énergie. On commençait à se dire qu’on allait devoir se taper le retour dans le noir et nous n’avons plus d’eau et pas de lampe de poche.  Après un sentier descendant caillouteux et plein de feuilles mortes qu’Ana négocie en sandales sans problème et sans se casse la cheville ( !), nous remontons doucement et émergeons de la jungle sur la crête d’une colline. La vue est à couper le souffle. C’est la golden hour, le soleil émet déjà sa douce lumière dorée qui annonce la fin de la journée, nous dominons la vallée toute verte sur laquelle s’étale bosquets, pâturages et prés où paissent quelques vaches. Ici ou là on voit des habitations nichées dans la nature. L’humidité de la forêt épaisse n’est plus là et c’est un grand air vivifiant et une légère brise qui nous accompagnent alors que nous cheminons sur un chemin bordé de jolis arbres dont certains en fleurs et d’autres lourds de fruits. Il y a un petit air de Pyrénées, en fait c’est l’effet de la campagne montagneuse qui fait ça. Nous sourions tous bêtement, heureux de se trouver dans cette nature si belle et accueillante. Les inquiétudes d’il y a une vingtaine de minutes oubliées. Arrivés à la ferme, nous dînons tous ensemble. C’était une bonne journée.

Twenty minutes later we are still going up and deeper into the jungle. We start to wonder and worry that we are not going in the right direction. The sun comes down really fast here and we don't have any torch lights with us so it could become tricky in the middle of the mountain. Lucky for us, after a last turn, we reach a crossing. The way to the left is up and deeper into the park, the right one is down and towards Los Angeles, even indicated on a sign ( a rare thing around here!). Happy, we go down the path which is full of rocks and dead leaves. Tricky for Ana who is wearing sandals I think but she makes it thought unharmed and pretty easily actually. The path goes softly up and suddenly we end up on the crest of a hill, on a little path that winds its way in between the pastures on each side with a magnificent view on the whole valley. The air is vibrant and suddently we feel the wind blowing softly on our skins. Coming out of the forest, the sun is back and shining but not at full strength as we are reaching the end of the afternoon. It is the golden hour and the landscape has a romantic soft feeling with its nice curves and its light green under the rays of molten gold. Here and there we see houses nested in the middle of the lushious green and some cows peacefully grazing around. We all have a smile on our faces, the earlier worries forgotten in the midst of the benevolent nature. Feels for me a little like the Pyrenees back in France, a moutaneous yet very green landscape full of life and peace. After a while we reach the farm and have a nice dinner altogether. Another good day ends.

Après une autre matinée de dure labeur, nous rentrons un peu plus tôt pour faire nos affaires et nous doucher. Gentilment Nurieth nous propose de nous déposer à l’arrêt de bus, nous économisant ainsi 20-30min de marche avec nos petits sacs sous le cagnard. Nous commençons à peine à la connaître. Nurieth est une femme forte à mon sens et entière.

Nous sommes chez elle et nous faisons les choses à sa façon. Cela ne plaît pas à tout le monde et nous-mêmes ne comprenons pas toujours sa façon de s’organiser et gérer ce petit monde qu’est la finca et sa population. Avec de la curiosité et quelques questions, Nurieth n’hésite pas à expliquer et même enseigner et elle me dirige notamment vers ses cours. Je crois qu’elle est bien typiquement costaricaine, vous savez, comme je vous ai raconté plus tôt, un mélange de chaleur et de rires et de mine renfrognée impérieuse, voir presqu’intimidante parfois. Nous sommes chez elle pour bosser et apprendre ce qu’on peut alors on s’adapte.

Quelques heures plus tard, nous sommes sur la route pour Manuel Antonio. En théorie ce n’est vraiment pas loin de San Isidro del General mais notre bus s’arrête à toutes les plages on dirait. Ce serait une visite sympa si ce n’était l’envie de pisser qui me tenaille depuis des heures et que les vibration du bus sur les chemins caillouteux aux abords des dites plages ne rendaient pas la chose tout à fait intenable. Nous avons le temps de remarquer diverses ambiances et surtout un changement de décors drastique.

Sur les côtes, le tourisme est roi et a envahi les lieux.

Les pancartes sont en anglais, les bars légions, les boutiques multiples et les hostels se succèdent aux hôtels. Il se dégage un sentiment général de vacances relaxes et sans soucis et également sans questions posées. On voit peu d’habitations finalement ou de commerces « normaux ». Nous arrivons à Quepos. Une petite ville où se mélangent le tourisme et la vie quotidienne. Nous débarquons et embarquons dans le bus local et là nous découvrons une succession ininterrompue de resorts, d’hôtels et gros restaurants à l’américaine. Nous nous arrêtons au milieu de cette longue pente vers la plage pour trouver notre auberge. Après avoir déposé nos sacs il fait déjà nuit, elle tombe tôt ici, nous partons en quête d’un dîner. Après un apéro très rigolo sur la plage, nous entrons dans le premier restau venu en face de nous, façon saloon. C’est une expérience tout à fait étrange. Nous sommes transportés aux Etats-Unis, celui des films ou des séries d’il y a une dizaine d’années. Un saloon, un groupe live de rock bien américain, de gros américains tout blanc partout et des serveurs complètements bilingues qui ne font même pas semblants de commencer en espagnol et t’expliquent d’un air blasé le happy hour de la maison. La nourriture est franchement décevante mais nous rentrons le ventre plein d’autres choses que du riz et des frigoles (haricots rouges) qui ont constitué l’essentiel de notre alimentation matin, midi et soir à la ferme.

Another another morning of hard work, we go back to the farm, prep our stuff and take showers. We are off for the weekend to Manuel Antonio, a pacific ocean side town with a famous park. Kindly, Nurieth offers to drop us by car to the bus station. We are just starting to get to know her. To me Nurieth is a strong woman with a strong character. We are living at her place and therefore have to function by her rules. It isn't to the taste of everyone and even us sometimes have difficulties understanding her way to manage this whole little world. However with curiosity and a few questions, Nurieth does not hesitate to explain and teach, she even directs me to some course material of hers for me to learn. She might be this typical costarican way I had noticed when we arrived the first day in the country, a mix of warmth, huge laughs and sullen faces, sometimes commanding or even intimidating. Anyhow, we are here to work and learn what we can so we adapt.

A few hours later we are on our way to Manuel Antonio. Theoretically it is not so far from San Isidro Del General but our bus is stopping at every beach on the way it seems. Notwithstanding a terrible need to pee and the dirt roads making the bus vibrate in an unbearable way, it would have been a nice visit. We still get the chance to notice various atmosphere and a drastic change compared to the inland towns. Here on the coast, tourism is th king and has invaded everywhere. There are signs in English everywhere, bars are followed by hotels and hostels and malls. We don't see much of "normal" houses or shops. The general feeling is a relaxed holiday area with no worries and no questions asked. We arrive in Quepos. A bigger town which seems a good mix between tourism and daily local life. This is the entrance of a crazy place though. Riding the local bus towards our hostel, we discover an uninterrupted series of huge hotels and huge restaurants going all the way down to the beach and into a town called Manuel Antonion exclusively constituted by other huge american restaurants, hotels and bars. It is a very strange experience. After a nice drink on the beach at night, we end up in a saloon full of northern americans, with a live country music band and menus in English. The waiters, locals, don't even bother to speak to us in Spanish and explain us how the happy hour works after taking our order. The food is utterly disappointing but we end up the bellies full of everything but red beans and rice for a change.


 

 Le lendemain nous décidons d’aller au parc Manuel Antonio. Nous sommes ravis, nous nous sommes levés tôt malgré le coucher un peu (22h max !) tardif de la veille. Le rythme de la ferme nous suit. C’est parti. Arrivés au guichet des tickets, nous n’avons pas assez d’espèces. C’est tellement cher ! Et malgré le signe « visa », on ne peut pas payer en carte. Nous repartons en arrière. Tom pas content et moi désemparée. Le soleil monte déjà et il commence à faire chaud. Finalement, Tom pique un sprint et grimpe la côte pentue jusqu’à la borne de retrait. Seconde tentative et cette fois c’est la bonne. Impossible de rater l’entrée du parc, les touristes y convergent comme les affluents d’un fleuve et s’engouffrent seuls ou accompagnés de guides à l’intérieur. Pas de guide pour nous, on a déjà assez raqué comme ça. Tom a son objectif zoom et moi de petites jumelles que j’ai ramenées de France, miennes depuis ma toute première colonie de vacances. Allez on entre et on se retrouve sur une large route caillouteuse bordée d’arbres et envahie d’essaims de touristes aggripés à un guide, s’agglutinant autour de leurs longue-vue. Nous passons à proximité, écoutons et pointons nos appareils dans la même direction. Un chemin vers la gauche, le panneau indique cascade, on y va. Le chemin est plus étroit, cimenté carrément. Nous cheminons à travers des groupes éparses et plus petits de touristes sans guide. Il n’y a probablement rien à voir par ici. La cascade est à sec mais nous rencontrons un couple de français, nous sympathisons et ferons une bonne partie de la visite ensemble. Au retour un guide montre quelque chose, on s’arrête, on vise, c’est un paresseux. La visite continue et on verra d’autres paresseux, des singes de plusieurs types, des oiseaux, des iguanes, des mapachos et des pizzotes (sortes de blaireaux). Il y a pas mal d’animaux mais le plus présent de tous est bien le touriste qui grouille sur les petits chemins de pierre bien bordés du parc, qui s’étale sur les superbes plages qui s’étendent de chaque côté d’une petite presqu’île. C’est un peu disneyland avec ses animaux vedettes et ses chemins artificiels, ses touristes émerveillés et un sens aigu du business qui imprègne tout l’endroit.

 

Nous quittons Manuel Antonio, un peu reposés mais pas franchement émerveillés par ce petit bout d’Etats-Unis. A San Isidro dans les hauteurs, on respire déjà mieux, il fait plus frais et l’ambiance est relaxante.

Le retour à la ferme se fera à pied et dans le noir, n’ayant pas réussi à joindre Nurieth mais après ces 40 minutes de marche, nous avons le plaisir de découvrir de nombreux volontaires devant un bon repas. Nous sommes de retour au pays du frijoles et du riz. Je reste surprise de la créativité des arrangements pour les repas qui permettent de manger principalement ces deux ingrédients sans « trop » se lasser. Ils sont sautés, cuits dans l’eau, en soupe, mélangés ou non, accompagnés de salade ou d’œufs ou de viande ou de poisson ou de pâtes. On finit malgré tout par s’en lasser bien sûr avec le temps mais celui-ci est incroyablement long grâce à la créativité des cuisinières, Nurieth et Luzmarie principalement.

 

 

C’est parti pour une autre semaine à la ferme !


On the next day, we decide to go visit the park. We are up really early even after our "late" night - 10pm - last night. Happily we queue to the ticket counter for the park. It's 16$ to get in! We thought we had enough cash with us but it isn't the case with such an expensive fee and notwithstanding the visa sign, we cannot pay by credit card. A bit dismayed, we wonder what to do next. Tom is not happy. Finally he breaks into a run and runs all the way up the hill to the cash machine while I wait and as the sun is getting warmer and warmer by the minute. And in we go. The entrance of the park is easily recognizable, there is an endless stream of tourists and their guides going to it. It looks like multiple affluents ending up in the main river flow leading to the gate. No guide for us, we paid enough. Tom has his zoom lense and I have small binoculars that date back from my first nature holiday when i was much younger. After the gate, we follow a road where we already see the guides and their hives stopping here and there, buzzing around the spotting scope. We approach carefully and listen, point our own devices in the same direction and spot the attraction. On the left, a less crowded path leads towards a waterfall, or so the sign says. No guides there, the waterfall turns out to be dried out for the season. However we meet a nice French couple and we'll walk with them for the rest of the visit. On the way back to the main road, we spot a guide who spotted something. In turn, we spot the sloth on its branch, slothing around. Along the visit, we will see other sloths, various birds, pizzotes and mapachos which are types of racoons and even a deer (the less exotic of the animals by far). There are a number of animals here but the most frequent of all is the tourist swarming on the little paved trails, spreading itself on beach towels on the beautiful beaches framing the park on each side of a little peninsula. This park and its surrounding town seem a little like Disneyland with its star animals, its artificial paths and an acute and very pregnant business acumen

 

We leave Manuel Antonio the next day, a little bit rested but not really taken by this little piece of USA. In San Isidro Del General, we breathe a little easier, the air is fresher than on the seaside and the less touristy atmosphere is more relaxing. The last segment of the return will be a 40 minute walk in the dark as we could'nt reach Nurieth by phone but we will be back on time for dinner and have the pleasure to meet the newly arrived volunteers for the following week. We are back in the frigoles and rice land. I remain pretty impressed by the way these two elements are served and arranged to preserve from a taste-boredom attack. They are served cooked in water or fried, separated or mixed, with egg or chicken or fish, with vegetables or not, in a soup or with pasta even. You do end up bored at some point but it takes a much longer time to reach it thanks to the creativity of Nurieth and Luzmarie the main cooks of the farm.

 

Here we go for another week at the farm!

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