Semaine 4 : Costa Rica – De Santa Teresa à Libreria à Playa del Coco

Après un autre long voyage en bus et quelques changements, nous arrivons à Punta Arenas, port de départ pour la péninsule de Nicoya. En arrivant nous croisons une allemande qui revient tout juste du festival Envision, nous nous asseyons ensemble dans un café en attendant le bateau. Elle retourne à Santa Teresa où elle est depuis 3 semaines déjà. "Olie" de son surnom est médecin et sa vie en Allemagne semble un mélange de trop de travail et de quotidien qui l’ennuie. On dirait qu’elle aussi travaille dans un domaine qui est parfois très macho encore. Son voyage est de quelques mois et elle se pose longtemps dans certains endroits, elle se cherche plus qu’elle ne cherche à visiter et faire la touriste. J’aime bien ses idées. Je dois dire que ça me fatigue un peu aussi de bouger sans arrêt d’un endroit à l’autre. Sur le chemin pour monter dans le bateau, nous croisons Jack, il est anglais et c’est son premier voyage en backpacker seul. Il a des histoires incroyables à raconter et une candeur de néophyte du voyage qui est particulièrement rafraichissante et enthousiasmante. Tous les quatre embarquons sur le navire et c’est au son de la musique à la mode, salsa et reggaeton, que nous voguons vers la péninsule tout en papotant. Nous rigolons bien, on décide de poursuivre le voyage jusqu’à Santa Teresa, convaincus par Olie, notre nouvelle guide. 

After another long week of bus travel and a few connexions, we get to Punta Arenas, departure harbour for the Nicoya peninsula. As we arrive there, we meet a German girl coming right back from Envision. We sit down together in a coffee place while waiting for the boat. She is going back to Santa Teresa where she has been living for 3 weeks already. Olie, her nickname, is a doctor and her life in Germany is a mix of too much work and a daily life that seems to bore her. It seems that she is working in a field which is still pretty sexist. Her trip is a few months long and she stays in one place at a time for a while each time, she searches for herself rather than visit places for tourism. I like her ideas. I have to say moving from place to place all the time is pretty tiring. On the way to get onboard the ship, we meet Jack, he is British and it is his first backpacking trip. He has incredible stories to tell and genuine new eyes on traveling that are particularly enthusiastic and refreshing. All four of us embark on the boat and along the local music in fashion here, salsa and reggaeton, we sail to the peninsula, chatting away. We have a good time and decide to continue the trip together to Santa Teresa.


Arrivés là-bas nous logeons au même hostel qu’Olie et comme nous sommes introduits, le proprio nous fait un prix si nous restons 3 nuits. Une petite pause après un bon trek et pas mal de bus, on dit oui. Le lendemain nous nous retrouvons tous les 4, Jack est dans une autre auberge, pour une session de Silk Yoga. Santa Teresa c’est une grande rue en bord de plage, des auberges à la cool, quelques hôtels, des restaurants et des bars mais ce n’est pas blindé et la plage est jolie, avec des vagues valables pour plusieurs niveaux de surf. La vie semble touristique mais pas hyperactive non plus. On y mange très bien pour peu qu’on y mette le prix, on peut aussi faire la cuisine à notre hostel alors c’est parfait de pouvoir alterner entre les deux. Les auberges, hôtels, restaurants et boutiques semblent tous propriétés d’israéliens ou d’argentins. Il y a beaucoup d’argentins également qui y travaillent. Apparemment ce coin était plus ou moins désert il y a une dizaine d’années et des fans de surf sont venus s’y implanter et démarrer à partir de rien les villages qui ont proliféré à grande vitesse le long de la côte de la péninsule. L'inaccessibilité de certaines routes et le manque de bus permettent à beaucoup de trouvé des coins cachés, tranquilles et relaxants. Nous ne voyons pas beaucoup de locaux même s’il y en a et nous demandons où ils vivent. Plus dans les terres a priori. 

After another two bus rides, we stay at the same hostel as Olie, and since we are introduced, the owner gives us a good price for staying three nights. A little break in the trip is welcome. The day after all four of us gather in a different hostel for a Silk Yoga session. Santa Teresa is a big street next to a beach with cool hostels, a few hotels, restaurants and bars. It is isn't too crowded and the beach is nice with various wave types for all surfing levels. Life seems to be touristic but not hyperactive. You can eat well if you are ready to pay a good price for it but we can also cook at our hostel so it's perfect to do the one and the other. Hostels, hotels, restaurants and shops all seem to be at the hands of israelians or argentinians. There are also a lot of argentinians that work here. Apparently about ten years ago this place was more or less empty, just a good surf beach where fans have put some roots in and developped the place fromm scratch along the peninsula coast. We don't see many locals and wonder where they live. More inside the land apparently. 

Nous commençons la séance de Silk Yoga par un échauffement incluant un peu d’acro-yoga, un yoga qui se fait à deux et qui tout en étant impressionnant est hyper agréable à réaliser en couple. On enchaîne dehors sur deux longues bandes de tissus accrochées à une branche au-dessus d’un épais matelas. On paraît tous sans exception très gracieux, suspendus en l’air à faire des enchaînements qui nouent et dénouent les bandes de tissu en un joyeux ballet coloré. C’est un bon moment de joie, de rire et de découverte alors que nous contorsionnons gentiment notre corps sous l’œil attentif de notre professeure argentine.

 

Le lendemain, Tom se fait un petit plaisir et nous louons un quad. A nous la poussière des routes dans la figure ! C’est une façon sympa même si un peu bruyante de visiter le coin car la voiture n’est pas praticable sur les chemins de la péninsule en beaucoup d’endroits. Nous partons le long de la côté, direction une cascade et en passant par un petit cimetière situé sur une petite île accessible à pied à marée basse. Il fait chaud. Pour visiter la cascade par le haut, il faut payer et emprunter une série de ponts en planches et câbles d’acier au-dessus de la jungle. C’est plutôt joli. Il y a des groupes de touristes en balade. On se baigne au pied de la plus basse des cascades. Elle est superbe. L’eau est bonne et l’endroit assez paisible malgré le monde. Devant nous, trois jeunes filles passent leur temps à se prendre en selfie. Un pose comme ci ou comme ça, différents angles afin de paraître plus comme ci ou comme ça. Elles se prennent même en selfie à sauter depuis un rocher dans le bassin de la cascade. Où est passé le plaisir simple de sauter dans l’eau pour sauter dedans ? On dirait que leur téléphone est greffé à leurs mains et continuellement connecté au reste du monde rivé sur son écran. Je soupire un peu mais bon nous voilà repartis en quad à fond les ballons sur les chemins pour rentrer.

We start the Yoga Silk session by a warm-up including some acro-yoga, a two-people yoga which is both impressing and surprisingly nice to do as a couple. We follow outside with two long bands of silk tied to a tree branch above a thick gymnastic mattress. We all look without exception very gracious, suspended in the air, passing from one figure to another, knotting and unknotting the bands of textile in a happy colourful ballet. Another good time full of joy, laughs and discovery as we bend and extend our body under the watchful eye of our argentinian teacher.

The day after Tom decides on a little treat for himself. We hire a quad for the day. Ours is all the dust on the trails! It is still a nice way to get around in the area though too noisy for me since it is not possible to drive by car in loads of trails of the peninsula. We go along the coast towards a waterfall, going through a little cemetery on a little island you can reach on foot at low tide. It is warm. TO visit the waterfall from above, you have to pay an entrance fee and go down a series of uphanded bridges made of wooden plancks and steel cables above the jungle. It is quite a view. There are groups of tourists going around as well. We bathe in the lowest pool of the waterfalls. Magnificent. Water is of mild temperature there and the place is quite peaceful even with the people all around. In front of us, three young girls spend their time there taking selfies. Posing like this or that with different angles to be more like this or that. They even take a selfie of themselves jumping from a rock into the waterfall pool. Where has the simple pleasure of jumping into the water gone? It seems their phone is grafted to their hands and continuously connected to the rest of world, eyes riveted on their screens. I sigh a little but then we are gone again on a quad, running full speed on the trails to get back.


Nous y retrouvons Olie partie chercher des sous à la banque du coin et que nous ramenons. C’est parti pour un apéro sur la plage, un dîner au bar de la plage et un grand jeu de Perudo. Un jeu que Jack a ramené avec lui et qui se joue avec des dés.

Ca devient rapidement une compétition internationale où nous prenons chacun les noms de nos pays d’origine. Un américain de l’aurberge où nous sommes s’est également joint à nous pour la soirée alors c’est une rencontre au sommet entre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Japon. La finale sera féminine et nippo-allemande. Quand nous repartons, c’est bien reposés et joyeux. Santa Teresa reste un endroit très touristique mais son côté calme, pour touristes plutôt surfeurs et moins consommateurs, conserve au lieu une certaine authenticité qui est agréable par rapport au reste de la côte costaricaine. 

We find Olie at the bank and take her back with us. Tonight it is drinks on the beacj, dinner at the beach bar and a big game of Peludo. A game Jack brought back with him and that you play with dices. It rapidly becomes an international tournament where we become the representative of our countries of origin. An american fro the hostel where we are staying also joined the game and it becomes a high stake competition between Germany, France, UK, US and Japan. The final will be a feminine one between Germany and Japan. When we leave again, we are well rested and happy. Santa Teresa still is a very touristy place but it has a quiet peace to it that may be due to its tourists, rather surfers than consumers, keeping a bit of authenticity which is quite nice compared to what we had seen so far of the Costa Rica coast.

Nous reprenons le bateau dans l’autre sens puis un autre bus et nous passons par Libreria, une ville étape sur notre chemin pour atteindre Playa del Coco où nous allons voir une amie de Tom qui y habite. L’auberge à Libreria est grillagée, l’endroit n’est pas touristique, c’est à côté du terminal des bus pour partir ailleurs. On ne trouve d’ailleurs qu’un petit soda, restau/fast food local qui sert des plats locaux (riz, haricots rouges avec des trucs et une sauce bien piquante principalement) pour dîner. Dans la nuit, nous sommes réveillés par des coups de feu. Là, je réalise à quel point les derniers évènements de ces dernières années ont profondément modifié notre façon de pensée. Immédiatement, l’un comme l’autre pensons à un terroriste fou qui tire sur tout ce qui bouge. Les coups de feu se répètent en plus on entend des voitures qui roulent à vive allure. Tom veut sortir, dit qu’on va se retrouver coincés ici si un fou débarque. On attend quand même. Finalement, ça s’arrête. On ne dort pas très bien cette nuit-là mais on arrive au bout. On prend le premier bus hors de ce coin. On apprendra plus tard auprès de l’amie de Tom qu’à Libreria il y a un festival rural et que lors de celui-ci, lorsque les gens sont bien éméchés, ils tirent parfois des coups en l’air. Elle nous dira aussi que depuis quelques années toutefois, l’insécurité a beaucoup augmenté dans les grandes villes du Costa Rica et que Libreria n’est plus très sûre. La faute à l’augmentation flagrante et vertigineuse des inégalités, conséquence désastreuse d’un développement touristique réalisé à tort et à travers sans que cela ne profite vraiment au gros de la population locale. Ce problème est bien répété à l’infini dans tous les domaines et dans le monde entier. Les développements rapides et incontrôlés, dérégulés pour ainsi dire, créent des inégalités qui ne sont, elles, pas prêt de disparaître. C’est bête, on n’apprend rien en tant qu’humanité à répéter ce motif à l’infini alors qu’il serait si simple de bien commencer pour éviter ces conséquences.

After taking the boat in the other direction and a bus, we stop in Libreria, just a step on our way to reach Playa del Coco where we are going to see a friend of Tom's who lives there. The hostel at Libreria has a big steel grid to close it off, the place isn't touristy and is next to the bus terminals to go everywhere else. For dinner, we only find a little "soda" place, local restaurant, kind of a fast food, serving only local meals (rce, red beans and other stuff to go with arranged with a particularly hot sauce). During the night, we are woken up by shots being fired. There I realise how the events of last year have deeply changed our way to think. Immediately, the one like the other, we think about a mad terrorist shooting everything that moves. The shots get closer and we here cars driving by fast. Tom wants to go outside, says that if we stay here and someone comes in shooting, we will die. Still we wait. Eventually it stops. We don't sleep very well that night but we get through it. Taking the first bus outside of the city, we learn later from Tom's friedn that it was the countryside festival in Libreria and that sometimes, drunk people start shooting in the air. She will also say that since a few years now, insecurity has grown in Libreria and other big cities of Costa Rica because of the obvious and steep increase of the inequalities, a catastrophic consequence of uncontrolled tourism development without it being an improvement on the conditions for the local population. The problem is known and repeated in an infinite pattern accross the world. Rapid and uncontrolled development, unregulated, create inequalities that once there tend not to disappear. It's really dumb, as humanity, we learn nothing and repeat our mistakes over and over again when it would be so simple to start in good regulated conditions in order to avoid these dire consequences.


Bref, nous arrivons à Playa del Coco, beaucoup plus propre et organisée, et évidemment plus riche. On retrouve une ville à la Manuel Antonio, avec un peu plus de retenue toutefois, donnant à la ville l’aspect d’une station balnéaire classique d’un pays riche à cette exception près que la proportion de locaux reste faible, bien qu’ils soit plus présents là qu’à Santa Teresa. Nos sacs de voyage sur le dos, le soleil au-dessus de nos têtes, nous traversons la petite ville à la recherche d’un endroit où dormir ce soir. C’est cher. Nous finissons par revenir dans un endroit qui semble raisonnable, même si un peu au-dessus de notre budget. Tant pis, il ne semble pas y avoir d’autres choix accessibles et il y a une piscine en plus. Jolie chambre et hôtes sympas. On aurait pu tomber sur pire. Le soir nous retrouvons Clara donc, l’amie de Tom qui habite ici. Elle vient avec une amie à elle qui est installée au Costa Rica depuis plusieurs années. On passe une soirée agréable à siroter des cocktails dans un bar à touristes et à papoter. A l’auberge, nous rencontrons une femme noire-américaine qui nous propose de la mangue et nous raconte qu’elle prie tous les jours et est très croyante et trouve tout génial.

Dans la rue, nous croisons un français d’à peu près 40 ans qui vient de se faire larguer par sa copine quelques semaines plus tôt alors il n’est pas reparti et vend du café moulu sur place dans une petite carriole. La vie dans cette station semble plus équilibrée, les gens qui y travaillent sont locaux au moins même si la propriété semble rester l’apanage, à quelques exceptions près, des étrangers qui ont investi dans le coin. Notre quatrième semaine s’achève. Demain départ pour le Nicaragua. On n’est pas loin de la frontière alors nous allons en profiter pour aller y faire un tour. 

Anyhow, we get to Playa del Coco, much cleaner and better organised and obviously richer as well. It is a bit like Manuel Antonio again, but with a bit of restrain which gives a feeling to the city of a kind of classical beachside city from a rich country even when the number of locals here is still pretty low, being higher though than in Santa Teresa. Our backpacks on our backs, the sun abve our heads, we cross the city looking for a place to sleep tonight. It is according the looks of the city, pretty expensive. We still end up finding a place at a reasonable price even if a little above our budget. Heck, there is anything else anyway and it has a swimming pool. Nice room and nice hosts. We could have gone to worse. The evening, we find Clara, Tom's friend, who lives here. She cmes with a friend of hers who has been living in Costa Rica for a few years. We spend a nice evening, drinking cocktails in a tourist bar and chatting. Back at the hostel, we meet a african-american woman who offers us mango and tells us she prays a lot every day. She finds everything awesome. In the street, strolling, we meet a 40-year old French who just got dumped by his girlfriend and is selling roasted coffee beans on the street in a little cart. Life in this beachside city seems more balanced, people working there are locals even if owning a place remains still, with some exceptions, a privilege reserved to foreigners who invested in the area. Our fourth week is reaching its end. Tomorrow we leave for Nicaragua. We are not so far away from the boarder so we might as well go visit a piece of it.