Semaine 3 – Costa Rica – De Uvita à Puerto Jimenez, au Corvocado et Drake Bay

En route pour Uvita, nous rencontrons Esteban dans le bus. Un grand déguigandé qui parle bien sept langues différentes au moins. Il m’interpellera même en japonais ! Il est dealer et il part Envision. Envision c’est LE festival du Costa Rica apparemment. D’ailleurs Ana et Valery y vont également de façon indépendante pour travailler en volontaires et profiter du festival Envision. Envision c’est ambiance Yoga, méditation, bien-être, permaculture, expression corporelle et c’est aussi gros son électro, grosse beuverie et drogues à gogo avec un ticket d’entrée à 300 US$ et 140 US$ pour les locaux. C’est très cher pour tout le monde.

A l’intérieur du festival, Esteban nous raconte, c’est un peu la décadence totale alors il se fait du bon business, même juste en ramassant ce que les gens font tomber c’est déjà un petit pactole.

On the way to Uvita, we meet Esteban in the bus. A tall thin guy who speaks well seven different languages at least. He even talks to me in Japanese at some point! He is a drug dealer and he is going to Envision. Envision is The festival of the year in Costa Rica apparently. Ana and Valery, two volunteers from Cielo Verde, are also heading there independently to work and enjoy the festival. Envision is about Yoga, meditation, well-being and body expression and it is also about big electro music, loads of drinkings and flows of drugs, the whole experience with a 300 US$ entrance ticket, 140US$ for the locals. It is very expensive for everyone? Inside the festival, Esteban tells us, it is completely decadent so he is doing good business, even if just picking up what the people high on drugs drop is already quite a significant amount of it.


 Envision on dirait un mix étrange où les gens ont un visage le jour et un autre la nuit. Du coup à Uvita c’est plein à craquer dans les hostels parce que le festival commence dans quelques jours alors ça grouille de bobos avec des T-shirts aux motifs éléphants thaïs ou mandala qui roulent en gros SUV, de jeunes à dread avec des grosses montres chères, bref tout un monde de signaux ostensiblement contradictoires. Le bien-être, la méditation, le yoga, la nature c’est à la mode alors tout le monde s’y met et ça crée une superficialité tout à fait étrange entre l’affichage et le mode de vie. Vous me comprenez ? Je n’arrive pas à mettre le doit dessus mais il y a un truc faux, un truc qui ne s’accorde pas avec mes valeurs dans leur façon d’être. Pourtant chacun s’exprime comme il veut et s’habille à sa guise non ? Parce qu’ils sont riches ils ne devraient porter que des costards ? Je ne crois pas. Pourtant quelque chose cloche. Je crois que c’est le détournement de tout ce monde du bien-être qui invite normalement à l’introspection sereine, au partage dépouillé et simple afin de murir et élever sa conscience dans une sorte de sobriété modeste et joyeuse.

Bref c’est blindé à Uvita alors on finit par suivre le conseil d’Esteban et on se retrouve dans la même auberge que lui, un endroit miteux d’apparence et tout à fait sobre pour le coup, tenu par une vieille dame assez sympathique.

Envision is a strange mix where people have one face during the day and another at night. Hence in Uvita it is full to its maximum inside the hostels as the festival will be starting in a few days, it is full of people parading with thai elephants or mandala patterned tees, driving huge SUVs and dreadlocks-wearing youngs with expensive watches. A whole world of contradictory signals. Well-being, yoga and nature are fashionable these days, so everybody is on it and it creates a kind of superficiality that is very strange stuck between wearing the signs and actually living the way of life. Do you follow? I can't put my finger on it but there is something fake, something that doesn't ring with my own values in the way they behave. Thought everyone can express how they want of course and can wear whatever they feel like right? Because they are rich, should they be wearing ties and vests? I don't think so. Still something is off. I believe it is the deviated usage of this well-being world which should normally invite introspection, serenity, a kind of stripped down and simple sharing in order to mature and elevate one's own conscience in a kind of humble and joyous sobriety. A world which I feel like these people are surfing on, touching on without deep consequences within themselves and their own behaviors which always seem to let through the arrogant and basic consumer within them.

 

In short, Uvita is full to its brink so we end up following Esteban's advice and end up in the same hostel as him, a fairly shabby looking place, very sober indeed, held by a fairly nice old lady.

 Le lendemain nous visitons l’attraction du coin, Bahia Ballena, une plage en forme de queue de baleine. On arrive à l’entrée du parc et on nous informe que c’est 6 dollars. Pour visiter une plage c’est un peu fort. A l’épicerie du coin, Tom demande s’il n’existe pas un moyen d’entrer gratis. Bien sûr, c’est par là. Après 30 minutes de marche sous le cagnard, nous arrivons sur la plage et marchons vers le banc de sable. C’est joli mais rien d’extra.

On ressort par l’entrée principale alors que le garde s’est levé pour aller aux toilettes. Pas vu, pas pris.

 

Pour repartir le lendemain aucun habitant du coin n’arrive à nous renseigner clairement sur les horaires de bus. C’est bizarre, d’habitude on trouve toujours quelqu’un qui connaît les horaires par cœur. On se pointe à l’arrêt de bus du coup et on attend. Un couple de français du sud attend aussi. Ils n’en savent pas beaucoup plus que nous mais on doit prendre le bus de toutes façons alors autant être à l’arrêt de bus. Pura Vida comme il se dit par ici.

La discussion coule facile. Un instant je me dis que si « En attendant Godot » avait était placé sur un chemin au Costa Rica, l’ensemble de la pièce aurait été beaucoup moins lugubre avec le soleil, la chaleur et la vie qui règne partout. Nous n’avons pas le même style de voyage, valises à roulettes versus sac à dos de rando.

Au final tous les bus arrivent à peu près en même temps. Eux remontent et nous c’est direction le sud est du Costa Rica.

On pense d’abord à s’arrêter à Piedras Blancas, on a vu sur internet qu’on pouvait y faire du rafting, ça a l’air sympa. Toutefois, plus nous progressons vers le sud, plus le paysage s’assèche, les cours d’eau que nous traversons sont presqu’à sec. Ici la saison sèche se ressent beaucoup plus que dans le centre on dirait. En bus, le paysage défile vite et c’est comme un bout de Far West qui s’étale sous nos yeux. Arbustes et arbres qui survivent, herbes jaunies, chevaux broutant ici ou là la végétation rêche et des habitations de tôle et de bois, parfois avec quelques murs décrépis qui survivent autour d’une épicerie couverte de pubs. Parfois, une ferreteria ou un vendeur de pierre surgissent devant nos yeux. Finalement, on s’arrêtera en plein milieu de ces paysages dans un gros hub citadin balayé par la poussière et sorti de nulle part. Rio Claro. On récupère un collectivo (taxi partagé) pour Golfito.

A côté de qu’on vient de traverser, Golfito c’est la côte d’azur. De « vraies » baraques en pierre, travaillées, pas forcément belles par la sur-utilisation de colonnes sculptées mais il y a des sous en tous cas ici. Le temps d’une bière bien fraîche et hop nous voilà sur un bateau pour Puerto Jimenez. Le premier du voyage, nous fendons les flot entourés de gros bouts de jungle qui plonge dans l’eau. Ca fait du bien de retrouver l’air de la mer après la chaleur étouffante du bus.

The day after we visit the local attraction, Bahia Ballena, a beach in the shape of a whale tail. We get to the park entrance where we are told that it is 6$. To visit a beach it is a little high for us. At the next door convenient store, Tom asks if there would be a way to get in without paying. Of course, it's that way. After a 30 minute walk under the scorching sun, we arrive on the beach and walk towards the strip of sand. It's beautiful but nothing extraordinary. We go back out by the main entrance while the guard is gone to the loo. Unseen, uncaught.


To leave the next day, no one around is able to inform us clearly about the bus times. It is quite weird, we normally always find a local who knows the times by heart. With no other choices, we go to the bus stop and start waiting. A French couple happens about, they are from South of France and start waiting too. They don't know more than us about the times but since we all need to take the bus anyway, we might as well already be at the bus stop. Pura Vida as they say around here. The conversation is easy. For a moment there I think "if "En attendant Godot" (Waiting for Godot") had been placed here in Costa Rica on a trail, the whole piece would have seen much less somber under the sun, the warmth and the life that is everywhere around us. With this couple, we have different styles of traveling, rolling suitcases for them whereas we have trecking backpackes, but they are as well looking for an enjoyable experience and good tips. In the end all the buses arrive at about the same time. They go up north and we go south-east.We think first to stop at Piedras Blancas, we saw on the internet that we could do some rafting there, seems nice. However, the more we go south, the more the landscape dries up and the water streams with them. Here the dry season is much more felt than in the center it seems. By bus, the landscape passes by fast and it is like a bit of Far West that spreads before our eyes. Bushes and trees which survive, yellow grass, horses grazing here and there the hardened plants and houses of steel roofs and wood, soemtimes with a few cracked walls which survive around a convenient store covered in advertisement. Sometimes a ferreteria or a stone seller happen about before us. Eventually we stop in the middle of the Far West in a huge city hub, full of dust whirlwinds that seemed to have grown out of nowhere. Rio Claro. We cram into a collectivo (a shared taxi) for Golfito. After the region we have just been through, the way to Golfito is the Riviera. Real stone houses, quite worked on, not necessarily beautiful with overusage of sculpted columns but it is ostentably rich around here. Afer a quick refreshing beer we are on the boat for Puerto Jimenez. The first boat of the trip, we cut through the waves, surrounded by jungle diving into the water. It feels great to find the sea air again after the choking warmth of the bus.

 Arrivés à Puerto Jimenez, nous sommes fatigués mais nous cherchons où dormir. Tom trouve un endroit mais c’est cher, j’en trouve un moins cher mais c’est pas terrible. On hésite, on s’engueule sur la philosophie du voyage et le budget qui va avec. On arrive à un compromis. On prend la chambre pas chère (20 dollars) et le lendemain (90 dollars gloups) on se fera une nuit dans la chambre chère, il faut savoir se faire plaisir de temps en temps. Puerto Jimenez est un endroit sympathique à mon avis, qui donne un peu l’impression d’être au bout du monde. Beaucoup de locaux malgré le tourisme. Il faut dire que le touriste ici vient faire des treks dans la jungle donc le type de touriste est différent quand même.

Arriving at Puerto Jimenez, we are tired but we need to look for a place to sleep. Tom finds one place but it is really expensive, I find a cheaper one but it is quite shabby. We hesitate, we fight on the travel principles and our budget. We find a compromise. We take the cheap room for the night and tomorrow we take the more expensive one. In the evening, it's pizza night next door. Puerto Jimenez is a nice place in my opinion, it gives off the impression that this is the far end of the world, of the Earth. Lots of locals even with the tourism. Tourists come here to trek the jungle so I guess it is a different kind of tourists here. 

Le lendemain, on déménage vers la jolie chambre. Air conditionné, cuisine incluse, belle salle de bain, propreté impeccable, piscine. C’est sûr que comparé à la veille, entre les araignées, les blattes et l’humidité douteuse de la chambre, il n’y a pas photo.

En plus, il y a des kayaks. On se retrouve sur un kayak bi-place à explorer l’eau alentour. Il y a de la mangrove au bord, des eaux profondes au milieu. C’est aussi beau qu’inquiétant. J’imagine les crocos qui peuplent la mangrove et les requins qui ripaillent dans les eaux sombres. Malgré lui Tom est aussi gagné par mes inquiétudes et alors que je me relaxe assez pour continuer à avancer vers l’estuaire, c’est lui qui n’est pas plus si rassuré que ça. Ca fait quand même une jolie balade et on admire une palanquée d’oiseaux du coin, notamment de beaux pélicans qui font du rase-motte sur l’eau et des petits pipers qui courent sur le sable au rythme des vagues.

On part ensuite à la recherche d’un guide pour le trek du Corvocado. C’est cher ! Près de 100€ par personne par jour ! Mais le débat est rapide cette fois, il paraît que ce parc est extraordinaire, c’est la pleine jungle, ça vaut le coup. On fera des chambres pas chères ensuite pour rattraper un poil le coup. On se balade à travers les rues alors que le soleil se couche et nous trouvons un bureau de tours qui nous plaît bien. On part là-dessus. Rendez-vous pris demain matin devant la boulangerie à 5h30 du matin.

Nous croisons un petit aéroport au retour. C’est une piste en fait. Apparemment, ce genre de pistes est courant au Costa Rica. Un pays pourtant très vert en termes d’énergie utilisée et de terres protégées mais qui est paradoxalement plein de grosses voitures et de petits avions car les routes sont mauvaises, de gens qui jettent leurs déchets partout et où le recyclage n’est pas développé. C’est un peu comme si le gouvernement avait décidé d’une politique verte et l’appliquait mais que les gens eux n’avaient pas suivi dans leur mentalité.

Nous profitons de notre nuit de confort et préparons nos affaires pour le trek. Le reste partira en voiture en contournant le parc jusqu’à Drake Bay, c’est aussi pour ça que c’est cher.

The day after we move into the nice room. Air conditionning, kitchen included, beautiful and private bathroom, cleanliness and even swimming pool. For sure compare to the evening before, between the spiders, the coakroaches and the dubious moisture of the room, the choice isn't hard. There are even kayaks that we can use for free. We end up on a two-seater kayak exploring the waters around. There is mangrove at the edges of the water and deep waters in the middle of the bay. It's as beautiful as it is kind of scary. I imagine the crocodiles living in the mangrove and the sharks feasting in the deep dark waters. Despite himself, Tom is also creeped out by my fears and as I relax enough to go into the river part, it is him who isn't so sure about going farther anymore. Still it is a nice time and we get to admire a whole lot of different local birds. Beautiful pelicanos making low passes over the water and small pipers running on the sand to the rythm of the waves. After we go back ashore, we start looking for a trek guide tomorrow for the Corvocado. It is so expensive! Near to a 100€ per person per day! But this time the debate is quick, we were told this park is extraordinary, the real deep jungle, it's worth it. We decide to take up cheaper rooms later to try and compensate the huge overspending. We walk around the streets as the sun sets down and we find a local guide office that we like. We're booked. Rendez-vous is fixed at 5:30am tomorrow in front of the bakery. We pass by a small airport on our way back. More like one landing strip in fact. Apparently, this kind of landing strips are fairly common in Costa Rica.The country is known for the very green policies they have with regards to energy and protecting land but paradoxically, the country is full of cars and little planes because the roads are crappy, people throw away they trash everywhere and recycling isn't much in usage. It seems a little as if the government had decided to get the country green but the people themselves had not followed nor change their behaviors accordingly. We enjoy our comfortable night and prep our stuff for the trek, the rest will leave by car, going around the park to Drake Bay, one of the additional costs that make it so expensive.


Pendant que deux oiseaux se disputent un poisson, nous embarquons pêle-mêle guides et touristes dans un mini bus. 2 à 3 touristes par guide. C’est parti pour 1h de route qui démarre dans une campagne relativement accueillante pour continuer au milieu de la jungle sur des chemins de terre entrecoupés de grosses flaques jusqu’à une plage. Nous nous arrêtons là, tout le monde descend.

Notre guide c’est Thomas. Drôle de coïncidence. Lui est tico (originaire de Costa Rica) à avec des origines indigènes. C’est un ancien chasseur. Il est devenu guide quand la chasse a été interdite. C’est un excellent pisteur et il nous impressionne car il repère des animaux tout petit ou lointain d’un seul coup d’œil ! Sur son dos, un sac, une machette et un parapluie, incongru en pleine jungle. Il est équipé pour tout.

La douzaine de kilomètres du premier jour passe vite, nous marchons dans la jungle en longeant la mer, avec quelques passages sur la plage. Marcher dans le sable, voilà qui est bien difficile, surtout quand on y est depuis plusieurs déjà et sous le soleil implacable. Le rythme est correct mais on ne traîne pas, il faut arriver avant la nuit et à l’heure du dîner aussi. Nous croisons un puma qui se repose, des oiseaux en quantité, des grenouilles aux couleurs fluorescentes, des papillons… Et notre guide nous montre aussi des plantes et nous explique comment fonctionne la forêt. Une plante utilisée par les tribus indigènes pour les peintures rituelles sur la peau. Hop, nous voilà tatoués pour une dizaine de jours. Tom avec une jolie trace de puma et moi, avec une croix bien chrétienne, c’est pour me protéger je crois. Il m’a bien demandé si je croyais en Dieu, ce à quoi gênée, je lui ai dis que j’étais boudhiste (n’importe quoi ! mais plus vrai que chrétienne c’est sûr) mais bon il s’était déjà lancée dans la croix alors tant pis, avec mon T-shirt tête de mort sur fond noir, ça me donnera un look un peu gothique – j’essaye de cacher les traces de cutter à mon poignet sous un tatouage bleu avec une croix au bout. Bref.

Rien à voir avec Manuel Antonio en tous cas, ici la jungle tue si on n’est pas attentif. Notre guide Thomas est vraiment sympa en plus d’être une mine de connaissance. On rigole bien. On croise sur le chemin un groupe d’anglaises et leur guide. Elles ont l’air d’en baver. Thomas le guide devient rapidement la coqueluche de ses dames.  Plus tard Tom, de Tom & Ariane cette fois, dans un accès de cheesy romantisme et ayant un peu d’avance sur nous, dessine dans le sable un grand cœur avec A+T dedans. Si si. Je rate monumentalement de voir son œuvre par ailleurs, concentrée sur la marche mais Thomas, le guide cette fois, ayant vu ma bourde, prend une photo et me montre l’œuvre de Tom. Suivez bon sang ! Toujours est-il qu’alors que nous faisons une pause, nous sommes rejoins par les anglaises qui gloussent et sourient et sont persuadées que le « T » dans le cœur est celui de Thomas le guide. Nous ne démentons rien et rions tous les trois sous cape. Elles le harcèlent pour savoir qui est le mystérieux « A » et s’il a une copine et tout le tintouin. Tom devient Patrick et moi Michèle temporairement pour les besoins de la farce quand enfin, se profile le refuge.

 

We cram into a mini-bus, all of us tourists and guides alike. 2-3 tourists per guide. Let's go for one hour on a road that starts in a relatively welcoming countryside to end up in the middle of the jungle on trails cut off by huge puddles until we get to a beach. Last stop, everyone out. Our guide's name is Thomas. Funny coincidence. He is tico (originally from Costa Rica) with indigenous origins. A former hunter, he became a guide when hunting was forbidden. He is an excellent guide and can notice small ad far-away animals effortlessly. On his back a backpack with a machete and an umbrella, the last seemingly weird in the middle of the jungle. He is equipped for everything? The twelve kilometers of our first day go by quick, we walk through the jungle, by the sea, with some walks on the beach. Walking on the beach, that's difficult after already a few hours on the legs and under the implacable sun. The rythm is fine and we are not wasting time. We need to get to the refuge before nightfall and in time for dinner too. We meet a resting puma, tons of different birds, flashy colored frogs, butteflies... Our guide also shows us plants and explains how the forest works. A plant used by the indigenous tribes for the rituals. Here we are tattoed for a couple of weeks. Tom with a nice puma print and me with a christian cross, to protect me I guess. He did ask if i believed in God. Feeling a bit awkard I said i was Buddhist (completely false but probably truer than me being a Christian for sure) because he had already started on his cross. Anyhow with my black Tee adorned with a stylish white skull, it will give a kind of gothic look - as if I am trying to hide my cutter marks with a blue tattoo ending up with a cross. Anyhow. Nothing to do with Manuel Antonio here, the jungle kills if you don't pay attention. Our guide Thomas is very nice in addition to being a well of knowledge. We lauch a lot. On the way, we meet a group of English girls and their guide. They seem to be having a hard time. Thomas the guide rapidly becomes their favourite. Later on, Tom, of Tom & Ariane this time, wtruck with a weird cheesy romantic fever case and having gone a bit ahead of us, draws on the beach a huge heart with A+T inside. Yes he did. I of course completely miss the drawing but Thomas, the guide this time, seeing that I did not, takes a picture and shows me Tom's beautiful artwork. Still following? Anyhow, when on a break, the English girls catch up with us and they are laughing and smiling, convinced that the T in the heart is the one of Thomas the guide of course. We say nothing and all three of us laugh it off later. They harrass her to know who is the mysterious A and if she is her girlfriend and all. Tom becomes Patrick and me Michelle for the duration of the joke when finally, we glance at the refuge. 


Il se situe dans une grande clairière taillée dans la jungle. C’est une jolie construction en bois, relevée au-dessus du sol et très ouverte dont le plan me fait penser à un monastère japonais dont les couloirs de bois sans murs relient les différents espaces. C’est comme un îlot perdu au milieu de la forêt vierge relié au monde par une petite piste d’atterrissage (encore une) carrément sommaire, constitué d’un espace de prairie sur terre creusée de profondes ornières créées sans nul doute par les multiples atterrissages du seul et unique pilote assez fou et capable de faire cela. Celui-ci a d’ailleurs l’air un peu barge quand nous le croisons. Nous dormons en dortoir, mangeons en réfectoire et partageons des sanitaires avec tout ce petit monde. C’est comme une colonie de vacances. Le lieu est tout ouvert, presque pas de murs à part autour de quelques petits bâtiments pour les permanents et pour la cuisine. Les dortoirs sont ouverts aux quatre vents, les lits superposés protégés de moustiquaires.

A la tombée de la nuit, ce sont les singes hurleurs qui nous accueillent faisant résonner leurs cris sur plusieurs kilomètres à la ronde. Puis la nuit tombe et chacun dans son lit peut entendre la vie grouiller dans la jungle toute proche. Il y a des hululements en tous genres du aigu au grave, parfois carrément lugubres. On se sent tout petit et fragile dans son lit, séparé de l’enfer des insectes piqueurs par un filet très fin. Petit cocoon d’humains face à la nature magnifique et hostile. 

Located in a huge clearing surrounded by the jungle.It is a beautiful wooden building, raised up above the ground and very open everywhere which makes me think about a Japanese monastery which corridors without walls link the different areas. It is like a little island in the middle of the virgin forest linked to the world by a small landing strip (one more), which is just a space of free green field with deep trenches dug by the landings of the only pilot mad enough to this. He does seem a little mad, the pilot, when we meet him. We are sleeping in a dormitory, eat in the canteen and share the bathroom with all the visitors. It feels a bit like the organised holidays when we were kids. The place is open everywhere, no walls except on the small accomodation for the permanent people here and the kitchen.. The dormitories are opened to the four winds, the bunk beds are protected with mosquito nets. When night falls, we here the howling monkeys first, their cries hearable several kilometers around. Then night falls and everyone in its bed can here the jungle life alive and swarming readlly close. You can hear animal cries going from high pitch to low, some that would fit nicely in a horror movie. You feel small and fragile in the bed, separated from the inferno of the biting insects by only a very small and thin net. Small cocoon of humans in the middle of the magnificent and hostile nature.

 Réveil à 4h30 pour une balade semi-nocturne et rencontre avec une famille de tapirs. Ils sont tous près, c’est fascinant. On se balade dans les environs pendant la journée à l’affut d’autres animaux et on suit Tom le chasseur à travers la jungle. La veille nous avons rencontré un couple de français au dîner. Elle est devenue prof et lui est toujours dans l’audiovisuel. Les enfants sont grands et ils voyagent pendant leur vacance. Nous discutons de voyages et un peu de la vie. Nous nous retrouvons au détour de la journée sur certains chemins, leur guide est très sympa aussi. Le soir nous nous retrouvons tous, papotons des animaux rencontrés et continuons à échanger sur nos vies et nos projets.  J’en garde une impression de chaleur et de bienveillance. Au milieu de la jungle, dans ce « monastère-refuge », on pourrait refaire le monde entre inconnus et tous tomber d’accord je crois car l’humain paraît ici incongru et ça donne envie de se rassembler.

Nous croisons aussi un anglais, super bien équipé, qui se balade avec un guide. Il arrive de Drake Bay, sa femme est restée avec leurs jumeaux de quelques mois là bas. Ils alternent pour les sorties et en font certaines avec les bébés. Impressionnant.

Le dernier jour, nous parcourons la jungle au pas de course dans l’espoir de dégoter un crocodile. Tom et Tom finissent avec de l’eau jusqu’aux genoux dans une rivière. Tom le guide l’assure que c’est bon, pas de danger. Enfin, nous retournons sur la plage où nous attendons pour embarquer dans les petits bateaux qui nous emmèneront à Drake Bay. Le trek est fini. Bon c’était surtout un trek d’une journée, pas mal de marche en rond le lendemain et une petite matinée au final. On aurait pu se contenter de deux jours en rétrospective mais on en a pris plein les yeux et le sentiment d’être au milieu de dizaines de kilomètres de forêts est indescriptible. Arrivés à la plage, Tom le guide et moi on fait une course de bernard l’hermite que j’ai le tic d’appeler Thierry l’hermite. Et alors que le champion de Tom l’emporte haut la main, notre ami anglais vient nous voir pour nous dire de venir un peu plus loin. Une maman alligator et ses petits s’offrent un petit bain de soleil au bord d’une petite marre. Derniers animaux vus avant d’embarquer dans de petits embarcations qui nous emmènent à tout allure vers Drake Bay.

Là, par précaution et vu la taille de l’endroit, nous avons réservé une tente sur plateforme dans une auberge. Après une dernière bière et un premier bon ceviche avec Tom le guide, nous partons pour notre tente. Drake Bay, c’est une rue poussiéreuse, quelques auberges, quelques restaus et des organisateurs d’activité d’aventure. Sur la plage, se balade un cheval tout blanc comme sorti des flots comme une apparition. Tout le monde rigole. Après une journée de repos, nous repartons en bateau pour d’autres rivages !

4:30am. Time to wake up and go for a walk in the middle of night and jungle. We meet tapirs, a whole family. They are so close, it's fascinating. We walk around for the day, looking for animals and following Tom the hunter through the jungle. The day before we meet a French couple at dinner. She became a teacher and he is still working in the TV industry. Their kids are grown ups and they are traveling by themselves during their holidays. We talk about traveling and life in general. We find them again around a trail and talk about the animals we meet and continue discussing our lives and projects. I remember the conversation being warm and kind. In the middle of the jungle, in the wooden monastery, we coudl remake the world together and agree on it with total strangers I believe because being human here is out of place and that makes us feel like we need to stay together, to unite.

We also meet a super-well-equipped Englishman who is walking around the jungle with a guide. He comes from Drake Bay, his wife stayed with their few-months old twins over there. They have to take turns for the activities they do and do others with the babies with it's possible. Impressive.

The last day, we walk briskly through the jungle hoping to see a crocodile. Tom and Tom end up with water up to their knees in a river. Tom the guide tells the other Tom not to worry and that there is no danger. In the end we go back to the beach where we wait to embark in small boats that will take us to Drake Bay.

The trek is over. In the end, it was really a one-day trek and then one and a half day of walking around the area. Retropspectively, we could have done the whole thing in two days only but we did see a lot of things and the feeling of being in the middle of gens of kilometers of forest is undescribable. At the beach, Tom the guide and I race Bernard L'hermite.